La nouvelle Égypte a besoin d'une aide internationale urgente

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Les réponses du G8 seront cruciales pour l'économie.

Les printemps arabes ont bousculé l'agenda du G8, et l'Égypte fait office d'invitée d'honneur à Deauville, trois mois après la chute du régime du président Moubarak. Au Caire, plusieurs mouvements à l'origine de la révolution ont appelé la population à se mobiliser ce vendredi sur la place Tahrir pour réclamer l'adoption de réformes et contester le rôle de l'armée, qui assure la transition, mais demeure ambiguë sur l'avenir. En outre, la situation économique se dégrade. L'activité fonctionne à 50 % des capacités, les exportations ont chuté de 40 %, l'inflation dépasse 12 %, la fuite des capitaux est estimée à 6 milliards de dollars... Quant au tourisme, un secteur clé qui emploie 10 % de la population, il enregistre une chute de 45,7 % au premier trimestre. Le manque à gagner est officiellement estimé à 2,23 milliards de dollars.

« Certains chiffres sont exagérés, tempère Yasmine Fahim de l'Economic Research Forum souhaite. L'activité a chuté en raison des troubles, du couvre-feu et de l'insécurité. Si les pertes sont estimées à 1,6 milliard de dollars, nous n'en sommes pas en réalité à ce stade. Le tourisme a été frappé durement mais c'est temporaire. Tout dépend d'un retour à la normale de la situation politique. » L'hypothèque sera pas être levée avant la fin de l'année car les élections législatives se tiendront en septembre, puis une nouvelle constitution sera rédigée avant l'élection présidentielle en décembre.

« C'est maintenant ! »

« D'ici là, et en l'absence d'investissements étrangers, l'Égypte a besoin de l'aide internationale, commente Yasmine Fahim. Le chiffre du prêt du FMI de 10 à 12 milliards d'euros qui a été avancé me paraît raisonnable pour relancer l'activité et créer des emplois. Si la communauté internationale veut soutenir la démocratie, c'est maintenant ! » Pour tirer parti de cette aide, le gouvernement doit prendre des mesures de court terme. « Mais elle doit favoriser le secteur privé, le seul à même de relancer l'économie », souligne l'économiste, suggérant d'augmenter la productivité et limiter l'inflation. Or le gouvernement veut créer des emplois dans le secteur public et revaloriser les salaires des fonctionnaires « une politique digne des années 1970-1980 qui grèvera le budget, et risque d'augmenter les frustrations et entraîner davantage de grèves et de manifestations ». Car dans le secteur privé, actuellement, les entreprises licencient ou réduisent les salaires pour maintenir leur activité.

 

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