Trump lance une nouvelle salve de droits de douane, la Chine très mécontente, l'Europe soulagée

Le président américain, lors d'une réception à la Maison Blanche, le 23 juillet 2026.
REUTERS - Evelyn Hockstein

Le président américain, lors d'une réception à la Maison Blanche, le 23 juillet 2026.
REUTERS - Evelyn Hockstein
Trump a encore frappé. Après le Canada et le Brésil, une soixantaine d’économies se retrouvent à leur tour visées ce vendredi par de nouveaux droits de douane, au moment où les surtaxes temporaires mises en place par Donald Trump en février arrivent à échéance.
Depuis 00h01 (heure de Paris), ces pays voient en effet une surtaxe de 10 % ou 12,5 % s’appliquer à un certain nombre de leurs produits entrant aux États-Unis.
Ceux qui sont déjà en voie d’acheminement vers la première économie mondiale ne seront pas concernés s’ils arrivent à destination avant le 28 juillet, à 00h01.
Avant même leur entrée en vigueur, l’Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande – trois alliés des États-Unis en Asie – ont vivement dénoncé ces nouvelles barrières tarifaires. Canberra les trouve « injustifiés », Wellington « extrêmement décevants » et Tokyo les « regrette ».
Ces surtaxes prennent le relais des droits de douane de 10 % imposés en février dernier, arrivés à échéance à la même heure. Ces droits de douane temporaires, d’une durée de 150 jours, avaient été mis en place par Donald Trump dans la foulée de la décision de la Cour suprême d’annuler la majorité des surtaxes implantées depuis son retour à la Maison Blanche.
Cette nouvelle surtaxe est le résultat d’une enquête, lancée mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, afin de déterminer si les partenaires commerciaux des États-Unis avaient totalement éliminé de leur chaîne d’approvisionnement les produits issus du travail forcé.
« Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits », a expliqué sur CNN Jamieson Greer. « Si vous autorisez l’importation de biens issus du travail forcé, cela crée de la concurrence déloyale envers vos propres produits. Nous voulons que tous les pays disposent du même type de protections », a-t-il ajouté.
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Les pays disposant d’une législation que les États-Unis estiment incomplète se voient imposer 10 % sur un certain nombre de leurs produits. Ce sera notamment le cas des pays de l’Union européenne (UE), du Royaume-Uni, du Mexique ou du Canada, soit certains des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis.
Pour les autres, soit une quarantaine de pays, les produits se verront appliquer 12,5 %. La Chine, le Japon, la Suisse ou la Corée du Sud sont par exemple concernés. L’énergie et les matières premières qui ne sont pas produites aux États-Unis devraient toutefois être exclues de la liste des produits concernés.
Selon Greta Peisch, avocate spécialiste en commerce international, l’objectif est « de garder la main et de maintenir la pression pour que les pays continuent d’appliquer les accords commerciaux qui ont été signés, et peut-être en négocier d’autres dans le futur ».
« Le président a reconnu que le marché américain est un atout majeur qu’il peut utiliser auprès de ces pays pour atteindre les objectifs qu’il désire », a reconnu un responsable américain auprès de la presse.
La Maison Blanche espère que cette nouvelle surtaxe ne connaîtra pas le même sort que celle mise en place l’année dernière. Afin de s’assurer de leur viabilité, l’USTR s’est basé sur la même loi que celle qui a permis jusqu’ici de justifier les droits de douane sectoriels, sur l’acier et l’aluminium, le cuivre, le bois de construction ou l’automobile notamment, et qui n’avaient pas été retoqués par la Cour suprême.
Plusieurs autres enquêtes sont également en cours, toujours en se basant sur ce même texte, notamment concernant une possible surcapacité industrielle. L’Union européenne (UE), visée par la surtaxe sur le travail forcé, est également concernée par cette enquête.
Peu de temps avant cette nouvelle salve de droits de douane, le gouvernement américain avait annoncé des surtaxes sur le Brésil, concerné depuis mercredi par 25 % de droits de douane sur près de la moitié de ses exportations vers les États-Unis. Lundi, le Canada a été à son tour visé par une surtaxe de 50 % supplémentaire, qui doit entrer en vigueur dans un mois.
Mais dans les deux cas, le gouvernement américain a déjà fait évoluer sa stratégie : plutôt que de viser l’ensemble des produits provenant de ces pays, les surtaxes ne concernent qu’une partie d’entre eux.
A la suite de cette annonce, la réaction de la Chine ne s'est pas fait attendre. Elle a dit ce vendredi matin « s’opposer » à ces nouveaux droits de douane ainsi qu’à toute guerre commerciale. La deuxième économie mondiale fait partie des dizaines de partenaires commerciaux frappés de taxes de 12,5 % aux États-Unis.
« Nous nous opposons à toute forme de mesures unilatérales en matière de droits de douane », a déclaré Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Une guerre de droits de douane ou une guerre commerciale ne sert les intérêts d’aucune partie », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse régulière.
Malgré leur rivalité, la Chine et les États-Unis avaient conclu en octobre une trêve commerciale. Mais leurs différends demeurent, Pékin reprochant notamment à Washington ses restrictions sur les technologies pouvant être exportées aux entreprises chinoises.
À contrario, l'Union européenne a accueilli avec soulagement les nouveaux droits de douane, après des inquiétudes liées à une amende infligée récemment au géant américain Google.
Le nouveau régime de taxes douanières annoncé par le gouvernement américain touchant une soixantaine d’économies respecte en effet, en ce qui concerne l’UE, le plafond de 15 % qui figurait dans cet accord signé il y a un an presque jour pour jour à Turnberry, en Écosse.
« L’UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane » figurant dans l’accord commercial conclu l’an dernier entre Bruxelles et Washington, a réagi Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne.
(Avec AFP)