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Ukraine : La Russie intensifie ses attaques dans la région de Louhansk

reuters.com  |   |  624  mots
Ukraine: la russie intensifie ses attaques dans la region de louhansk[reuters.com]
(Crédits : Alexander Ermochenko)

par Natalia Zinets

KYIV (Reuters) - L'armée russe bombardait massivement vendredi la ville de Sievierodonetsk, un des derniers bastions tenu par les forces ukrainiennes dans la province de Louhansk, cible prioritaire de Moscou dans le Donbass avec la province voisine de Donetsk.

Selon l'état-major de l'armée ukrainienne, l'armée russe a lancé un assaut d'envergure pour tenter de conquérir la ville, mais elle a été repoussée après avoir subi de lourdes pertes.

La Russie tente, depuis qu'elle a acté l'échec de son offensive contre Kyiv, mi-avril, de s'emparer de Sievierodonetsk et de sa soeur jumelle, Lychtchansk, sur l'autre rive de la rivière Siverskiy Donets.

La prise des deux villes permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de la province et de la placer sous l'autorité de la "république populaire de Louhansk", proclamée par les séparatistes prorusses en 2014 et dont le président Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance juste avant le début de son "opération spéciale" en Ukraine.

"L'armée russe a entamé une destruction de grande ampleur de Sievierodonetsk. L'intensité des bombardements a doublé, ils (les Russes) pilonnent les quartiers résidentielles pour les détruire maison par maison", a déclaré le gouverneur ukrainien de la province de Louhansk, Serhiy Gaïdaï, sur son compte Telegram.

"Nous ne savons pas combien il y a de victimes car il est tout simplement impossible d'aller vérifier dans chaque appartement", a-t-il ajouté.

La destruction méthodique des villes, qui vise à priver leurs défenseurs d'abris jusqu'à ce qu'ils soient contraints à s'en retirer, est la tactique utilisée par la Russie depuis le début de la "bataille du Donbass".

A Moscou, le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré que la "libération" complète de la "république populaire de Louhansk" était imminente.

ENCORE DES SOLDATS DANS L'USINE AZOVSTAL

Dans une allocution télévisée prononcée jeudi soir, le président ukrainien Volodimir Zelensky avait déclaré que le Donbass était devenu un "enfer".

Après la reddition en cours des derniers défenseurs de l'aciérie Azovstal de Marioupol après trois mois de siège, la conquête des provinces de Louhansk et Donetsk permettrait à Vladimir Poutine de revendiquer la victoire à laquelle il aspire en Ukraine.

Selon Sergueï Choïgou, quelque 2.000 soldats ukrainiens se sont constitués prisonniers de guerre ces derniers jours. Kyiv n'a pas confirmé ce chiffre, tandis que la Grande-Bretagne a avancé celui de 1.700.

Un nombre indéterminé de soldats se trouvent encore dans les tunnels de l'usine, dont le commandant du "bataillon Azov" qui était chargé de la défendre, bête noire de Moscou depuis la guerre de 2014 en raison de la présence dans ses rangs de combattants ultranationalistes voire néonazis.

Denis Prokopenko, le commandant, a confirmé avoir reçu l'ordre de déposer les armes. Il a indiqué que tous les civils et les soldats blessés avaient été évacués et précisé que ses hommes s'efforçaient maintenant de collecter les corps de leurs camarades tombés au combat.

"J'espère que dans un futur proche, leurs familles pourront enterrer ces soldats avec les honneurs", a-t-il dit.

Le Comité international de la Croix-Rouge, qui supervise les "évacuations" d'Azovstal, du point de vue ukrainien, a dit avoir enregistré plusieurs centaines de prisonniers de guerre, sans plus de précisions.

Les autorités de Kyiv disent vouloir les échanger contre des soldats russes mais des responsables politiques russes ont promis que certains seraient jugés et même exécutés.

(Reportage de Natalia Zinets, Max Hunder et Tom Balmforth à Kyiv, version française Tangi Salaün, édité par Jean-Michel Bélot)

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