Un trio pour assurer l'intérim à la tête du SPD allemand
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Un trio pour assurer l'interim a la tete du spd allemand
Hannibal Hanschke
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Un trio pour assurer l'interim a la tete du spd allemand
Hannibal Hanschke
BERLIN (Reuters) - Les noms de trois dirigeants du Parti social-démocrate (SPD) allemand ont été proposés pour assurer l'intérim après la démission de la présidente Andrea Nahles, a-t-on appris lundi au sein du parti.
Il s'agit de deux femmes, Manuela Schwesig et Malu Dreyer, qui dirigent les gouvernements régionaux du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Rhénanie-Palatinat, et d'un homme, Thorsten Schäfer-Gümbel, qui conduit le SPD dans le Land de Hesse.
Pour la chancelière Angela Merkel, le désignation de cette direction collégiale n'est en rien un signe de fragilité de la coalition gouvernementale qui rassemble les conservateurs et le SPD.
"Je n'ai pas l'impression que ce soit un signe d'instabilité", a-t-elle dit. "C'est une situation nouvelle pour le SPD. Pour le moment, je vois que le SPD a pris des décisions qui, à mon sens, ne gênent nullement notre travail."
Tirant les leçons du spectaculaire revers du SPD aux élections européennes, Andrea Nahles a annoncé ce week-end sa démission de la présidence du parti.
Elle avait largement contribué à ce que le SPD, après de longues hésitations, s'engage l'an dernier dans une nouvelle "grande coalition" avec le bloc conservateur d'Angela Merkel.
Ce choix a été durement sanctionné le 26 mai dernier, le SPD plongeant de douze points par rapport aux précédentes élections européennes, à 15,5%, derrière les écologistes.
Le même jour, le parti a été mis en déroute dans la ville-Etat de Brême qu'il dirigeait depuis 1946.
"Je crois qu'il est nécessaire de sortir de la coalition, la question est de savoir quand le faire opportunément", a déclaré Simone Lange, maire de Flensbourg (nord) qui s'était portée candidate l'an passé face à Andrea Nahles.
Une réunion de la direction du SPD sera organisée le 24 juin pour décider de la marche à suivre, a indiqué pour sa part Malu Dreyer.
LE RÔLE DES "GRÜNEN"
"Nos membres ont voté (en 2018) en faveur de la coalition et nous nous en tenons à cet accord, qui comprend une clause de révision", a-t-elle dit. "En conséquence, nous verrons le 24 juin quels sont les projets qui sont importants pour nous et comment nous pourrions mettre en oeuvre la clause de révision."
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Briser la "grande coalition" avec Merkel provoquerait sans doute des élections anticipées que le SPD aborderait dans une position de grande fragilité. Attendre la fin de la législature pourrait être encore pire.
"Boulot de merde (Scheißjob) à prendre", résume sans détour le quotidien de gauche Die Tageszeitung à la une de son édition de lundi.
Pour le ministre SPD des Finances Olaf Scholz, qui est également vice-chancelier, le parti social-démocrate est à la croisée des chemins et doit agir pour reconquérir ses électeurs "par des actes, pas par des mots". Interrogé par la ZDF, il a même estimé que le SPD pouvait remporter les prochaines élections fédérales.
Annegret Kramp-Karrenbauer, qui dirige l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d'Angela Merkel, a appelé le SPD à rester dans la coalition afin que l'Allemagne soit en mesure de faire face aux défis de l'avenir. "Nous espérons vraiment que les sociaux-démocrates prendront une décision qui rende cela possible", a-t-elle dit à des journalistes.
Les prochaines élections législatives sont prévues en 2021 et il est très probable qu'un scrutin anticipé ne ferait que confirmer le recul du SPD.
"Le parti est à la dérive et vraiment amoché", souligne Josef Joffe, de l'hebdomadaire Die Zeit, pour qui le désir des sociaux-démocrates de se reconstruire dans l'opposition - la tentation avait déjà été très forte en 2017 - pourrait bien conduire à l'éclatement de la coalition et à la fin de "ce mariage malheureux avec Merkel".
Dans ce cas, les Verts, forts de leur progression dans les élections, entendent jouer un rôle central.
Annalena Baerbock, co-présidente de la formation écologiste, a souligné que si la coalition entre les conservateurs et le SPD devait éclater, il faudrait organiser des élections anticipées, ce que la CDU cherche à éviter.
(Holger Hansen et Paul Carrel, avec Michelle Martin et Joseph Nasr; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)
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