En 2024, le pouvoir d'achat des Français a augmenté de 2,1 %. Pourtant, la consommation stagne, alimentant l'inquiétude. Les économistes évoquent des biais cognitifs et des effets transitoires.Les Français auraient-ils torts de se plaindre de leur pouvoir d'achat en 2024 ? « Sur l'année 2024, il y aura eu une hausse du pouvoir d'achat des ménages », a tenu à souligner Jean-Luc Tavernier, directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), sur France Inter lundi. Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee, publiée le 17 décembre, en 2024, les ménages ont en effet « connu de nets gains de pouvoir d'achat (+2,1 % après +0,9 % [en 2023] ».
Dans le détail, le revenu disponible brut (RDB) a enregistré un acquis de croissance de +4,2% sur l'ensemble de l'année, selon les chiffres de l'Insee publiés à l'issue du troisième trimestre. Dans le même temps, l'Insee anticipe une inflation autour de 2% en 2024, soit une hausse deux fois moindre, selon Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l'Insee. Ce qui se traduit donc par une hausse du pouvoir d'achat.
« Cette reprise du pouvoir d'achat était attendue et est le fait du retard d'indexation », explique Dorian Roucher, contacté par La Tribune. Le chef du département de la conjoncture de l'Insee rappelle que les salaires sont négociés et les retraites indexées sur la base de l'inflation de l'année passée, ce qui justifie qu'en 2022, « il y a eu une perte de pouvoir d'achat importante pour les retraités et salariés ».
En 2023, « l'inflation est restée élevée et les salaires n'ont que partiellement suivi - il n'y a que le Smic qui a été indexé - donc le pouvoir d'achat est resté assez terne », poursuit-il. En 2024, à l'inverse, « l'inflation a beaucoup baissé, alors même que les revenus nominaux ont augmenté - les retraites notamment ont été revalorisées de 5,3% sur la base de l'inflation passée - ce qui se traduit par une hausse du pouvoir d'achat ».