Gestion d'actions : appréhender différemment le risque

 |   |  647  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Difficile d'investir dans les actions pour le long terme lorsque les marchés boursiers subissent une crise tous les trois ou quatre ans ! Certains fonds ont pourtant trouvé une parade.

Dans un portefeuille d'actions, la théorie financière fait reposer la maîtrise des risques sur la diversification, arguant que si une valeur venait à décevoir, les autres permettraient au portefeuille de tenir le choc. La démarche est en effet pertinente pour se protéger contre la baisse d'une seule valeur, mais lorsque les marchés sont globalement baissiers, mieux vaut au contraire se tourner exclusivement vers les rares valeurs qui résistent. Dans le jargon financier, on appelle communément « défensives » ces valeurs qui font souvent l'objet d'achats lorsque les angoisses des investisseurs surpassent leur enthousiasme.

Se tourner vers des valeurs résistantes
Chaque gérant y va donc de ses arguments pour trouver les titres qui résistent le mieux dans les périodes difficiles. Il peut s'agir de branches d'activité spécifiques, comme la santé. « Ces derniers mois, le secteur des soins de santé a largement devancé les autres, opposant la meilleure résistance depuis le début de l'année », observe Ken Van Weyenberg, chez Dexia Asset Management, tout en soulignant que cela n'a rien d'étonnant : « Les entreprises y génèrent d'abondants flux de trésorerie, sont faiblement valorisées, présentent des bilans très sains et offrent un rendement sur dividendes attrayant.» Parmi les autres secteurs à mentionner figurent celui de l'alimentation et des boissons pour la santé financière de ses entreprises, ses flux de trésorerie stables et son exposition aux pays émergents, ainsi que celui de l'énergie qui bénéficie de perspectives favorables à long terme. L'Agence internationale de l'énergie prévoit ainsi une hausse de la demande mondiale de 36 % d'ici à 2035, principalement en provenance des pays émergents.
Il existe aussi des thèmes structurels que Guy Wagner, économiste de la Banque de Luxembourg, associe à des tendances séculaires et qui sont intégrés aux stratégies par les équipes de gestion de la banque. Il peut s'agir du vieillissement de la population ou de la montée en puissance de l'Asie. On retrouve une approche similaire chez Raymond James Asset Management International. Le comité d'orientation thématique, dirigé par Isabelle Delattre et Hubert de La Bruslerie, favorise les thèmes de l'innovation et des « nouveaux champions », les « fusions-acquisitions», ainsi que celui, plus imagé, des « capitaines au long cours », c'est-à-dire les entreprises leaders sur leurs marchés dont l'activité repose sur des cycles de long terme comme la croissance des marchés émergents.

Limiter son exposition à quelques valeurs
Toujours avec un souci de gestion du risque, certains gérants préfèrent limiter leur exposition à quelques valeurs qu'ils connaissent parfaitement. C'est le cas de Louis de Montalembert et Olivier de Trogoff, de Pléiade Asset Management. Pour construire leur portefeuille, ils retiennent au maximum 30 valeurs. Un nombre qui, comme l'expliquent les gérants, permet de diversifier correctement le portefeuille tout en étant capable d'appréhender parfaitement l'activité et la culture des entreprises. Même chose chez Pastel & Associés : au travers d'un portefeuille d'une trentaine de valeurs internationales, David Pastel vise à générer de la performance quelle que soit l'orientation des marchés, tout en «minimisant le risque de perte durable en capital ».
Davantage axé sur le marché français, Romain Burnand, avec son équipe de Moneta Asset Management, explore la cote parisienne dans sa diversité puisque son univers d'investissement intègre les petites et moyennes sociétés. Ces dernières présentent un profil et une dynamique propres qui, outre leur vertu de diversification, offrent la possibilité de se positionner sur des secteurs en émergence, des entreprises familiales et des thèmes entrepreneuriaux, porteurs sur
le long terme.
Au final, dans un contexte de marché globalisé, les gérants gèrent leur risque en misant sur la sélection de valeurs robustes et en exploitant certains thèmes d'investissement qui permettent de limiter les pertes en capital

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :