Confinement : des pertes de revenus très inégales selon les territoires

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(Crédits : Reuters)
Près d'un tiers des habitants de Seine-Saint-Denis ont subi des pertes de revenus lors du premier confinement en 2020. A l'opposé, seuls 17% des résidents de l'Orne ou du Finistère ont connu une détérioration de leur situation financière.

La pandémie creuse les inégalités territoriales. Selon une note éclairante de l'Insee dévoilée ce jeudi 8 avril, environ 25% des Français ont déclaré avoir subi une perte de revenus lors du premier confinement au printemps 2020. Derrière cette moyenne nationale, il existe de fortes disparités territoriales liées notamment à la part des actifs et la proportion de pauvres présents dans les territoires. En Seine-Saint-Denis, cette maladie infectieuse a fait des ravages chez les familles les plus pauvres contraintes de se confiner dans des logements souvent exigus. Plus d'un tiers des habitants du 93 ont connu de moindres revenus lors de cette paralysie de l'économie. Enfin, deux tiers des ménages à l'échelle nationale répondent que leur situation financière est restée stable en raison notamment des nombreuses mesures anticrise mises en oeuvre par le gouvernement.

Plus d'un an après la propagation du virus en France, la population française est obligée de se reconfiner dans un rayon limité et des restrictions de déplacement. La fermeture des établissements scolaires et des crèches ont obligé une nouvelle fois beaucoup d'entreprises et de salariés à devoir s'organiser pour assurer la garde des enfants. Cette annonce du chef de l'Etat le 31 mars dernier a donné des sueurs froides à de nombreux parents en leur rappelant les multiples difficultés du premier confinement. Elle risque surtout de contribuer à exacerber ces écarts criants alors que la reprise se fait toujours attendre.

Lire aussi : Reconfinement : Bercy révise en baisse ses espoirs de reprise... et en hausse les déficits

Les départements les plus pauvres frappés de plein fouet

Sans surprise, les catégories de la population française les plus pauvres ont subi en premier lieu les mesures drastiques du premier confinement. 35% des personnes faisant partie du premier décile de niveau de vie ont déclaré avoir connu une détérioration de leur situation financière. Si on exclut les retraités, cette proportion frôle même les 40%. A l'opposé, les personnes des catégories aisées sont en proportion moins nombreuses à signalé une dégradation de leur porte monnaie pendant cette mise sous cloche de l'économie. Dans les départements où il y a une forte proportion d'habitants vivant avec un niveau inférieur au premier décile comme la Seine-Saint-Denis, l'Aude ou la Haute Corse, une grande partie de la population a ressenti une diminution de revenus. La fermeture complète de nombreux secteurs pendant près de huit semaines a laissé sur le carreau un grand nombre de travailleurs en CDD, en intérim, des saisonniers ou des petits indépendants. A l'opposé, dans les catégories supérieures au neuvième décile, les répondants sont bien moins nombreux en proportion à avoir subi une érosion de leurs revenus.

Les départements où il y a plus de retraités sont plus épargnés

L'enquête de l'institut de statistiques montre que les départements qui présentent un plus fort ratio de retraités sont plus épargnés par la crise. Les pensions de retraites n'ont pas été affectées par la fermeture de l'économie. Les retraités qui représentent environ 27% de la population française sont répartis de manière disparate sur le territoire tricolore. « Dans la Creuse ou la Nièvre, ils représentent plus de 37% de la population alors qu'ils ne dépassent pas le quart des habitants en Île-de-France, dans le Rhône ou en Haute-Garonne » signalent les auteures de l'étude. « Dans l'Orne, les Hautes-Pyrénées, les Côtes-d'Armor ou l'Aveyron où il y a beaucoup de retraités (plus de 34% de la population), moins de 18% des personnes déclarent avoir subi une dégradation de leur situation financière » complètent-elles.

