Remaniement : virage centriste et départs de ministres fragilisés ?
latribune.fr
SELECT USAGEUSAGE AGREEMENT SYSTEM ID:RTS23XFJIMAGE ID:RC144C323BE0SIZE:4293PX X 2927PXFILE SIZE:35MB ImageCITY: Paris COUNTRY: France PHOTOGRAPHER: Philippe Wojazer
Reuters
Remaniement : virage centriste et départs de ministres fragilisés ?
Édouard Philippe doit présenter sa nouvelle équipe ce mardi. Mais sur le successeur de Gérard Collomb comme sur l'ampleur de la recomposition politique de ce nouveau gouvernement, l'Elysée et Matignon n'ont rien laissé filtrer. Le point sur les hypothèses en cours à quelques heures de la fin du suspense.
Le remaniement du gouvernement provoqué par la démission de Gérard Collomb aura lieu sans doute ce mardi, selon plusieurs sources concordantes, et en tous cas avant le Conseil des ministres de mercredi, lequel sera suivi du départ du président pour le Sommet de la francophonie en Arménie.
Pour l'instant, c'est Edouard Philippe qui assure l'intérim au ministère de l'Intérieur, et de fait, c'est lui qui s'est rendu lundi soir au dîner de travail des ministres de l'Intérieur des six plus grands pays de l'UE. Lequel dîner se déroulait... à Lyon. Le Premier ministre était de retour à Paris dès ce mardi matin, pour plusieurs heures d'entretien avec le président Emmanuel Macron. Cet après-midi, il doit prendre la parole devant le groupe LREM de l'Assemblée.
Pour une fois, l'Elysée et Matignon n'ont rien laissé filtrer : l'ampleur des changements au gouvernement est la principale inconnue - mais pas la seule - de ce mouvement attendu dans les heures à venir.
Un "expert" à l'Intérieur ?
S'il s''agit d'un remaniement simple, il ne manque pas de candidats pour reprendre le poste de ministre de l'Intérieur laissé vacant par Gérard Collomb. Parmi les noms qui circulent, il y a des ministres en exercice comme Christophe Castaner, Jean-Yves Le Drian ou Gérald Darmanin.
Mais il y a aussi ceux de professionnels experts comme le procureur de Paris François Molins (une figure connue des Français notamment depuis les attentats de 2015), la directrice de la policie judiciaire (PJ) Mireille Ballestrazzi, le maire de Prades (Pyrénées-Orientales) Jean Castex, un haut fonctionnaire qui a servi Nicolas Sarkozy à l'Élysée, et enfin l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard, un autre proche de M. Sarkozy.
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S'il s'agit d'un remaniement plus large, Edouard Philippe pourrait remettre la démission de son gouvernement, comme c'est l'usage, pour être aussitôt renommé. Il pourrait alors solliciter de l''Assemblée nationale un vote sur une déclaration de politique générale.
"Si le président décide d'un remaniement ample et profond, c'est d'évidence qu'il faudra que le nouveau gouvernement demande la confiance", a fait valoir dans le JDD Richard Ferrand, nouveau président de l'Assemblée et rouage essentiel de la « Macronie ».
Recomposition politique au centre ?
Un remaniement plus large impliquerait d'une part une recomposition de l'équilibre politique actuel à l'intérieur du gouvernement mais aussi le départ de ministres fragilisés.
M. Ferrand plaide pour un "nouveau souffle", mettant notamment l'accent sur la nécessité de se "réconcilier avec les territoires".
La députée LREM Laurianne Rossi, issue du PS, plaide elle dans Le Parisien pour un rééquilibrage du gouvernement ouvert "au centre à la gauche sociale-démocrate".
Le secrétaire d'État Julien Denormandie pourrait, lui, obtenir un ministère de plein exercice au Logement.
Quant à Jacqueline Gourault, elle pourrait officiellement se voir attribuer les dossiers des collectivités locales.
Derrière elle, le gouvernement pourrait accorder une plus large place aux centristes du MoDem, qui ont donné des signes de mécontentement, notamment lors de l'élection au perchoir de Richard Ferrand.
Le chef de file des députés MoDem, Marc Fesneau, a été cité pour succéder à Stéphane Travert à l'Agriculture, mais pourrait aussi entrer à un autre poste. Les pistes de la Cohésion des territoires et des Relations avec le Parlement, ont également été évoquées.
Départs de ministres fragilisés ?
Détenteur du portefeuille de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard pourrait être poussé vers la sortie. Mais selon une source parlementaire bien informée, des piliers de la "Macronie" militent pour qu'il reste, car un départ de l'ancien président du groupe radical au Sénat "serait un mauvais message à envoyer au Sénat", notamment dans le cadre de la révision constitutionnelle pour laquelle chaque voix comptera.
Autre ministre fragilisée, Françoise Nyssen (Culture), gênée par une enquête préliminaire sur des travaux d'agrandissement dans les locaux parisiens de sa maison d'édition, Actes Sud.