La croissance mondiale se rapproche des 4%

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Reuters/Lucy Nicholson
La croissance mondiale devrait se renforcer dans les deux années à venir. Selon les dernières projections de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publiées ce mercredi 30 mai, le produit intérieur brut (PIB) de la planète devrait s'élever à 3,8% en 2018 et 3,9% en 2019 après 3,7% en 2017. Un niveau qui peut paraître historique au regard des dernières décennies mais la croissance mondiale pourrait être affectée par un certain nombre de risques. La crise institutionnelle et politique que traverse l'Italie actuellement est loin de rassurer les marchés et les investisseurs, même si un gouvernement technique devrait rapidement se mettre en place pour assurer les affaires courantes. L'organisation du nouveau scrutin dans plusieurs mois pourrait se transformer en référendum sur l'appartenance de la péninsule à la zone euro.
Cette moyenne mondiale masque évidemment des disparités régionales importantes. Si la moyenne des pays du G20 et celle des pays de l'OCDE illustrent une croissance vigoureuse pour les mois à venir (respectivement 4% et 2,6% en 2018, et 4,1% et 2,5% en 2019), ce n'est pas le cas de la zone euro. Selon l'institution internationale, la croissance de l'union monétaire devrait ralentir passant de 2,5% en 2017 à 2,2% en 2018, et 2,1% en 2019. La croissance soutenue de la zone euro pourrait donc être éphémère dans un contexte politique très fragile.
Aux États-Unis, la croissance devrait être robuste avec des taux estimés à 2,9% en 2018 et 2,8% en 2019, après 2,3% en 2017. "Les réductions fiscales et de plus fortes dépenses devraient contribuer au PIB américain à hauteur de 0,5 point à 0,75 point de pourcentage cette année et l'année prochaine", précise l'OCDE. En revanche, la politique économique de Donald Trump alimente toujours les incertitudes sur la croissance à long terme.
Parmi les autres puissances, l'activité en Chine devrait ralentir à partir de 2018 avec une croissance à 6,7% en 2018 et 6,4% en 2019, après 6,9% en 2017. Cette trajectoire correspond à la volonté des dirigeants chinois d'opérer une transition économique. En Inde, l'économie devrait rester vigoureuse avec un PIB estimé à 7,4% en 2018 et à 7,5% en 2019. De même qu'au Brésil, l'activité devrait rebondir en 2018 (2%) et en 2019 (2,8%) alors que le pays a traversé une grave crise économique et politique menant le pays dans une profonde récession.
Conformément aux différentes prévisions françaises, la croissance économique devrait ralentir selon les économistes de l'institution basée à Paris. Après un taux exceptionnel à 2,3% en 2017, la croissance devrait se stabiliser à 1,9% au cours des deux prochaines années. Cette activité antérieure a été soutenue par "une accélération des exportations en 2017 dans le contexte d'un renforcement du commerce mondial, la livraison de matériel aérien et un rebond des exportations dans l'agriculture et le tourisme". Le taux de marge des entreprises s'est amélioré et les conditions de financement restent favorables.
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Si l'OCDE explique que la croissance économique devrait "se situer à un rythme soutenu proche de 2% grâce à une forte demande externe et une confiance robuste des entreprises", le gouvernement devrait "avoir des difficultés sur le plan politique pour mettre en oeuvre toutes les réformes envisagées".
Malgré un renforcement de la croissance mondiale, plusieurs risques pèsent sur la conjoncture. Les mesures protectionnistes annoncées par les États-Unis pourraient peser sur la vigueur du commerce mondial. "L'annonce de nouvelles mesures de restriction en matière de politique commerciale a déjà commencé à affecter défavorablement la confiance dans plusieurs pays" selon le rapport.
Pour les experts de l'organisation internationale, même si la mise en place de restrictions n'a rien de nouveau, "une prochaine escalade des tensions pourraient affecter de manière significative l'expansion économique" en raison du niveau d'intégration de l'économie mondiale.
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Le second risque abordé concerne la montée des prix du pétrole. L'année dernière, le prix du baril de Brent a presque augmenté de 50%. "La persistance des prix élevés pourrait accroître les pressions inflationnistes et aggraver les déficits commerciaux de plusieurs pays". Enfin, la remontée des taux d'intérêt pourrait représenter un défi pour les États, les entreprises et les ménages très endettés.
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