Le recours au chômage partiel accroît les risques de pertes financières

La mise en oeuvre du chômage partiel depuis le printemps 2020 a permis d'amortir le choc économique de la pandémie dans de nombreuses régions. Malgré une prise en charge importante par l'Etat et l'Unedic, beaucoup de travailleurs ont enregistré une perte de revenus au cours de l'année 2020. Sur le plan territorial, les départements qui ont enregistré une grande proportion de chômage technique sont souvent ceux où les salariés déclarent avoir vu une dégradation leurs revenus. A l'opposé, les régions où les métiers sont plus facilement télétravaillables sont moins touchés par cette détérioration. La nature de certains métiers oblige parfois les travailleurs à se mettre directement en activité partielle en raison notamment d'une fermeture administrative.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2021 à 14:23 :
Confinement : des pertes de revenus très inégales selon les territoires. J'en connais un territoire qui a perdu du revenu. C'est celui des retraités, qui n'ont eu aucun compensation ni augmentation et qui ont pris de plein fouet l'augmentation de l'électricité, du gaz et j'en passe................................. Merci à ce gouvernement LREM.
Réponse de le 09/04/2021 à 15:17 :
Je suis tout à fait d'accord avec votre réflexion à ce sujet. Et je crains que cela continue.
Il faut remettre de l'ordre dans notre pays. ..
a écrit le 09/04/2021 à 9:39 :
Au lieu d'unir les français face a l'adversité, on divise, par des chiffres, les populations...et nous avons comme conclusion que rien n'est fait et tout passe par la communication!
a écrit le 09/04/2021 à 8:47 :
"En Seine-Saint-Denis, cette maladie infectieuse a fait des ravages chez les familles les plus pauvres contraintes de se confiner dans des logements souvent exigus."

Je ne vois pas trop le rapport avec les inégalités salariales, il est évident que nous autres à la campagne pensons profondément à eux obligés de rester enfermés dans 40 m2 cela semble totalement inhumain, mais bon entretenant également notre lâcheté à ne pas se révolter puisque au final on se dit c'est bon d'autres en bavent bien plus que nous c'est rassurant, mais vu qu'ils ne travaillent ou pas leurs conditions de logement sont déjà catastrophiques le rapport avec les salaires dans un pays dans lequel de plus en plus de gens qui bossent sont obligés de dormir dans leur bagnole me semble un peu lointain, nous sommes déjà passés au fléau d'après là et depuis longtemps maintenant.
a écrit le 08/04/2021 à 19:29 :
Bon a ceux qui ont une didactique identitaire, cela permet d'avoir une idée des faits.....

Car si l'on sait qu'avant le covid, les femmes de ménages, les caissières, bref ceux qui ont fait tourné l'économie centralisée d'ile de France pendant une grève qu'ils ont subit particulièrement parce que souvent temps partiels (bon c'est pas grave c'est des noirs et des arabes.....) , permet a minima une réalité qui pour le dire, permet de savoir que si il y a un incident nucléaire, force est de constater que les habitants du 93 en plus d'avoir le plus grand nombre de cas mortels covid, permet une corrélation indiscutable !

La ou je suis, c'est tellement visible que ceux qui avait des métiers privilégiers l'était que finalement, la démonstration qui indique que nous n'avons plus aucun lien d'intérêts, non?

Je dits nous, car imaginer que les gens concernés n'ont pas conscience de ce qui va être une démonstration de fait, statistique, politique et économique, identitaire permanent, donne une merveilleuse réalité de la "FRANCE'

Mais comme toute réalité,ajoutons en plus les trois mois de grèves préalablement, ben je regardais les gens se débattre pour prendre un bus avant d'être enfermés pour certains et obligés pour d'autres.

Au moins, cette réalité statistique va être tellement parlante, que ceux qui tiennent le micro parlerons dans le vide.

Intéressant avec la préparation idéologique a l'identitarisme pour les prochaines échéances de l'année prochaine, cela va être avec la fin des subventions une vrai marmite!

Et comme la France prend la main de l'UE a ce moment, que de beaux moments a venir !

Intéressant !!!!!!!!!
Réponse de le 08/04/2021 à 21:03 :
Vous ne vous êtes pas relu avant de poster, c'est dommage, parce que certains passages de votre commentaire sont difficilement compréhensibles.
Réponse de le 09/04/2021 à 9:48 :
il faut mettre fin à l'importation de la pauvreté à forte dose (gens incultes, ignares en grande majorité ) ,au regroupement familial (même entre fratrie !!merci macron ) , au droit du sol , à la nationalité bradée ,au social largement ouvert au monde entier . je connais, je vis avec un "franco-algérien" depuis 30 ans, je les vois faire . J'ai absolument changé mes opinions sur l'immigration,source de pauvreté généralisée et de problèmes .Il faut changer les règles !!

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