« Le secteur privé a un rôle primordial dans l’agenda de l’Afrique » (Monique Nsanzabaganwa)
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« Permettez-moi ici de rendre un hommage mérité à ma sœur la vice-présidente sortante. Dr Monique, vous avez été confrontée jours et nuits aux chausses- rappes d'une administration aux règles, habitudes et pesanteurs qui peuvent être tout, sauf la facilité, l'agilité dans l'action et la réponse aux défis. Je voudrais, pour votre ténacité et votre endurance, vous rendre un chaleureux hommage », déclare le Tchadien Moussa Faki Mahamat, le 13 mars dernier, lors de son discours de passation de service au nouveau président de la Commission de l'Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf. Pour Monique Nsanzabaganwa à ce moment, se ferme une longue page écrite pendant quatre ans au sommet de la plus grande institution du continent africain.
Economiste rwandaise formée au Rwanda et en Afrique du Sud, Monique Nsanzabaganwa est d'abord enseignante à l'Université avant de faire son entrée au gouvernement à 32 ans. Le président Paul Kagamé la nomme secrétaire d'Etat à la Planification économique, puis ministre du Commerce avant de se voir confier le poste de gouverneur adjoint de la Banque centrale. Première femme élue vice-présidente de la Commission de l'Union africaine en février 2021, elle a cédé son fauteuil, il y a six mois, à l'Algérienne Selma Malika Haddadi. La Tribune Afrique l'a rencontrée à Abidjan.
LA TRIBUNE AFRIQUE - Votre parcours au cours des trois dernières décennies a été intense. Comment l'avez-vous abordé ?
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MONIQUE NSANZABAGANWA - Je considère mon parcours comme séquentiel : un temps enseignante, un temps au gouvernement faisant mon PhD en parallèle, un temps à la Banque centrale puis à l'Union africaine...Traverser les secteurs clés de notre économie, m'impliquer dans la transformation sociale de mon pays, toutes ces expériences m'ont été d'une grande aide dans mes fonctions à l'Union africaine, d'autant que j'étais première femme à mon poste, nous étions la première commission après la réforme et il y avait des aspects de cette réforme que je devais mettre en œuvre, surtout que mon président, Paul Kagamé était le champion de cette réforme. J'avais pour mission de déterminer comment on peut appliquer les leçons que j'ai apprises dans la transformation du Rwanda au profit du continent africain. Je puis dire que d'une certaine manière que j'ai à nouveau vécu mon expérience nationale à l'échelle continentale, sauf que cette fois, il s'agissait de 55 pays.