La nationalisation, une histoire très française

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(Crédits : DR)
Alors que le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi la nationalisation temporaire des chantiers navals STX France, voici un rappel de récentes opérations de reprise par l'État français.

Depuis les grandes vagues de nationalisations de 1945 et 1982, les prises de contrôle majoritaire du capital de sociétés privées par l'Etat se sont raréfiées mais l'intervention de l'Etat-actionnaire n'a en réalité pas cessé.

L'opération ratée sur ArcelorMittal

Le groupe sidérurgique ArcelorMittal annonça son intention de fermer la filière chaude (production d'acier brut) de son site de Florange (Moselle), tout en conservant les activités de transformation de l'acier.

L'idée d'une nationalisation temporaire est avancée par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en vue de céder l'ensemble du site à un repreneur. L'option est écartée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Un compromis est trouvé avec ArcelorMittal, qui s'engage à investir 180 millions d'euros sur cinq ans et à préserver l'emploi.

Dexia victime des subprimes

Une première fois sauvée de la faillite à l'automne 2008, la banque franco-belge Dexia, acteur majeur du financement aux collectivités, est frappée par la crise de la dette, ce qui rend un second sauvetage nécessaire en octobre 2011.

Le 8 novembre 2012, la France et la Belgique s'entendent sur une recapitalisation de la banque à hauteur de 5,5 milliards d'euros après avoir injecté 6 milliards d'euros en septembre 2008.

Au terme de l'opération, l'établissement est contrôlé à près de 60% par des capitaux publics belges ou français. La banque, victime d'investissements dans des produits financiers "toxiques", est depuis en cours de démantèlement.

Le sauvetage d'Alstom

En août 2003, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin se déclare prêt à sauver Alstom en injectant 300 millions d'euros pour devenir, avec 31,5%, le premier actionnaire du groupe d'énergie et transports, qui emploie 75.000 personnes en Europe.

Après d'âpres discussions avec Bruxelles, le plan bouclé en mai 2004 prévoit que l'Etat entre au capital pour 21,36% à condition qu'il en sorte avant juillet 2008. Le 27 avril 2006, l'Etat annonce la vente de sa part à Bouygues (BTP) pour 1,16 milliard d'euros.

Alstom - ex-actionnaire de référence des Chantiers de l'Atlantique, aujourd'hui STX - cèdera sa branche énergie à l'américain General Electric en 2014/2015 et l'Etat deviendra à cette occasion actionnaire à 20% du groupe recentré sur le transport ferroviaire.

La liquidation du Crédit Lyonnais

En 1993, le Crédit Lyonnais, une des grandes banques françaises, nationalisé en 1982, est en quasi-faillite, victime d'investissements hasardeux et d'une politique d'expansion tous azimuts.

L'Etat est contraint d'intervenir avec deux plans de sauvetage et la mise sur pied d'une structure publique, le Consortium de réalisation (CDR), où sont placés les actifs et créances douteux afin d'assainir la banque. Le Lyonnais sera privatisé en 1999 puis vendu en 2003 au Crédit agricole.

En juin 2006, le CDR, qui avait hérité du portefeuille d'actifs "pourris", annonce une perte finale de 10,41 milliards d'euros. On estime le coût du sauvetage public du Crédit Lyonnais à plus de 8 milliards d'euros.

(avec agences)

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a écrit le 28/07/2017 à 12:57 :
et de la difficulté d’évaluer l’intelligence logique et autre intérêt des courbes d’apprentissage.

Beaucoup d’échecs quasi exemplaires et une revue de ce qu'il ne faudrait pas faire, ou pas avec autant d’acharnement. Des erreurs de stratégie ou de management se produisent dans toute entreprise, mais ce qui devrait inquiéter c'est quand la méthode corrective ou préventive est systématiquement défaillante.
Des dirigeants qui s’acharnent à répéter les mêmes erreurs et se trouvent toujours des excuses, car c’est bien connu, le sort jeté par des sorcières des hautes plaines ou des mages maléfiques s’acharnent sur des incompétents, qui avec autant de casseroles feraient mieux d’arrêter l’industrie et la finance pour se consacrer à la cuisine. Ce serait risible s’il n’y avait des milliers d’emplois en jeu et des sommes astronomiques payées par le contribuable pour renflouer ces ex-fleurons.
A essayer de sauver des groupes défaillants on prône parfois une forme de jusque-boutisme qui pénalise les bons élèves et les dirigeants exemplaires. Une sorte de prime à la médiocrité ?

Le seul intérêt de la nationalisation serait de permettre un sauvetage ou une restructuration rapide d’un groupe ou d’un secteur pour le rendre plus compétitif. Comme les Etats Unis ou l’Islande ont nationalisé suite à la crise des subprimes, au lieu de simplement recapitaliser, ou de créer un fond de défaisance qui a comme inconvénient de semer le doute pendant des années, même si l’amnésie fait son œuvre, les comptes restent.
« C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus » de Warren Buffet.
Réponse de le 28/07/2017 à 13:33 :
C'est oublier que mis à part un ou 2 échecs industriels, que les sociétés nationalisées dans les années 80 sont devenues des géants de leurs secteurs (ex : les banques qui ont été regroupées à cette occasion ce qui leur a donner une taille mondiale et la possibilité de passer sans encombre la crise de 2008)
a écrit le 28/07/2017 à 9:52 :
"Bruno Le Maire, a annoncé jeudi la nationalisation ..."
Il y a de ces ironies, parfois

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