Gestion diversifiée : la multigestion ou le risque mutualisé

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Sélectionner des fonds pour construire un portefeuille permet de mieux maîtriser le risque, surtout dans les marchés baissiers.

La multigestion consiste à réunir dans un fonds plusieurs approches de gestion complémentaires. Il résulte de cette démarche des fonds de fonds qui ont l'avantage d'intégrer dans un seul véhicule d'investissement suffisamment de stratégies et de méthodologies de gestion différentes pour diluer le risque global du portefeuille. Le concept est donc séduisant puisqu'il vise à proposer dans un seul fonds les meilleurs produits et gérants. L'idée porte ses fruits même si elle implique un cumul de frais entre ceux perçus pour la gestion du fonds de fonds et ceux perçus pour la gestion de chacun des sous-jacents retenus pour construire le portefeuille. En effet, une étude de l'Association française de la gestion financière réalisée sur la décennie passée a permis de mettre en évidence le fait que les performances, nettes de frais de ces fonds, sont généralement comparables à celles de la gestion directe. De plus, le niveau de risque moyen est plus faible pour la multigestion qui réagit mieux dans les phases de baisse de marché.

Combiner diversification et performance
Certaines sociétés de gestion poussent plus loin le raisonnement afin de combiner diversification et performance. Ainsi, Skandia Investment Group a décidé de sélectionner non seulement les meilleurs gérants selon leurs expertises spécifiques mais aussi les meilleures idées de chacun d'eux. Dans le cadre de cette stratégie, neuf gérants ont été sélectionnés pour gérer, chacun, un panier de dix titres au maximum, ce qui correspond à un portefeuille d'environ 90 lignes qui réunit les meilleures idées du moment. La multigestion a, par ailleurs, connu un nouveau développement avec la forte croissance de l'offre de fonds cotés (également appelés trackers ou ETF, Exchange Traded Fund) qui permettent de se positionner facilement sur un grand nombre de classes d'actifs. Le plus souvent, ces produits répliquent fidèlement l'évolution d'indices ou de paniers de valeurs. Il est donc par exemple possible d'investir sur les petites capitalisations d'Amérique du Sud ou encore sur le secteur automobile européen. Les frais de gestion de ces produits, facilement négociables sur le marché, sont généralement faibles. Les gérants les emploient donc pour initier des positions qu'ils peuvent rapidement déboucler et ainsi gérer leurs expositions, et leur risque, de manière plus efficace qu'ils ne le faisaient avec les fonds classiques.

Accessibilité à la gestion alternative
Toujours avec un objectif de diversification et de maîtrise des risques, l'accessibilité à la gestion alternative est un autre aspect intéressant de la multigestion. En effet, celle-ci est sans conteste la meilleure approche possible pour l'investisseur non professionnel qui souhaite intégrer, à moindre frais, une dose de gestion alternative dans son portefeuille. Proche de celui des obligations, le profil de risque moyen de la gestion alternative est en effet séduisant. «La gestion alternative répond à la demande des investisseurs pour des produits flexibles, minimisant les risques de perte et performants. Et après quatre ans de crise, à ce jour, la gestion alternative remplit ces trois critères », observe Fabrice Cuchet, responsable de la gestion alternative chez Dexia AM. La multigestion ouvre donc de nombreuses perspectives en matière de gestion et de mutualisation des risques au sein d'un portefeuille. Mais attention : plus que la technique, c'est bien sûr la qualité du sélectionneur de fonds qu'il faut étudier avant d'investir.

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