Assurance-chômage : le Conseil d'Etat torpille une partie de la réforme du gouvernement
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C'est un désaveu pour le gouvernement. Après l'échec des négociations entre les partenaires sociaux en février 2019 pour aboutir à un accord, l'exécutif avait repris la main sur ce dossier brûlant. Au coeur de l'été, l'ex-Premier ministre Edouard Philippe et l'ancienne ministre du Travail Muriel Pénicaud avaient présenté une réforme de l'assurance-chômage très contestée par les organisations paritaires. Plus d'un an après ces annonces, la plus haute juridiction française a fait annuler deux dispositions phares de la réforme de l'assurance chômage, la dépouillant ainsi de sa substance quatre mois avant sa mise en place effective, selon une décision rendue publique mercredi dernier.
Dans cette décision, le Conseil d'État juge que la modification retenue du calcul de l'indemnisation, - point central de la réforme de l'ex-ministre du Travail Muriel Pénicaud qui estimait qu'elle n'incitait pas à la reprise du travail - , constitue une atteinte au "principe d'égalité" entre allocataires.
La réforme prévoit que le salaire journalier de référence, base de l'allocation mensuelle, soit calculé non plus en se basant sur le total des salaires divisé par les jours de travail des 24 derniers mois mais sur ce total divisé par l'ensemble des jours, y compris non travaillés, de la période.
Dans l'esprit du gouvernement, cette modification visait à inciter la reprise d'emploi stable en corrigeant un système actuellement plus favorable à ceux qui ont des contrats de travail fractionnés. Mais cela pénalisait fortement les "permittents", ceux qui alternent chômage et contrats courts, comme le constate le Conseil d'Etat.
"Du fait des règles qui ont été retenues, le montant du salaire journalier de référence peut désormais, pour un même nombre d'heures de travail, varier du simple au quadruple en fonction de la répartition des périodes d'emploi au cours de la période de référence d'affiliation de 24 mois", constate le Conseil d'Etat. "Il en résulte (...) une différence de traitement manifestement disproportionnée au regard du motif d'intérêt général poursuivi", en conclut-il.
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