Le gouvernement prolonge les primes pour l'apprentissage, l’arme anti-chômage

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Olivier Dussopt ministre du Travail et du plein emploi.
Reuters

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Olivier Dussopt ministre du Travail et du plein emploi.
Reuters
C'est une des premières annonces d'Olivier Dussopt au ministère du Travail : les aides à l'apprentissage qui devaient s'arrêter le 31 juin seront prolongées jusqu'à la fin de l'année. Et le remplaçant d'Elisabeth Borne, rue de Grenelle de lancer cet objectif : atteindre un million de jeunes en apprentissage à la fin de l'année.
Le gouvernement espère surfer sur une des principales réussites économiques du quinquennat précédent. Car c'est bien ces dernières années que l'apprentissage s'est (enfin) imposé en France, après avoir été boudé pendant des décennies. Selon le ministère du Travail, 718 000 contrats ont été signés en 2021, soit une hausse de 37 % après une augmentation de 42 % en 2020.
La recette d'un tel succès ? Une réforme du système menée en 2018, qui a levé des rigidités administratives, mais surtout le déploiement d'aides massives par le gouvernement : une prime de 5.000 euros pour l'embauche d'un apprenti mineur, et de 8.000 pour un majeur. Comme ces contrats bénéficient d'une exonération de cotisations patronales et salariales, l'embauche d'un apprenti est quasiment gratuite pour l'entreprise la première année.
Grâce à ce soutien financier, l'insertion des jeunes s'est nettement améliorée, et le taux de chômage des moins de 25 ans a chuté de façon spectaculaire : 15,9 % à la fin de l'année 2021, soit un niveau jamais atteint depuis 1981.
Et c'est une des clefs de la baisse du chômage - de 9,5 % à 7,3%- enregistrée ces deux dernières années. Selon une étude de l'OFCE, publiée en mars dernier, "plus de la moitié des emplois totaux créés en France de fin 2019 à fin 2021 sont des contrats d'apprentissage". De fait, on comprend mieux pourquoi la prolongation de ces aides est si importante pour l'exécutif, à un moment où des nuages s'amoncellent sur notre économie.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Dans un contexte de croissance nulle, la baisse du chômage semble en effet se stabiliser. Selon les dernières données de l'Insee, le taux de chômage en France est à 7,3 % ce premier trimestre, contre 7,4 % à la fin de l'année. Le gouvernement mise donc - entre autres- sur cette montée en charge de l'apprentissage pour se rapprocher de son objectif de baisser encore la fameuse courbe du chômage.
Fanny Guinochet
🔴 Sommet européen au Monténégro, réacteurs nucléaires japonais, Bourses… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance