La crise pourrait coûter jusqu'à 9 milliards à l'Unedic fin avril

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)
La crise du coronavirus pourrait coûter jusqu'à 9 milliards d'euros à l'Unedic fin avril, du fait des dépenses supplémentaires comme le chômage partiel et des moindres recettes, indique le régime d'assurance-chômage dans une note publiée vendredi.

Les auteurs de la note, rédigée pour le bureau du régime paritaire qui s'est tenu jeudi, estiment que le coût total du chômage partiel pour l'État et l'Unédic sera "entre 800 millions et deux milliards par semaine de confinement" et se basent sur l'hypothèse d'un confinement se terminant fin avril.

L'Unédic prenant a priori à sa charge un tiers de la dépense, cela représenterait entre 500 millions et 1,3 milliard de dépenses en mars et entre 1,1 et 2,7 milliards en avril. Mais aussi un manque à gagner entre 100 et 240 millions en mars et entre 200 et 500 millions en avril car les indemnités du chômage partiel ne sont pas soumises à cotisation.

Autre dépense supplémentaire, l'indemnisation à 100% des allocataires qui habituellement travaillent sur des contrats courts ou des missions d'intérim en cumul emploi-chômage (près de la moitié d'entre eux en temps normal). Cela représenterait 370 millions en mars et 620 en avril.

Limiter au maximum par le recours massif à l'activité partielle

En outre, "le gel de nombreuses activités économiques limitera fortement les sorties du chômage qui auraient eu lieu en l'absence de crise sanitaire", souligne l'Unedic qui évalue ce coût à 130 millions en avril.

Le régime ne fournit pas à ce stade d'estimation en terme d'entrées au chômage, que le gouvernement cherche à limiter au maximum par le recours massif à l'activité partielle. La prolongation de l'indemnisation de certaines catégories de demandeurs d'emploi (allocataires arrivant en fins de droits, intermittents du spectacle...) coûterait 200 millions en avril.

Côté recettes, le report du paiement des cotisations d'assurance chômage des entreprises engendrerait un manque à gagner de 325 millions en mars et de plus de deux milliards en avril. Le recours aux arrêts maladie pour garde d'enfant ferait baisser les recettes de 200 millions en mars et 400 en avril.

Face à cette situation et pour permettre à "l'assurance chômage de continuer à jouer pleinement dans la période sa fonction de stabilisateur économique et social", l'Unédic peut mobiliser "près de 5 milliards d'euros d'ici juin" grâce aux emprunts en cours, auxquels s'ajouteraient 4 milliards de liquidités.

"Cela permet de couvrir les besoins connus à date", selon les auteurs de la note qui précisent qu'il faudra en revanche sécuriser le financement du second semestre.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2020 à 18:06 :
c'est l'Etat qui a décrété l'interdiction d'activité d'une majorité d'entreprises conduisant au chômage partiel massif des salariés du privé . A ce titre , c'est donc à l'Etat de supporter en totalité les coûts correspondants et non pas à l'Unédic . C'est d'ailleurs bien l'Etat qui prend en charge et de plus sans acune réduction les salaires de tous les fonctionnaires , qu'ils continuent de travailler ou pas .
la règle doit être la même pour tous les salariés public et privé confondu .

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