Le réméré, le dispositif qui veut sauver les viticulteurs
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
CHRISTIAN HARTMANN
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Nous sommes en 1967 lorsque le père de Bernard Duseigneur acquiert les terres qu'il transmettra à ses enfants. Un premier fils d'abord, puis Bernard Duseigneur, l'actuel propriétaire, en 2002. Le domaine familial s'étend sur une trentaine d'hectares. Dix-sept à Saint-Laurent-des-Arbres dans le Gard, neuf autres du côté de Châteauneuf-du-Pape dans le Vaucluse, une appellation d'origine contrôlée très plébiscitée à l'international, que ce soit hors du territoire - les États-Unis en étant particulièrement friands - ou via le tourisme en France.
Si l'affaire se porte plutôt bien jusqu'aux confinements successifs de 2020, Bernard Duseigneur s'interroge néanmoins sur le patrimoine qu'il pourra transmettre à ses enfants. Le prix de la vigne a considérablement augmenté ces dernières années. Et lorsqu'un enfant acquiert les terres de ses parents, il doit s'acquitter de droits qui l'obligent parfois à vendre des parcelles. « Si bien qu'au bout d'une ou deux générations, on a des exploitations atomisées », regrette le viticulteur.
Par ailleurs, dans un marché mondialisé où la concurrence s'intensifie, il est plus que jamais nécessaire, dit-il, de se former à une série de nouvelles compétences que sont la communication, la commercialisation, l'export ou encore la maîtrise de langues étrangères. «Or, pour y parvenir, il faut créer des structures de taille critique ».
Difficile dans un contexte d'inflation. D'autant que, du fait des faibles taux d'intérêt, « les banques financent beaucoup moins facilement qu'avant le foncier agricole ».
Néanmoins, Bernard Duseigneur s'accroche. En 2019, il parvient à acquérir un hectare de Châteauneuf-du-Pape. La moitié par fonds propres, l'autre par un crédit bancaire. « J'ai pu signer la transaction grâce à un crédit de court terme qui aurait dû se poursuivre en crédit de moyen terme ».
Mais une série de bouleversements défait peu à peu ses plans. La taxe Trump d'abord, qui le prive d'une bonne partie de sa clientèle américaine. « Le Châteauneuf-du-Pape est très implanté là-bas ».
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