La Banque centrale de Russie lâche du lest pour éviter d’étouffer le secteur privé

Pour autant, la Russie reste l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16 % du PIB).
/FW1FP/Conor Humphries - REUTERS - Maxim Shemetov

Pour autant, la Russie reste l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16 % du PIB).
/FW1FP/Conor Humphries - REUTERS - Maxim Shemetov
La banque centrale russe poursuit sa baisse des taux, mais de manière prudente. Alors que les tensions montent entre les milieux d’affaires russes, qui réclament une baisse des taux pour relancer le crédit et l’institution qui veut, elle, lutter contre l’inflation, elle a partiellement lâché du lest aux premiers.
La Banque centrale de Russie (BCR) a abaissé ce vendredi son principal taux directeur de 0,25 point, à 14 %, malgré une inflation élevée. En cause, la hausse des prix du carburant liée aux frappes ukrainiennes contre des raffineries.
Cette baisse est la poursuite d’une politique d’assouplissement des taux engagée depuis juin 2025. Un nouveau cycle de détente mené à rebours de sa volonté de maintenir les taux élevés autour des 20 %, pour ramener l’inflation à 4 %. Mais face à elle, le Kremlin, veut à tout prix éviter la récession et calmer les milieux privés.
Surtout, l’économie russe, quatre ans après le début de la guerre en Ukraine et le début des sanctions contre elle, se fragilise.
Après la contraction de l’économie au premier trimestre pour la première fois en trois ans, la croissance au deuxième trimestre a été « modérée », a déclaré la Banque centrale.
La BCR a réduit ses prévisions annuelles de PIB dans une fourchette de 0-1 %, contre une prévision antérieure de 0,4-1,3 %.
Hors défense, le secteur civil se contracte (0,3 % par mois pour la production civile selon le centre d’analyse CMASF lié au Kremlin.
Le crédit privé reste élevé en volume mais progresse beaucoup plus lentement, sous l’effet de cette politique monétaire très restrictive qui renchérit fortement le coût des prêts. Ce qui a de quoi faire réagir fortement les milieux d’affaires russes qui manifestent leurs désaccords avec la politique du Kremlin.
Ensuite, les recettes pétrolières et gazières reculent fortement : elles se sont effondrées de plus d’un tiers en juillet 2025 par rapport à juillet 2024 selon des données compilées par Reuters, réduisant la capacité de financement budgétaire.
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Ces derniers mois, l’Ukraine a envoyé des milliers de drones contre la Russie en visant essentiellement des infrastructures énergétiques et logistiques, provoquant une crise de carburant dans ce pays, l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. La flambée des prix du carburant a fait grimper l’inflation d’un point à 6 % en juin.
Enfin, alors que la BCR abaisse légèrement son taux, sa priorité est de rappeler que : « en juin-juillet, la hausse des prix actuelle s’est accélérée », constate-t-elle dans une note annonçant cette décision, en expliquant que cette dynamique des prix avait été entre autres affectée par des « facteurs volatils, notamment le carburant, les fruits et les légumes ».
Pour autant, la Russie reste l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16 % du PIB) et dispose d’un fonds souverain de plus de 150 milliards d’euros. Ses revenus tirés des ventes d’hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, qui a bouleversé les marchés énergétiques.
(Avec AFP)