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Économie - La Tribune Région Sud

Jeunes généralistes : ce qui ne va pas et ce qui pourrait aller mieux

Laurence Bottero

Publié le 08 décembre 2017 à 19:01 - Mis à jour le 08 décembre 2017 à 21:08

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Accès aux soins pour tous, couverture sociale, incitation à venir vers la médecine générale… les jeunes médecins généralistes et leur syndicat ont des revendications qu'ils présentent comme des pistes d'amélioration de leur profession. Car les enjeux sont sensibles. Autant en terme de soins que de territorialité.

La vie de médecin généraliste n'est pas un long fleuve tranquille. Il faut oublier les a priori sur la profession, dit bien ReAgjir, le syndicat qui regroupe les généralistes jeunes installés et remplaçants, c'est-à-dire les généralistes installés depuis moins de 5 ans et les chefs de clinique. Un message qu'il a développé lors de son congrès organisé ces 7 et 8 décembre à Avignon.

Faire le bon choix

Il faut dire que les sujets sont en lien avec le développement des territoires. Par exemple, le sujet de l'installation est une réelle problématique pour les internes, qui ont une vision toute personnelle mais biaisée. "Ils envisagent l'installation de façon groupée. Or quand on s'installe, il faut rencontrer des institutions comme l'ARS (agence régionale de santé NDLR) pour des données d'ordre médical, l'Urssaf, trouver un local, un collègue avec qui s'installer, acheter du matériel", note Yannick Schmitt, le vice-président du syndicat.

Et si l'installation relève du parcours du combattant, l'enjeu est au-delà de cette problématique, la capacité à combler les départs à la retraite et le manque de généralistes qui pourrait se faire cruellement sentir. "1 000 médecins partent chaque année et cela depuis 2007. D'ici 2025, nous perdrons encore 10 % des effectifs", précise Yannick Schmitt.

Et dans ce contexte, "le défi majeur est d'amener les jeunes médecins à choisir la médecine générale", quand on sait que certains de ceux qui le font ne pratiquerons pas, optant plutôt pour des postes considérés comme plus attractifs, en protocolisation ou en administratif.

Lever les freins... et éviter les déserts médicaux

Pour gommer ce qui coince, il faut agir sur les déterminants à l'installation. Ce n'est d'ailleurs pas tant l'enjeu financier mais plutôt "avec qui vais-je travailler, comment vais-je travailler et que va faire mon conjoint", indique le vice-président du syndicat.

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A cela s'ajoute la question - épineuse et d'actualité - des déserts médicaux. "Un plan de lutte a été dévoilé en octobre, un comité de pilotage s'est mis en place. Il est question d'un contrat - celui de praticien territorial de médecine générale - entre le médecin qui s'installe et l'ARS, avec à la clé un nombre d'actes assurés par mois et une meilleure couverture sociale pour le médecin", explique Yannick Schmitt alors que le zonage des déserts médicaux va être revu ce qui signifie que les territoires sous-denses vont être redéfinis.

En PACA, mêmes motifs, mêmes constations, dit Stéphane Munck, médecin généraliste au Rouret, dans les Alpes-Maritimes. Et surtout, des a priori comme l'idée d'une surdensité médicale. Alors que dès "que l'on s'éloigne du littoral, il y a des zones à flux tendus". Ici aussi, les jeunes internes découvrent avec la médecine générale et la pratique en cabinet, l'exercice d'un nouveau métier. "Nous devons déconstruire des réflexes hospitaliers pour construire une approche holistique". Parmi les freins identifiés il y a la peur de se retrouver à exercer seul, avec une approche libérale qui signifie problématiques de charge d'un cabinet à gérer. Peu attractif... Cependant, "ces freins là ne sont pas une fatalité. Ils se lèvent assez facilement, mais il faut de la pédagogie".

Innovation : entre gadget et intérêt réel

Objets connectés et autres solutions e-santé viennent-elles impacter l'exercice de la médecine généraliste ? Et si oui, de quelle façon ? "Certains outils relèvent du gadget mais d'autres peuvent rendre service comme la mesure de la tension par exemple", explique Yannick Schmitt. "La téléexpertise peut être intéressante si le réseau est important et le maillage conséquent. Cela va réellement changer notre métier en permettant davantage d'interactions entre les spécialités. C'est une vraie révolution qui est en cours". Mais qui ne menace pas le médecin généraliste, au contraire de spécialités plutôt secouées par les objets connectés et autres innovations. "Les compétences du médecin généraliste, c'est le contact humain, ce n'est pas l'hyperspécialisation technique. La problématique demain ne sera pas dans la production de la réponse mais dans l'interprétation. La médecine générale est un métier d'avenir".

Laurence Bottero

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