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ÉconomieFrance

Elections départementales : les enjeux du deuxième.... et du "troisième" tour

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 27 mars 2015 à 10:00 - Mis à jour le 27 mars 2015 à 10:22

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Pour le second tour des départementales, il y aura 278 triangulaires dans quelque 1.900 cantons. Certains départements pourraient se retrouver avec des majorités relatives du fait du poids du Front National. Ce qui ne sera pas sans conséquences pour le fonctionnement des départements. A commencer par l'élection du président départemental.

Départementales, acte 2. Dimanche 29 mars, les électeurs de près de 1.900 cantons (sur un total de 2.054) vont de nouveau se rendre aux urnes pour élire un "binôme" (homme/femme) qui siégera au sein du conseil départemental. A l'issue du premier tour, peu de binômes ont en effet déjà été élus : 196 classés à droite, 50 à gauche et 6 à l'extrême droite. D'ores et déjà, la gauche est éliminée dans 524 cantons.

Rappelons aussi que, dimanche dernier, l'UMP-UDI et ses alliés avaient obtenu 29,4% des voix, devant le Front National (25,19%), et le PS et ses alliés (21,85%). Le deuxième tour s'annonce difficile pour la gauche qui, actuellement, gère 61 des 101 départements concernés par les élections.

30 départements perdus par la gauche?

Dans une projection établie à partir d'un historique électoral de chaque canton, l'institut Opinionway table ainsi sur 71 départements "probablement à droite", 19 "probablement à gauche" et 3 "sans majorité" (Pas-de-Calais, Vaucluse, Seine-Maritime). Dans cette hypothèse, cela signifierait que la gauche perdrait environ une trentaine de départements. Un scénario jugé plausible, jusque dans les rangs du Parti socialiste...

En tout état de cause, dimanche prochain, on assistera à 1.614 duels et 278 triangulaires (voir la carte ci-dessous), selon les données du ministère de l'Intérieur. En réalité, il y aurait pu en avoir davantage.

CARTE DES TRIANGULAIRE AU SECOND TOUR DES DEPARTEMENTALES

carte
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Mais, et c'est politiquement intéressant, certains binômes ont préféré se désister. Certes, cela était la consigne à gauche en cas de danger Front National.

Des candidats de droite se sont désistés pour barrer la route au FN

Mais des retraits sont également intervenus à droite de la part de binômes qui n'ont pas voulu écouter la consigne de Nicolas Sarkozy sur le respect de la règne du "ni-ni" (ni vote pour un binôme de gauche ni vote pour un binôme Front National).

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Il est vrai que cette consigne UMP ne faisait pas l'unanimité à l'UDI et chez les "divers droite". De surcroît, c'est une "recommandation" qui s'adressait aux électeurs... pas aux candidats.

De fait, dans les départements très menacés par le Front National, on a assisté à divers mouvements de désistements. Il y a ainsi eu 7 retraits dans l'Aisne (4 à gauche et 3 à droite), ce qui a eu pour effet de faire passer de 8 à 1 le nombre des triangulaires dans ce département.

Dans le Pas-de-Calais, ce sont 4 retraits qui sont enregistrés (3 de gauche et 1 de droite). Dans le Vaucluse, il y en a eu 3 (2 de gauche et 1 à droite). Autant de départements où le FN diminue ses chances pourtant réelles de prendre la tête de l'exécutif local. Rappelons que pour pouvoir se maintenir au second tour, les binômes devaient avoir obtenu le 22 mars dernier au moins 12,5% des électeurs inscrits.

Les inconnues du troisième tour

Mais, on l'oublie un peu vite, il n'y a pas pas que ce second tour. Il y a aussi le troisième. En effet, les conseillers départementaux, une fois élus, doivent se réunir pour élire le président du conseil départemental. Et, là, les triangulaires vont laisser des traces car l'on risque de se retrouver avec des majorités relatives. Quelle est donc la règle de l'élection ? Si, clairement, un parti (par exemple UMP) dispose à lui seul de la majorité absolue, il choisit le président dans ses rangs.

En revanche, si aucun parti ne dispose de cette majorité absolue, les partis négocient entre eux et tentent de former des « familles », par exemple l'UMP avec l'UDI et les socialistes avec les communistes ou les écologistes. Le tout dans l'intention de former une majorité absolue.

Si après un premier vote, personne n'est élu à la présidence à la majorité absolue, on procède à un deuxième vote où la majorité absolue est de nouveau la règle pour accéder à la présidence. Si un troisième vote est nécessaire, alors, cette fois, le président peut être élu avec une simple majorité relative. Ouf !

La démocratie locale pourrait en voir de toutes les couleurs

Rappelons qu'à la différence de la règle du "ni-ni", valable pour les élections des 22 et 29 mars, Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a interdit à ses ouailles de s'allier avec des conseillers départementaux FN pour former une majorité, sous peine d'exclusion. On verra la réalité des faits...

D'ailleurs, même après ce "troisième tour", il va être très intéressant de suivre la "vie" des conseils départementaux où le FN possèdera un groupe puissant, empêchant un autre parti de posséder à lui tout seul la majorité absolue.

En effet, selon les règles régissant les collectivités territoriales, les délibérations du conseil départemental - et notamment le budget annuel - doivent être adoptées à la majorité absolue de ses membres.

Dans certains départements, cela va nécessiter une alliance un peu inédite - pour ne pas dire totalement iconoclaste - entre l'UMP et le PS, voire également avec le Front de gauche ou les écologistes, pour contrer l'opposition du Front National. A noter qu'en cas d'impossibilité de fonctionnement répétée, le gouvernement peut dissoudre le conseil départemental par décret en Conseil des ministres.

Jean-Christophe Chanut

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