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ÉconomieFrance

Paris-2024 : des JO à 3 milliards d'euros, seulement ?

Photo de Philippe Mabille

latribune.fr

Publié le 20 juin 2015 à 11:40 - Mis à jour le 20 juin 2015 à 11:45

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Les JO à Paris en 2024 seraient, d'après leurs promoteurs, « modestes et raisonnés » avec un budget d'organisation d'environ 3 milliards d'euros et peu d'équipements durables à construire. De quoi coller aux nouvelles attentes du CIO.

Etape décisive, la campagne de candidature de Paris aux jeux Olympiques de 2024 a un coût. Estimé pour Paris à 60 millions d'euros, il comprend le financement du comité de candidature --probablement créé sous forme de GIP à la rentrée-- qui comptera jusqu'à une cinquantaine de salariés jusqu'à l'été 2017, date de l'élection à Lima, la réalisation du dossier technique et surtout la communication, nationale et internationale, autour du projet. Pour assurer ce dernier point, Paris s'apprête à sélectionner un cabinet de consultants internationaux.

Le budget de la candidature sera, pour le volet public, pris en charge par la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et l'Etat. La partie privée sera abondée par des entreprises partenaires ainsi que par le système de financement participatif que le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) va lancer en septembre en appelant les Français à marquer par un don leur soutien à Paris-2024.

Une fois les Jeux acquis, leur budget d'organisation, appelé budget COJO (pour comité d'organisation des jeux Olympiques) est comparable d'une édition sur l'autre. Il oscille entre 3 et 4 milliards de dollars (2,65 à 3,5 milliards d'euros) et est peu ou prou toujours à l'équilibre. Au poste des dépenses, les frais nécessaires à la tenue des JO et de leur pendant paralympique: le gîte, le couvert et le transport des athlètes, l'installation et le déplacement des médias et accrédités, l'embauche de personnel, les factures d'énergie ainsi, surtout, que les installations sportives temporaires, destinées à disparaître après les Jeux.

Pour ces postes, le CIO octroie au Cojo, une enveloppe d'un milliard de dollars (883 millions d'euros), qui devait monter à deux milliards (1,76 milliard d'euros) à partir des JO-2020 à Tokyo, issus des droits de retransmission télévisée et de son programme marketing. Lors de la réception des villes candidates à Lausanne, début juin, le CIO a pondéré cette promesse: l'enveloppe sera d'au moins 1,5 milliard de dollars. Ce sera ensuite au Cojo de compléter la différence par la billetterie et les recettes tirées du programme national de marketing. Dans tous les cas, les sources de financement sont privées, seuls 3% du budget Cojo destiné à la tenue des jeux Paralympiques étant de l'argent public. C'est ainsi que "les Jeux financent les Jeux" aime à dire Bernard Lapasset, patron de l'Association Ambition Olympique et probablement de la future candidature.

Le cas d'Athènes 2004 fait peur

Comment, de ce fait, hérite-t-on de factures exponentielles parfois délétères pour l'économie globale de certains pays, comme ce fut le cas à Athènes en 2004 ? Si Pékin a construit un troisième aéroport pour 2008, si Londres a profité des JO pour réhabiliter un quartier et moderniser ses transports, si Barcelone s'est doté d'un front de mer et Sotchi d'un tout-à-l'égout, ces équipements structurants survivent aux Jeux.
Traditionnellement, le CIO réclamait aux villes candidates l'estimation d'un budget hors-Cojo. C'est ce dernier que l'on retenait à l'issue des Jeux. Il incluait les infrastructures sportives durables ainsi que tous les aménagements pérennes nécessaires à leur bonne tenue, en général des moyens de transport. Cette ligne budgétaire parfois injustifiée devrait disparaitre des futurs dossiers de candidature, le CIO ayant mesuré son effet désastreux sur son image.

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En ce qui concerne Paris-2024, ce budget hors-Cojo est estimé par ses promoteurs à moins de 3 milliards d'euros et serait abondé par 50% d'argent public. Il comprend la construction d'un village olympique d'un coût de 1,7 milliards d'euros (transformé dans un second temps en logements), d'un centre des médias, d'une piscine et des travaux d'accessibilité pour les handicapés dans les transports. Ces derniers, estimés à 200 millions d'euros sont l'exemple parfait de l'effet accélérateur des JO sur les infrastructures publiques. "Faut-il pour autant les intégrer dans le coût des Jeux?", s'interrogent leurs partisans.

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De même, le réseau de transport du Grand Paris ayant été voté et budgété avant la candidature, il n'entre pas dans la colonne des dépenses. "Le défi est de faire en sorte que ces projets correspondent aux vrais besoins du pays", répète Bernard Lapasset. Et s'inscrive dans un véritable plan de développement à dix ou vingt ans comme à Barcelone ou Londres."

(avec AFP)

latribune.fr

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