Macif et Maif : deux symboles de l'esprit mutualiste

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Gérard Andreck, président de la Macif.
Gérard Andreck, président de la Macif.
Assurer le plus grand nombre au meilleur prix et sans discrimination : telle est l'ambition de ces deux mutuelles rassemblant des millions de sociétaires.

Les mutuelles d'assurance, les Français les connaissent puis- que 20,7 millions d'entre eux en sont sociétaires. Souvent, sans doute, sans en connaître les spécificités. Mais « 20 % de nos 4,8 millions de sociétaires votent chaque année, ce qui est significatif, se réjouit Gérard Andreck, le président de la Macif. Les autres adhérents restent parmi nous parce qu'ils y trouvent leur compte en tant que consommateurs, le rapport qualité/prix étant intimement lié à notre modèle.» De fait, ces mutuelles sont la propriété collective de leurs sociétaires, lesquels « sont à la fois assureurs et assurés, explique Roger Belot, le président de la Maif. Lorsqu'ils apportent leurs cotisations, ils deviennent assureurs. Et lorsqu'il leur arrive quelque chose, ils sont assurés. » Les excédents ainsi dégagés ne viennent pas rémunérer des actionnaires, mais servent à développer de nouveaux services aux sociétaires.
Un modèle qui apparaît comme un gage de stabilité. « Nous n'avons pas la fascination du court terme, poursuit Roger Belot. Et les sociétaires savent que leurs cotisations vont être consacrées à des activités d'assurance. Cela nous permet de faire notre métier autrement. Par exemple, nous n'avons jamais opéré de discrimination de tarifs entre hommes et femmes. Et nous n'avons jamais instauré de surprime pour les jeunes conducteurs. »
À la Macif, Gérard Andreck insiste sur les nouveaux services attendus par ses adhérents et répondant aux valeurs de l'ESS. « Je pense aux services financiers simples et bon marché ; la Macif déploie actuellement une offre bancaire allant en ce sens. Je pense aussi à la mise en place de produits adaptés à une population qui vieillit. Je pense enfin à la dépendance : c'est un domaine où les mutuelles disposent d'une légitimité d'action et où la Macif s'est positionnée de manière très volontariste. »

Une association hexagonale

Les deux mutuelles n'en sont pas moins soucieuses. Prudentes dans leur gestion, elles ont bien traversé la crise jusqu'ici. Mais « nous évoluons sur un marché qui reste difficile et nous ne pouvons faire appel aux marchés financiers pour accompagner notre croissance », explique Gérard Andreck. « Nous résolvons ce problème en plaçant nos excédents dans nos fonds propres, ajoute Roger Belot. Mais aussi grâce à des alliances, comme celle nouée avec la Macif et la Matmut par le biais d'une Sgam (Société de groupe d'assurance mutuelle), qui comporte un engagement de solidarité financière. » Une association cantonnée à l'Hexagone, car « le statut de mutuelle européenne n'a toujours pas été entériné », regrettent les deux présidents. Une reconnaissance qui donnerait une nouvelle dimension à l'ESS en Europe.

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