Les surprises Jadot et Barnier, pas une bonne nouvelle pour Macron
Marc Endeweld
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Ce n'est pas parce que La Tribune les a tous les deux interviewés récemment que l'on va s'interdire à évoquer les deux premières surprises de cette campagne présidentielle (à part celle de l'irruption du polémiste Eric Zemmour dont la bulle enfle dans les sondages) : Yannick Jadot chez les écolos, et Michel Barnier chez les Républicains. Les deux hommes n'ont pas le même profil. Le premier est entré en écologie comme on entrait autrefois en religion. Yannick Jadot fut l'un des hauts responsables de Greenpeace France avant de se lancer dans les élections sous l'étiquette Europe Écologie Les Verts. C'est un homme qui, par le passé, a déjà détonné auprès de ses camarades écolos : pas de haine contre le capitalisme, discours apaisant à l'égard du patronat, volonté de travailler avec tout le monde. Jadot serait du genre « écolo-responsable ».
C'est en tout cas ce que laissait entendre une bonne partie de la presse face à la candidate repoussoir (pour la presse également), Sandrine Rousseau. Jadot, le responsable, face à Rousseau, la « radicale » (comme elle l'a elle-même revendiqué), ou carrément extrémiste selon certains. Et pourtant : parfois, l'habit de fait pas le moine, et L'Opinion remarquait récemment que Jadot n'était peut être pas si « raisonnable ». Il serait même, lui-aussi, « radical », notamment sur les questions de société. Loin d'un libéralisme à la française, forcément conservateur, Jadot est effectivement pleinement libéral au sens international du terme. Jadot, c'est "Obama first". Sur le plan international, le candidat écolo ne cache d'ailleurs pas son atlantisme.
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Alors pourquoi s'étonner d'un coup de la radicalité supposée de Yannick Jadot ? Car comme il nous l'a malicieusement retourné, s'il est radical, le candidat écolo l'est d'abord parce qu'il vise clairement l'Elysée. Qu'on se le dise : un écologiste souhaite devenir le prochain président de la République. Il faut mesurer aujourd'hui le chemin parcouru après tant de candidatures de témoignages du coté des écolos. Cette ambition de pouvoir fièrement affichée chez un écolo français détonne dans le paysage. Au point d'en inquiéter plus d'un.
Marc Endeweld
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