Malgré les incertitudes, le commerce extérieur se redresse

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(Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
Le déficit commercial de la France s'est replié à 3,3 milliards d'euros en mai, son niveau le plus bas depuis décembre 2017, grâce notamment aux exportations militaires qui ont atteint leur niveau le plus élevé des 15 dernières années, ont indiqué vendredi les douanes.

Le commerce extérieur connaît une embellie. Selon les derniers chiffres du service des douanes publiés ce vendredi 5 juillet, le solde des échanges s'améliore pour passer de -4,9 milliards d'euros en avril à -3,3 milliards en mai, soit une augmentation de 1,6 milliard. Il s'agit du déficit mensuel le plus faible depuis le point exceptionnel de décembre 2017 (-2,48 milliards), qui avait été marqué par de très bonnes ventes d'Airbus.

Sur les trois derniers mois, le solde s'améliore pour le deuxième mois consécutif après avoir plongé en février et mars. Sur les cinq premiers mois de 2019, le déficit cumulé de la balance commerciale française - en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés (CVS-CJO) - atteint 23,5 milliards d'euros, contre 28,1 milliards un an plus tôt. Ces performances favorables interviennent alors que la plupart des institutions anticipent un coup de frein du commerce planétaire pour 2019. Lors d'un récent point presse, le responsable du département de la conjoncture à l'Insee, Julien Pouget expliquait que :

"En matière de commerce international, cela fait plusieurs trimestres que les règles du jeu sont plus incertaines, avec des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la perspective du Brexit. L'incertitude porte sur l'évolution de ces tensions, comme les droits de douanes, mais elles portent aussi sur le comportement des entreprises. Il y a des effets d'anticipation, notamment des entreprises britanniques qui ont massivement importé. Dans cet environnement international moins porteur, plus incertain, où le commerce mondial tend à ralentir, les politiques économiques s'ajustent."

Pour 2019, les économistes de l'Insee estiment que la contribution du commerce extérieur à l'économie française serait légèrement négative (-0,1 point) après une année 2018 plutôt favorable (+0,7 point) au regard des années précédentes. L'activité serait principalement boostée par la demande intérieure si les Français privilégient la consommation à l'épargne.

> Lire aussi : En 2019, l'Insee anticipe un fort ralentissement de l'économie

Les ventes de matériel militaire au plus haut

Au mois de mai, les exportations en général ont fortement progressé en raison notamment des très bonnes ventes de matériel militaire. Elles ont doublé par rapport au mois d'avril et atteindraient même un record depuis 15 ans. Outres ces bons scores, les livraisons de matériel aéronautique se portent également également très bien avec une progression de plus de 10% par rapport à avril. Avec 37 appareils Airbus livrés pour 3,34 milliards d'euros (contre 33 appareils pour 2,67 milliards en avril), elles ont atteint leur plus haut niveau depuis le pic de décembre 2017, mois au cours duquel une soixantaine d'appareils avaient été livrés.

Les exportations ont progressé plus vite que les importations

En mai, les importations sont reparties à la hausse après leur recul de 2,7% en avril mais n'ont connu qu'une faible progression. Elles ont enregistré une hausse de 0,8% (+0,3 milliard), pour atteindre un montant de 47,5 milliards d'euros. Les exportations, qui s'étaient repliées de 2,1% en avril, ont en revanche bondi de 4,6% (soit une hausse de 2 milliards d'euros), pour un montant total de 44,3 milliards d'euros.

Par zones géographiques, le déficit avec les pays hors Europe a diminué en mai à 2,08 milliards d'euros, après 3,65 milliards en avril. Celui avec les autres pays de l'Union européenne s'est creusé à 3,40 milliards (contre 2,75 milliards en avril). Avec la seule zone euro, il s'est inscrit à 3,67 milliards, contre 3,07 milliards un mois plus tôt.

La balance des transactions courantes en excédent

La balance des paiements affiche de son côté un bilan excédentaire. Selon un communiqué distinct de la Banque de France,  le solde s'établit à 300 millions d'euros au mois d'avril en données corrigées des variation saisonnières contre -1,2 milliard en mars. "Cette amélioration provient principalement de la progression du solde des biens hors énergie, qui enregistre un excédent de 1,8 milliard d'euros. En revanche, l'excédent des services diminue de 0,6 milliard d'euros (à 1,8 milliard), notamment en raison des services de voyages, dont le solde diminue de 0,3 milliard", explique la banque centrale.

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Commentaires
a écrit le 06/07/2019 à 10:31 :
Bien que je sois complètement maboul, ma boule de cristal est vraiment haut de gamme.
:>))
Réponse de le 07/07/2019 à 11:03 :
Tandis que de janvier à avril (4 mois) l'excèdent de l'Allemagne a fondu de 6 Md, et que le déficit du Royaume-Uni a augmenté de 10 Md, pour atteindre 65,4 Md sur 4 mois. Notre champion européen a encore une bonne chance de dépasser les - 200 Md cette année. Et ça voudrait nous donner des leçons..........
a écrit le 06/07/2019 à 10:09 :
Peut-être aussi que l'industrie est plus compétitive, parce qu'elle est moins taxée.
En attendant les relocalisations.
Mais qui osera dire ou écrire que la politique du gouvernement Macron va dans le bon sens et libère les énergies, et que l'économie française est entrée dans une spirale positive ?
Personne dans les salons parisiens, ni dans les médias, ni chez les écolos, ni dans la vieille droite ringarde et les archéo-socialistes, ni chez les madéristes de tous poils et autres GJ, bien entendu.
Réponse de le 06/07/2019 à 11:15 :
Evidement que moins taxée, l'industrie devient plus compétitive.
Le CICE tellement critiqué entre 2014 et 2017 par tous, à commencer par la gauche du PS, le MEDEF, la CGT, LFI et l'ex-UMP.........
Ce n'est qu'une des raisons pour laquelle dans ce marasme économique la France fait de la résistance et tracte petitement l'économie de l'UE, contre vents et marée.
Le droite paye son omission sur bilan-Sarkozy et son opposition idéologique systématique aux réelles bonnes mesures prises sous Hollande qui auront fini par booster nos startups et PME.
La critique est toujours facile, mais quand vient l'heure du bilan....
La gauche paye ses divisions sous le précédent quinquennat et est en perdition comme la CGT. Cette dernière paye le prix des postures de ses dirigeants nationaux, tous comme LFI.
La politique politicienne est donc sanctionnée, à droite comme à gauche, et c'est une très bonne chose, ce qui avait été nommé le dégagisme est toujours d'actualité. et même le MEDEF doit se remettre en question.
Faites vos jeux, rien ne va plus !
a écrit le 05/07/2019 à 14:37 :
Le jour où on aura enfin purgé nos déficits énergétiques abyssaux en énergie fossile en accélérant… que dire en misant massivement sur les EMR, on aura enfin une balance commerciale à l'équilibre mais aussi une balance des paiements franchement dans le vert. A tous points de vue...
a écrit le 05/07/2019 à 14:27 :
Allez! Une "bonne" guerre et nous sommes sortis d'affaire!

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