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La Russie dit contrôler Azovstal et intensifie ses attaques dans le Donbass

reuters.com  |   |  672  mots
La russie dit controler azovstal et intensifie ses attaques dans le donbass[reuters.com]
(Crédits : Alexander Ermochenko)

par Natalia Zinets

KYIV (Reuters) - Le ministère russe de la Défense a affirmé vendredi que ses forces contrôlaient totalement l'usine Azovstal de Marioupol après la reddition des derniers combattants ukrainiens, alors que l'offensive russe s'intensifie dans le Donbass.

Dans un communiqué, le ministère dit qu'un dernier groupe de 531 combattants du régiment Azov, bête noire de Moscou et des séparatistes prorusses depuis le conflit de 2014 dans l'est de l'Ukraine, s'est rendu vendredi.

Plus tôt dans la journée, le commandant du régiment Azov dans l'aciérie de Marioupol, Denis Prokopenko, avait confirmé avoir reçu des autorités de Kyiv l'ordre de déposer les armes après près de trois mois de siège et de résistance "héroïque".

Il avait ajouté que tous les civils et les soldats blessés avaient été évacués des tunnels de la gigantesque usine métallurgique dans laquelle ils s'étaient retranchés.

Avant l'annonce de la "libération" de l'aciérie vendredi soir, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait déclaré qu'environ 2.000 soldats ukrainiens s'étaient constitués prisonniers de guerre ces derniers jours.

Kyiv n'a pas confirmé ce chiffre, tandis que la Grande-Bretagne avait avancé celui de 1.700 soldats.

Le Comité international de la Croix-Rouge, qui supervise ce que l'Ukraine présente comme des "évacuations" d'Azovstal, a dit avoir enregistré plusieurs centaines de prisonniers de guerre, sans plus de précisions.

Les autorités de Kyiv disent vouloir les échanger contre des soldats russes mais des responsables politiques russes ont soutenu que certains d'entre eux, notamment des combattants du régiment Azov, seraient jugés et même exécutés.

Alors que les combats sont terminés à Marioupol, ils se sont intensifiés dans la ville de Sievierodonetsk, un des derniers bastions tenu par les forces ukrainiennes dans la province de Louhansk, cible prioritaire de Moscou dans le Donbass avec la province voisine de Donetsk.

DÉLUGE DE FEU SUR SIEVIERODONETSK

Selon l'état-major de l'armée ukrainienne, l'armée russe a lancé un assaut d'envergure pour tenter de conquérir la ville, mais elle a été repoussée après avoir subi de lourdes pertes.

La Russie tente, depuis qu'elle a acté l'échec de son offensive contre Kyiv, mi-avril, de s'emparer de Sievierodonetsk et de sa soeur jumelle, Lychtchansk, sur l'autre rive de la rivière Siverskiy Donets.

La prise des deux villes permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de la province et de la placer sous l'autorité de la "république populaire de Louhansk", proclamée par les séparatistes prorusses en 2014 et dont le président Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance juste avant le début de son "opération spéciale" en Ukraine.

"L'armée russe a entamé une destruction de grande ampleur de Sievierodonetsk. L'intensité des bombardements a doublé, ils (les Russes) pilonnent les quartiers résidentielles pour les détruire maison par maison", a déclaré le gouverneur ukrainien de la province de Louhansk, Serhiy Gaïdaï, sur son compte Telegram.

"Nous ne savons pas combien il y a de victimes car il est tout simplement impossible d'aller vérifier dans chaque appartement", a-t-il ajouté.

La destruction méthodique des villes, qui vise à priver leurs défenseurs d'abris jusqu'à ce qu'ils soient contraints à s'en retirer, est la tactique utilisée par la Russie depuis le début de la "bataille du Donbass".

Dans une allocution télévisée jeudi soir, le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré que le Donbass était devenu un "enfer".

A Moscou, Sergueï Choïgou a déclaré de son côté que la "libération" complète de la "république populaire de Louhansk" était imminente. La conquête de cette province et de celle de Donetsk pourrait permettre à Vladimir Poutine de revendiquer la victoire à laquelle il aspire en Ukraine.

(Reportage de Natalia Zinets, Max Hunder et Tom Balmforth à Kyiv, version française Tangi Salaün)

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