France Relance : 1,14 milliard d’euros pour la Bretagne sur 2021-2022

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3,4 milliards d’euros au total seront mobilisés pour la Bretagne sur la période 2021-2027. C’est deux fois et demi de plus que pour le précédent plan.
3,4 milliards d’euros au total seront mobilisés pour la Bretagne sur la période 2021-2027. C’est deux fois et demi de plus que pour le précédent plan. (Crédits : Région Bretagne)
Signé le 18 février dernier à Callac en Côtes d’Armor, l’accord Etat-Région de mise en œuvre du contrat de plan 2021-2027 porte sur un total de plus de 3,4 milliards d’euros, dont 1,14 milliard d’euros au titre de la relance sur 2021-2022. Une quarantaine de projets d'implantation d'activités industrielles stratégiques bénéficient d’aides.

A Landivisiau, dans le Finistère, la Menuiserie de l'Atlantique va faire avancer son projet de nouvelle usine, au départ repoussé en raison de la crise sanitaire, afin de doubler sa production. Lauréate de l'appel à projets Territoires d'industrie, lancé par le ministère de l'Économie, cette filiale du groupe de bâtiment Quéguiner (245,3 millions d'euros, 1.180 salariés) fabrique des portes d'entrée et des fenêtres en PVC distribuées par Quéguiner matériaux.

Dirigée par Clément Quéguiner, qui a succédé à son père, l'entreprise va être subventionnée à hauteur de 800.000 euros dans le cadre de la création d'un nouveau site industriel de 4.900 mètres carrés, dont le coût total s'élève à 6,9 millions d'euros. Outre l'embauche d'une dizaine de salariés, la future usine, livrable fin 2021, correspond aussi aux critères environnementaux retenus par le ministère. Elle sera moderne, éco-responsable et proche du zéro déchet.

L'ETI Quéguiner fait partie de la trentaine d'opérations d'ores et déjà mises en œuvre dans les quatre départements bretons dans le cadre de France Relance. Selon le premier bilan du programme paru au début du mois, le volet compétitivité concerne 31 entreprises industrielles, comme Cooper Standard, Europe3D ou Le Minor, impliquées dans le textile, l'automobile, l'aéronautique, la cybersécurité ou encore la 5G. Elles ont bénéficié au titre de 2020 de 27 millions d'euros pour réaliser 115 millions d'euros d'investissements.

3,4 milliards d'euros engagés sur 2021-2027

Signé le 18 février dernier à Callac en Côtes d'Armor, l'accord de mise en oeuvre du plan de relance en Bretagne, permettant de valider les orientations du futur contrat de plan Etat-Région (CPER) 2021-2027, porte sur un total de plus de 3,4 milliards d'euros dont plus d'un milliard d'euros au titre de la relance. Globalement, l'État et la Région engageront conjointement 2,46 milliards d'euros dont 1,5 milliard pour l'État, au profit du développement de la région. C'est deux fois et demie de plus que le précédent plan.

S'y ajouteront l'apport des autres collectivités locales (717,67 millions d'euros euros), notamment pour financer le haut débit et l'enseignement supérieur et la recherche, ainsi que des fonds européens (219,50 millions d'euros). Signé par le préfet de la région Bretagne, Emmanuel Berthier et Loïg-Chesnais Girard, président du Conseil régional en présence de Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, ce contrat de plan prolonge le contrat d'action publique pour la Bretagne et le pacte d'accessibilité de février 2019. Il comprend aussi des domaines ne relevant pas des compétences de la Région et qui n'apparaissaient pas dans les précédents CPER. C'est le cas des 125 millions d'euros destinés aux investissements dans les hôpitaux.

« Ces fonds publics vont permettre de préparer la suite », a souligné Loïg Chesnais-Girard, précisant par exemple qu'une partie des crédits sera allouée à la rénovation thermique des IUT et au chantier de la mise en 2X2 voies de la RN164 qui dessert la Bretagne intérieure. Des études sur la gestion des aéroports bretons seront aussi menées.

L'accord du 18 février prévoit qu'un effort de relance immédiat va porter sur les années 2021 et 2022 avec des moyens financiers estimés à 1,14 milliard d'euros. Sur ce montant, la part allouée par le Conseil régional (hors collectivités locales) s'élève à 600 millions d'euros.

S'agissant des domaines d'action, le contrat entend se concentrer sur « les cinq défis majeurs auxquels est confrontée la Bretagne » : la géographie péninsulaire, le développement économique et social, l'équilibre territorial, les transitions écologiques et la cohésion sociale.

Sur les sept ans à venir, la couverture en très haut-débit va par exemple mobiliser 1,1 milliard d'euros, la transition écologique 510 millions d'euros, l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation 452 millions d'euros, l'emploi et la formation professionnelle 362 millions d'euros. Les secteurs agriculture-alimentation et mer et littoral mobiliseront globalement 120 millions d'euros.

