Le Bénin tisse une récolte record de coton pour la campagne 2017-2018
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
La production de l'or blanc béninois n'avait plus connu pareille ascension depuis très longtemps. Estimée à quelques 450.000 tonnes l'année dernière, le Bénin attend une production cotonnière de plus de 500.000 tonnes pour la campagne agricole 2017-2018, selon les chiffres de l'Association interprofessionnelle du Coton (AIC), à Cotonou.
La bonne récolte, selon la même source, est le fruit des mesures prises par le gouvernement béninois. Une politique agricole initiée par le Président Patrice Talon, un Magnat du coton. L'actuel président béninois a battu sa fortune sur l'or blanc. L'hommes d'affaires connait très bien le secteur et depuis son arrivée au pouvoir en 2016, il a mis en place un système de gestion de la filière qui repose sur le zonage des activités autour des usines gérées par des opérateurs privés. Un modèle de gestion qui a déjà fait ses preuves au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire.
Réfection des pistes rurales pour faciliter la commercialisation du coton devant démarrer fin octobre prochain et l'homologation des prix de cession des intrants et des prix d'achat de coton graine aux producteurs au titre de la campagne cotonnière 2017-2018...Le Bénin mise et investit beaucoup sur la filière de son or blanc, veine jugulaire de l'économie du pays. Au bénin, le coton représente 40% des entrées de devises, 12% à 13% du produit intérieur brut, environ 60% du tissu industriel national et assure un revenu à plus d'un tiers de la population, selon Xinhua.
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Une manne qui cache cependant un énorme manque à gagner, selon un rapport d'audit alarmant sur la filière coton publié fin juin. Les rédacteurs de ce document révèlent que de 2013 à 2016, le manque à gagner pour l'Etat s'élève à plus de 125 milliards de francs cfa. Ces chiffres qui donnent le tournis ont fait beaucoup de bruit au Bénin. Sont cités dans le rapport qui dénonce « la gestion peu optimale de l'achat des intrants avec une surestimation d'environ 20 % des besoins par campagne (...), des cas de commandes non livrées, (...) des dépenses non justifiées, (...) ou encore des ventes d'insecticides non facturées.», l'ancien ministre de l'Economie Komi Koutché et proche collaborateur de l'ex-président Boni Yayi. A ces scandales financiers, il faut ajouter la chute des cours du coton ces dernières années sur le marché mondial. Une embellie générale imputée à l'effondrement du prix du baril de pétrole.
Khadim Mbaye