Harley-Davidson décide de délocaliser, Trump pas content

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Harley estime que les tarifs douaniers européens vont se traduire par une hausse des coûts comprise entre 30 et 45 millions de dollars pour le reste de 2018 et d'une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine.
Harley estime que les tarifs douaniers européens vont se traduire par une hausse des coûts comprise entre 30 et 45 millions de dollars pour le reste de 2018 et d'une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine. (Crédits : Henry Nicholls)
En représailles à la guerre des tarifs douaniers lancée par les Etats-Unis, les Européens ont décidé d'imposer une série de produits comme les motos Harley-Davidson. Le fabricant américain, dont les coûts de fabrication ont sensiblement augmenté depuis l'instauration des taxes sur l'acier et l'aluminium européens, accumule les dommages collatéraux en voyant désormais ses motos frappées à leur entrée dans l'UE (son 2e marché) d'une surtaxe de 2.200 dollars par moto, soit une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine.

Donald Trump a critiqué lundi le constructeur moto Harley-Davidson qui a annoncé son intention de délocaliser une partie de sa production de deux-roues hors des Etats-Unis afin d'éviter les tarifs douaniers décidés par l'Union européenne à titre de représailles.

"Surpris que de toutes les compagnies Harley Davidson soit la première à hisser le drapeau blanc. Je me suis battu dur pour eux et finalement ils ne vont pas payer les droits de douane dans l'UE", écrit Trump.

"Les taxes sont seulement une excuse pour Harley - soyez patients !" ajoute-t-il en guise de conclusion sur compte Twitter.

Les Européens ciblent des produits fabriqués dans les Etats républicains

Les Européens ont décidé d'imposer des taxes douanières sur une série de produits en provenance des Etats-Unis à titre de représailles après la décision de Donald Trump d'imposer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium importés d'Europe par les Etats-Unis.

Les Européens ont choisi de manière ciblée les produits visés, notamment ceux qui touchent les Etats dirigés par les républicains. Les motos Harley-Davidson font partie des produits qui seront désormais taxés à leur entrée sur le territoire européen.

Le constructeur moto installé depuis 115 ans à Milwaukee dans le Wisconsin a expliqué dans un document présenté lundi que les droits prévus par les Européens se traduiraient par une hausse de 2.200 dollars (1.900 euros) en moyenne par moto exportée depuis les Etats-Unis vers l'Union européenne.

Actuellement le prix d'entrée de gamme de Harley-Davidson est en France de 7.490 euros.

Harley estime que les tarifs douaniers européens vont se traduire par une hausse des coûts comprise entre 30 et 45 millions de dollars pour le reste de 2018 et d'une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine.

En aggravant les coûts de production, Trump n'a pas tenu sa promesse

Trump avait promis de redonner tout son prestige au constructeur emblématique lorsqu'il avait pris ses fonctions l'an passé. Mais depuis, les mesures commerciales décrétées par le président américain se sont surtout traduites par des coûts pour Harley.

Fin avril, le constructeur expliquait que les tarifs douaniers imposés sur l'acier et l'aluminium allaient entraîner une hausse de 15 à 20 millions de dollars des coûts de fabrication pour le reste de l'année.

Le conseiller au commerce de la Maison blanche, Peter Navarro, a déclaré lundi que l'administration Trump voulait que Harley fabrique plus de motos aux Etats-Unis.

"Nous voulons que les Harley soient fabriquées ici, que plus soient fabriquées ici, et c'est ce qui va se passer avec la politique commerciale du président", a déclaré Navarro sur CNBC.

Trois unités d'assemblage au Brésil, en Inde et en Thaïlande

Interrogé sur les déclarations du conseiller présidentiel, un porte-parole de Harley a répondu que la compagnie avait clairement exposé sa position dans le document présenté lundi.

