Contrôle des chômeurs : haro sur la nouvelle échelle de sanctions de Pôle emploi
AFP
AFP
Depuis le 1er janvier 2019, Pôle emploi a mis en place une nouvelle échelle de sanctions pour les demandeurs d'emploi manquant à leurs obligations. La sanction la plus fréquente est la radiation temporaire : le demandeur ne perd pas son droit à allocation mais il est différé à sa réinscription sur les listes. Dorénavant, Pôle emploi peut accompagner, dans certains cas, cette radiation d'une suppression de l'allocation, une compétence auparavant du ressort des préfets, qui l'appliquaient peu.
En dépit du renforcement du contrôle des chômeurs ces dernières années, le taux de radiation des listes est stable, voire en légère baisse, à 0,9% en 2017, soit 49.000 par mois. Le principal motif de radiation (71% des cas) est l'absence à une convocation. Au premier manquement, elle est désormais passible d'un mois de radiation au lieu de deux auparavant.
A l'inverse, les sanctions sont durcies pour l'insuffisance de recherche d'emploi (5% des cas), passées de 15 jours de radiation à un mois de radiation et un mois de suppression d'allocation. Même sanction pour les demandeurs qui ne vont pas à leur formation (22% des radiations).
Objet de controverses, le refus de "deux offres raisonnables d'emploi" n'a été sanctionné que 149 fois en 2017 (0,03% des radiations).
Alors que ses critères étaient définis dans le Code du travail (nature de l'emploi, zone géographique, salaire attendu) et évoluaient en fonction de la durée du chômage, ils sont désormais établis par le demandeur avec son conseiller. Si le gouvernement estime que cela permettra de mieux tenir compte de la situation personnelle du demandeur, les associations de chômeurs craignent que celui-ci ne doive accepter des conditions plus dures qu'auparavant.
Le demandeur ne pourra cependant être tenu d'accepter un salaire "inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et pour la profession concernée" et un emploi non compatible avec ses qualifications.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Depuis la parution de cette nouvelle échelle de sanctions, les comités de chômeurs (CGT Privés d'emploi et précaires, AC !, Apeis, MNCP) soutenus par certains syndicats de Pôle emploi (CGT, SUD et SNU) multiplient les occupations de plateformes de contrôle de recherche d'emploi (CRE) à Rennes, Paris, Andrézieux, Toulouse...
A Nancy, la directrice du CRE pour le Grand Est, Laurence Lefèvre-Corcy, affirme n'avoir en rien modifié ses pratiques depuis le début de l'année.
AFP
Japon, États-Unis, Europe… Les pays où le nombre de millionnaires a le plus augmenté en 2025
17 colis par an par Francilien : l'impact massif des livraisons en Île-de-France
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires
Le big bang fiscal des économistes face au péril climatique et économique