Bruxelles veut faciliter les investissements dans la défense européenne
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Le ministre de l'Economie et des Finances Eric Lombard.
Reuters
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La guerre en Ukraine et les annonces fracassantes de Trump vont-t-elles faire voler en éclat les règles du Pacte de stabilité en Europe ? Paris a organisé ce lundi une réunion d'urgence rassemblant les principaux pays européens. Objectif : trouver une position commune dans le processus de paix entre la Russie et l'Ukraine après la conférence de sécurité de Munich. En parallèle, les ministres des Finances européens, réunis ces 17 et 18 février à Bruxelles, doivent plancher sur des outils pour permettre à l'Europe de relancer ses investissements dans la Défense.
Dans « ce contexte de défis, l'Europe doit mettre sur la table tous les outils pour mettre en place son autonomie stratégique », a déclaré Eric Lombard. Pour ce faire, « les Etats doivent réaliser un effort de manière équitable dans leur dépense militaire », a insisté le ministre. « Il est nécessaire d'avoir une politique industrielle de défense en Europe », a poursuivi le locataire de Bercy. « L'annonce de Trump d'un possible retrait de l'OTAN met l'Europe face au défi d'investir massivement dans la Défense. Il n'y a pas vraiment de stock, pas de capacités d'interventions rapides, un vrai déficit en matière de protection civile », déplore Xavier Timbeau, directeur principal à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Récemment réformées, les règles de stabilité prévoyant des limites (3% de déficit et 60% de dette) à ne pas dépasser sont sous le feu des critiques. En fin de semaine dernière, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a jugé ces règles « caduques » dans un entretien accordé au « Financial Times ». À Munich, la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen a proposé un assouplissement des règles budgétaires afin de permettre aux Européens d'investir beaucoup plus dans leurs industries de défense.
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Cette proposition permettra « d'activer la clause de sauvegarde pour les investissements dans la défense. Cela permettra aux Etats membres d'augmenter substantiellement leurs dépenses en matière de défense », a-t-elle déclaré. Bercy attend des précisions de la part de la Commission : « cette proposition [d'activer la clause] doit être déclinée sur le plan pratique pour se positionner dessus ». « Politiquement », la France « est consciente du contexte géopolitique et de l'impératif du renforcement de la capacité de défense européenne et de la base industrielle qui la sous-tend ». Sur, « l'objectif de mobiliser les moyens pour le faire, il n'y a aucun doute ». Il faut cependant que « la Commission précise ce qu'elle a en tête ». La France «est très loin de s'opposer à ce type de proposition mais ce n'est pas open bar », souligne Bercy.
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