En 2017, Harley a vendu près de 40.000 nouveaux modèles en Europe, ce qui représente plus de 16% des ventes de la société. Les revenus tirés du marché européen sont les deuxièmes en valeur derrière ceux tirés du marché américain.

Accroître la production à l'étranger pourrait prendre entre 9 et 18 mois, juge Harley qui dispose de trois unités d'assemblage au Brésil, en Inde et en Thaïlande.

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[Cliquez sur l'infographie pour l'agrandir. Les ventes de motos Harley-Davidson par région du monde en 2017. Crédit : Statista*]

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(*) Une infographie de notre partenaire Statista.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 27/06/2018 à 15:35 :
L'Allemagne n'est pas protectionniste oui mais :
- je ne vois aucuns véhicules officiels (police,ambulance) autre que Made in DE (les appels d'offre ont donc un côté "culturelles")
- le consommateur allemand n’achète que allemand et rarement étranger.
- idem pour les japonais et les coréens .

Par contre le gogo français lui achète étranger par principe
a écrit le 27/06/2018 à 9:11 :
"Quand le sage montre l'horizon du doigt, l'imbécile regarde le doigt." Proverbe chinois.

Merci les médias de masse d'illustrer tellement bien ce dicton. Tandis que Trump nous fait payer des milliards nos médias se glorifient de la taxe sur harley davidson...
a écrit le 27/06/2018 à 8:28 :
Une harley construite ailleurs qu'aux US c'est comme un camembert du Neguev , ça n'a pas de sens. La petite harley produite en Inde n'est qu'une daube qui n'arrive pas au niveau des vraies bonnes copies japonaises.
a écrit le 27/06/2018 à 7:38 :
Passons maintenant au soja , au mac Do et a Apple and c° !
a écrit le 27/06/2018 à 3:59 :
Malgre les soins que certains thuriferaires dans ce blog qui persistent a dire que le blond peroxyde a raison de verouiller, force est de constater qu'ils se sont trompes et lourdement. Nous n'en sommes qu'aux tous debuts. Si trump ne se calme pas, les chinois sortiront l'artillerie lourde, les "avoirs" et titres americains en leur possession. De quoi faire plier de nombreuses valeurs au Nasdasq en particulier. A suivre.
a écrit le 27/06/2018 à 0:31 :
Un protectionnisme bien pensé et ciblé peut être une bonne chose à la condition que les avantages d'une taxe l'emporte sur les conséquences. Et les conséquences existent, il y a les mesures de représailles d'un côté et l'inflation de l'autre. Je pense que l'erreur de Trump est de s'attaquer à la Chine et à l'UE simultanément. Or concernant l'UE, seule l'Allemagne est réellement visée, les autres pays membres peuvent donc lancer des représailles sans avoir réellement à y perdre. De l'autre côté la Chine sait qu'elle n'est pas isolée dans ce dossier ce qui l'incite à tenir bon et à riposter (notamment en s'abstenant de financer la dette US).
Par contre si les USA s'étaient alliés avec l'UE pour faire plier la Chine, je pense que la Chine se serait sentie dos au mur.
a écrit le 26/06/2018 à 22:38 :
QUI SEME LE VENT RECOLTE LA TENPETE? EN ECONOMIE LES CAPITALITES NE SE FONT PAS DE CADEAUX? A QU EN LES PROCHAIN EPISODES QU ON VOIS QUI A LES PLUS GROSSES ??? ///LA PLANETE PEUT POURVOIR AUX BESOINS DE TOUS MAIS PAS A LA CUPIDITE DE CERTAIN /// GANDHI ///
Réponse de le 27/06/2018 à 0:02 :
Quand on se réfère à Gandhi, on évite d'écorcher ses citations.
Non seulement vous multipliez les fautes d'orthographe ("teMpête", "à quand", "prochainS", "voiT"), mais en plus vous ne comprenez même pas le sens de vos écrits...
"La planète peut pourvoir aux besoins de tous, mais pas à la cupidité de certainS" (écrire certain sans "s", change totalement le sens de cette citation).
Réponse de le 27/06/2018 à 7:46 :
Votre vérité ultime et intengible devrait être assez forte pour écrire en minuscules et sans fautes d'orthographe. Cela porterait plus de crédit à vos allégations.
Même Trump écrit en minuscules et pourtant son ego est assez disproportionné. Merci d'avance
a écrit le 26/06/2018 à 18:19 :
trump est furieux, il pensait imposer sa regle avec 0 reaction en face............ on attend son prochain tweet avec impatience!
un economiste disait qu'avec toutes ses mesures, il se tirait une balle dans le pied vu que son electorat aller payer l'addition rapidement au supermarche, sans que ca ne resolve quoi que ce soit.......
et on ne parle pas de la fed qui risque de devoir augmenter ses taux rapidement si l'inflation va plus vite que prevu! ( oui, avec hausse du dollar a la cle, eventuellement!)
a écrit le 26/06/2018 à 15:53 :
Il est marrant le grand blond avec une chaussure noire... il vient de se tirer une balle dans le pied. C'était pas si con finalement ce ciblage de produits symboliquement.
a écrit le 26/06/2018 à 14:55 :
Trump est en train de découvrir que le protectionnisme peut aussi se jouer à deux.

Il était parti du principe que l'Europe, comme le Canada ou la chine, prendraient peur et se coucheraient en acceptant n'importe quel deal, au pire ils plieraient au premier coup.

Il semblerait que ce soit son mode de fonctionnement en affaires, mensonges, bluff, intimidation et menaces, il est tout perdu quand ca ne marche pas. D'ou le coup de colère à l'issue du G7 quand Trudeau a annoncé que son pays appliquerait une politique réciproque de taxes.

Là Trump il est comme un gorille qui file une pichenette à un chimpanzée et se prend une baffe en retour.
a écrit le 26/06/2018 à 13:31 :
Apparemment ces fausses mesures de Européennes ne visent que des entreprises proches de l'entourage ou la région de Trump mais en aucun cas une réponse aux Etats-unis. Les entreprises américaines amies sont totalement épargnées (Apple, Microsoft, Google, Amazone, Coca cola, Mac Do, etc ...)
Réponse de le 26/06/2018 à 15:02 :
C'est ciblé vers ses sympathisants et électeurs, de faible amplitude vs les décisions US pour éviter l'escalade, faire un peu mal de façon ciblée sans affoler la "bête". :-) Ils nous taxent 100, on les taxe 10.
Étonnant que l'UE se prépare à un afflux d'acier et alu, ça voudrait dire que les USA, avec la taxation Trump, s'en priveront ? Peut-être pour ça que le constructeur de motos veut fabriquer ailleurs, avec des métaux à un prix 'normal'.
Réponse de le 26/06/2018 à 17:35 :
Coca Cola, McDo, Amazon sont certes des entreprises US mais elles exercent leurs activités en dehors des USA (les steacks hachés de McDo et le Coca vendus en Europe y sont produits, et de même Amazon, pour son activité de vépéciste, tout est expédié depuis l'Europe, rien ne vient des USA).
Que ces entreprises soient épargnées est donc normal (de même par exemple que Ford ou GM qui ne commercialisent en Europe que de très rares voitures fabriquées aux USA). Il y a gros à parier que FCA rapatrie aussi en Italie la production des Jeep qui n'y sont pas encore produites (comme la Renegade) et destinées au marché européen.
Réponse de le 26/06/2018 à 17:39 :
Apple s'est prit un redressement fiscal de 13 milliards, Google s'est prit une amende de 1,2 milliards et est poursuivi actuellement pour abus de position dominante, la taxe numérique sur le CA est en cours d'élaboration et le rgpd ça cible qui à votre avis? Quant à Coca-Cola et McDonald, on ne peut pas les taxer ils produisent en France et créent bien plus d'emplois que les 4 gafa réunis. Renseignez-vous un peu.
Réponse de le 27/06/2018 à 8:23 :
Ne pas oublier aussi de taxer à 1000% les séries américaines abrutissantes.
Concernant Apple et autres Gafas, mettre des taxes records en plus des amendes pour fraudes fiscales.Et des taxes aussi sur les mac do et coca, produit ou non en France, on s'en fou.Il faut de la détermination comme notre ami Trump.
Réponse de le 27/06/2018 à 8:45 :
@fma44 Taxer mcdo punit davantage la France que les USA ...
Réponse de le 27/06/2018 à 10:37 :
L'attaque de Trump était sur un sujet marginal, la riposte européenne l'est aussi. Marginal mais symbolique et bien ciblé, concernant les européens, marginal et stupide et mal ciblé concernant les USA.
Attaquer les "bigs" américains, cela serait mettre de l'huile sur le feu, et techniquement nettement plus compliqué - les multinationales américaines exportent du savoir-faire, des services plus que des produits Exemple de Mac Do par exemple. Facile de taxer les IPhone, mais pour info, ils viennent de CHine.
a écrit le 26/06/2018 à 13:09 :
@clairvoyant
Il faudra nous expliquer pourquoi la chine fait autant de protectionnisme des lors.
D'ailleurs ou sont nos industries en europe ? Que s'est il passé en 20 ans ? Et pour les prochaines 20 années ? Voila ce que l'on fait vos economistes.
Remarquons que cette société avait déjà délocalisé dans des pays au niveau social presque nul.
Ca c'est déjà le premier souci . Des inégalités sociales abberantes.
Réponse de le 26/06/2018 à 14:26 :
La Chine fait du protectionisme car c'est une régime communiste administré. Et vous remarquerez justement que la Chine a commencé à rattraper son retard et à développer une classe moyenne précisément lorsqu'elle s'est ouverte au monde. La Chine est l'exemple même que moins de protectionisme = plus de richesse.