De Zymofood à Living Lab 5G

Sur le plan économique, la Préfecture de Bretagne a annoncé le 11 mars un soutien pour neuf nouveaux projets d'implantation d'activités industrielles stratégiques, représentant près de 150 emplois. Ils couvrent les secteurs de la santé, de l'agroalimentaire, de l'électronique, des télécommunications-5G et des intrants pour l'industrie (chimie, matières premières...).

Sur les quatre projets agroalimentaires, figure ainsi celui intitulé Zymofood, porté par le groupe familial Triballat de Noyal-sur-Vilaine (35), spécialisé dans les produits alimentaires laitiers et végétaux. Il vise à développer de nouveaux produits à partir de légumineuses et de céréales fermentées obtenues grâce à une nouvelle technologie industrielle et à créer des sources alternatives de protéines. 12 emplois devraient être créés.

Dans le secteur des micro-algues, le projet « L'or vert marin », de Spiru'Marine à Sarzon (35) envisage de créer 14 emplois directs et 56 emplois indirects. L'entreprise souhaite construire des unités de production industrielles en éco-conception pour développer une gamme de produits à base de spiruline marine bretonne, à destination des secteurs agroalimentaire, de la nutrition-santé et des cosmétiques.

Santé et télécommunications

Dans le domaine de la santé, NG-Biotech, est retenue pour son projet visant à augmenter ses capacités de production de réactifs et à relocaliser la production de pièces plastiques. Basée à Guipry-Messac, cette société de biotechnologies avait lancé en avril dernier la commercialisation d'un test rapide et « tout-en-un » de détection de l'infection au virus Covid-19. Soutenue à hauteur d'un million d'euros par le ministère des Armées, elle avait été épinglée par la presse car l'essentiel du test provenait d'un sous-traitant chinois. Elle souhaite aujourd'hui « réduire sa dépendance vis-à-vis de ses fournisseurs étrangers », souligne France Relance.

En matière de télécommunications, le consortium, réunissant Itnovem, l'institut Mines Télécom (IMT), Nokia et Orange, collabore sur le projet « Living Lab 5G » dont l'objectif est de créer une plateforme d'expérimentation 5G au sein de la gare et du technicentre de la SNCF à Rennes. La plateforme expérimente des usages de la 5G au service des clients voyageurs et de la performance industrielle du groupe SNCF. 29 cas d'usages ont déjà été recensés comme la formation augmentée, la maintenance collaborative en réalité augmentée et le téléchargement instantané des contenus en 5G avant le départ du train. 38 emplois devraient être créés grâce à ce projet.

S'agissant de la technologie 5G, l'antenne du groupe d'électronique Thales à Brest avait été retenue début mars dans le cadre du volet résilience pour son projet collaboratif Beyond 5G. Impliquant également Ericsson, Eurocom et l'IMT, il prévoit de proposer des solutions techniques au développement de réseaux souverains et sécurisés 5G/post 5G par le biais d'une plateforme d'expérimentation.

Toujours dans le cadre de France Relance, l'agence de l'eau Loire-Bretagne a annoncé en parallèle jeudi 11 mars l'attribution de 7,75 millions d'euros d'aides sur le premier trimestre 2021 à 153 projets bretons. Ceux-ci sont consacrés par exemple à l'alimentation en eau potable et au renouvellement des conduites ainsi qu'à la restauration des cours d'eau, des zones humides et de la biodiversité.

En complément des mesures d'urgence

Ces actions s'inscrivent en complément des mesures d'urgence mises en place par l'État et la Région, au service du maintien de l'activité, du soutien aux entreprises, aux acteurs et aux personnes fragilisées par la crise.

Selon nos informations, la Région Bretagne a engagé 167 millions d'euros en 2020 (soit 10% du budget 2020 d'avant-crise) pour faire face à la crise sanitaire et limiter son impact économique et social. Selon un document dont l'intégralité sera présentée lors de la session extraordinaire du Conseil régional le 9 avril, la ventilation des dépenses montre que plus de 124 millions d'euros ont été affectés à l'économie : au travers de différents fonds comme Breizh Rebond ou Covid-Résistance et de soutiens spécifiques à la formation ou à la pêche. Le soutien à la Britanny Ferries s'élève à 30 millions d'euros.

Une aide de 31 millions d'euros est également allée aux délégataires des transports, des ports et des aéroports. Le secteur touristique a quant à lui bénéficié de 454.000 euros et les associations en difficultés ont reçu plus de 2 millions d'euros. Ce récapitulatif n'inclut pas l'accélération des paiements des aides aux entreprises et la suspension des remboursements d'avances remboursables accordées aux entreprises.

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