Divisés sur la gestion de la crise, les chefs d'entreprise retrouvent un peu le moral

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s. La confiance des dirigeants
d’entreprise dans les perspectives de l’économie affiche une nette hausse, que ce soit pour l’économie mondiale (29%, +7 points) ou pour
l’économie française (26%, +6 points).
s. La confiance des dirigeants d’entreprise dans les perspectives de l’économie affiche une nette hausse, que ce soit pour l’économie mondiale (29%, +7 points) ou pour l’économie française (26%, +6 points). (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
Après avoir avoir atteint un point bas en décembre (54), l'optimisme des chefs d'entreprise gagne du terrain pour s'établir à 76 points en février contre 65 en janvier, selon la dernière Grande consultation pour La Tribune, CCI France et LCI.

L'horizon économique s'éclaircit légèrement. Selon la dernière Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI, le moral des dirigeants poursuit sa lente remontée depuis décembre pour s'établir au mois de février à 76 points. Il s'agit du meilleur score depuis le mois de septembre. A l'automne, l'optimisme des répondants avait plongé après l'annonce du second confinement tout au long du mois de novembre. Par ailleurs, cette hausse de l'optimisme concerne aussi bien les entreprises de plus de 9 salariés (12 points ) que celle ayant entre 0 et 9 salariés (11 points). Il reste que la forte progression du variant anglais dans les chaines de contamination et les reconfinements locaux dans les zones à nouveau en tension comme la Côte d'Azur ou certaines villes comme Dunkerque assombrissent à nouveau les perspectives pour les populations à l'échelle de certains territoires.

Les perspectives s'améliorent selon les chefs d'entreprise

Du côté des perspectives, tous les voyants sont au vert. La proportion de répondants ayant confiance dans l'avenir de l'économie française est en nette hausse (26%, +6 points). La tendance est comparable sur le futur de l'économie mondiale (29%, +7 points). Enfin, ils sont aussi plus nombreux à croire à un futur plus dégagé pour leur entreprise (65%, +3 points). Sur ce point toutefois, la confiance des chefs d'entreprises comptant 10 salariés ou plus progresse davantage (86%, +8 points) que celle des dirigeants d'entreprises plus petites (64%, +2 points).

"Autre signe concret de la sérénité relative des chefs d'entreprise, 9% d'entre eux déclarent que leur entreprise envisage d'augmenter le nombre de salariés au cours des 12 prochains mois, soit 4 points de plus qu'en janvier [...]13% estiment par ailleurs que leur niveau d'activité est ce mois-ci meilleur que celui enregistré en février 2020, soit une évolution de +6 points par rapport à janvier : le sentiment d'une situation préférable aujourd'hui à celle vécue à la veille du premier confinement apparait ainsi progressivement pour certains" expliquent les auteurs du baromètre.

Gestion de la crise par le gouvernement : un bilan en demi-teinte

Les mesures proposées par l'exécutif pour trouver un équilibre entre les enjeux sanitaires, économiques et sociaux sont globalement saluées par une majorité d'entrepreneurs (52%). Cette satisfaction est plus prononcée dans les entreprises de plus de 10 salariés (63%) et dans les services (59%). A l'opposé, cette proportion est bien plus faible dans les entreprises de moins de 10 salariés (52%), dans le commerce (44%) ou la construction (44%). Enfin, 48% des personnes interrogées estiment que les décisions sont généralement négatives. La proportion de mécontentements est plus importante dans la construction (54%), le commerce (56%) et les entreprises de moins de 10 salariés (46%).

Le renforcement des contrôles en entreprises, nécessaires mais pesant

Le gouvernement de Jean Castex a annoncé récemment qu'il allait renforcer le contrôle sur le respect des règles sanitaires en entreprises, le recours au télétravail et le recours aux dispositifs d'aide comme le fonds de solidarité par exemple. Interrogés sur ce thème, deux tiers des patrons estiment que ce renforcement est nécessaire mais il peut s'avérer pesant (59%) et tardif pour 46% d'entre eux. Plusieurs secteurs ont été épinglés récemment sur le manque de travail à distance sur des postes télétravaillables ou sur des abus relatifs à l'activité partielle.

> Dossier : le télétravail, un progrès pour tous ?

60% des entreprises comptent utiliser un dispositif du plan de relance

Présenté en septembre dernier par le Premier ministre, le plan de relance tarde à prendre son envol. Le prolongement et le renforcement des mesures d'endiguement sanitaire ont considérablement limité les capacités de certains secteurs majeurs de l'économie française. Sur l'ensemble des chefs d'entreprise interrogés, seuls 59% pensent avoir recours à au moins un dispositif du plan de relance. A l'opposé, 41% indiquent qu'ils ne vont pas solliciter de dispositif. Parmi les mesures plébiscitées, arrivent en premier lieu les soutiens à la trésorerie des entreprises (34%), les aides à l'embauche (20%) et les aides à la formation (18%). A l'inverse, seuls 2% des dirigeants interrogés affirment qu'ils vont solliciter les aides à la relocalisation et 9% informent qu'ils vont demander de l'aide pour des projets concernant la transition écologique de leur entreprise.

Le Brexit : une perte de débouchés

L'entrée en vigueur officielle du Brexit le premier janvier dernier a marqué la fin interminable du feuilleton sur les négociations entre le Royaume-Uni et les institutions européennes. Malgré l'accord de commerce et de coopération trouvé entre les négociateurs, ce divorce représente un réel manque à gagner pour les entreprises tricolores qui échangent de l'autre côté de la Manche. Parmi les conséquences négatives proposées lors du questionnaire, les répondants (45%) évoquent avant tout une perte de clients. Viennent ensuite les difficultés d'approvisionnement chez des fournisseurs (24%), des difficultés d'acheminement des produits (18%) ou encore un surcroît de démarches administratives (17%). La mise en oeuvre d'une frontière intelligente entre les deux rives de la Manche et le renforcement des infrastructures pour éviter les frictions lors des passages aux frontières n'a visiblement pas permis de lever tous les points de blocage redoutés depuis le vote du référendum en juin 2016.

> Lire aussi : Brexit : les inquiétudes sur l'économie française se multiplient

(*) Méthode : Étude réalisée auprès d'un échantillon de 608 dirigeants d'entreprise. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. L'échantillon a été interrogé par téléphone. Les interviews ont eu lieu du 12 au 18 février 2021.

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Commentaires
a écrit le 27/02/2021 à 9:53 :
Je me mets à leur place et ce n'est pas simple, surtout ne pas écouter la télé. la grande interrogation réside dans la question de l'état du monde d'après qui se dessine par la puissance de la Chine et des GAFAM en même temps le silence des politiques, disons, de l'UE est assourdissant pourtant le mur de la dette s’affole. Une autre donnée est la raréfaction des matières premières comme je l'ai constaté au sujet de l'ossature en douglas racheté (parait-il) par bateaux entiers au prix fort par les américains.
a écrit le 27/02/2021 à 8:46 :
" l'optimisme des chefs d'entreprise gagne du terrain pour s'établir à 76 points"

Ça va baisser au prochain confinement.
a écrit le 26/02/2021 à 8:44 :
Bon sang mais on leur a greffé une unité électronique de mesure pour les tester comme cela aussi régulièrement ? Ca doit pas être bien confortable hein !? ^^

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