Nos industries ? Elles ont disparu en grande partie parce que nous n'avons pas su être réactifs. Il fallait abandonner rapidement les vieilles industries du 19 et 20ème siècle à faible valeur ajoutée, et développer les nouvelles à forte spécialisation et valeur ajoutée. D'autres pays l'ont fait bcp mieux que nous, et gardent un secteur industriel florissant. L'Allemagne n'est pas spécialement protectioniste que je sache, et le % de l'industrie dans son PIB est largement supérieur au nôtre.

Le protectionisme renforce les inégalités, ne vous y trompez pas. Car lorsqu'il finira inévitablement par créer de l'inflation, ce ne sont pas les riches qui en souffriront les premiers. Je ne comprends pas qu'on puisse espérer améliorer quoi que ce soit en rognant le pouvoir d'achat des classes moyennes et en réduisant les débouchés des entreprises !
a écrit le 26/06/2018 à 12:55 :
Voilà ce qu'il se passe lorsque une zone économique de taille comparable vous donne un peu de votre propre médicament. Je suis sûr que Citoyen Blasé va encore nous faire de grandes envolée lyriques et fantasmatiques sur "l'UE néo-libérale" et sur "Trump qui secoue le système".

La réalité froide et tangible est toute autre: moins d'échanges, moins d'opportunités, plus de taxes et de complexité = moins de création de richesse et donc moins d'emplois. Et ce des deux côtés de l'Atlantique. L'économie, c'est un domaine sérieux dans lequel les coups de mentons et les décisions à l'emporte-pièce n'ont que des effets néfastes. Haters gonna hate.
Réponse de le 26/06/2018 à 14:52 :
Je partage votre point de vue sur l'intérêt du commerce international.
Cependant je pense que citoyen blasé fait des commentaires argumentés, si ce n'est les plus argumentés parmi les commentateurs de la tribune.

Alors en appeler aux haters, c'est un peu jouer eu troll!?!

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