La Norvège ne puisera pas dans son fonds souverain pour ne pas doper l'inflation
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La croissance encourage, d'ordinaire, à être moins rigide en matière d'austérité budgétaire. Mais la Norvège, pays qui engrange des milliards de recettes liées à la vente de ses hydrocarbures en Europe pour pallier aux ruptures commerciales avec la Russie, entend garder le contrôle budgétaire. Plutôt que d'aller ponctionner dans son fonds souverain, le plus important du monde avec près de 1.200 milliards d'euros d'actifs et qui grossit à vue d'oeil avec la crise énergétique, le gouvernement norvégien choisit de ne pas toucher à sa précieuse cagnotte pour éventuellement réduire son déficit.
Pour justifier cette parcimonie, l'Etat scandinave anticipe des dépenses budgétaires considérables en 2023. Ensuite, puiser dans son fonds souverain pour couvrir le déficit pourrait entraîner une hausse de l'inflation et des taux d'intérêt, a expliqué le ministère des Finances norvégien.
Pourtant, l'économie norvégienne connaît ces derniers mois une période porteuse. Choisi comme fournisseur remplaçant de la Russie en guerre en Ukraine, le pays a vu son excédent commercial atteindre 197,7 milliards de couronnes (19,6 milliards d'euros) en août, tiré par les exportations de gaz dont la valeur s'est élevée à 176,4 milliards de couronnes.
Mais contrairement aux gouvernements des pays européens qui ne freinent pas la dépense publique afin de financer des aides à destination des ménages et des entreprises fortement pénalisés par l'inflation, le pays nordique veut éviter l'effet de spirale :
Pour rappel, la Banque centrale de Norvège a relevé en août dernier et pour la cinquième fois - en moins d'un an - son taux directeur. Et de ne pas exclure un sixième relèvement en septembre si nécessaire pour juguler une inflation qui a atteint 6,8% sur un an en juillet. Soucieux de maintenir le pouvoir d'achat de ses sujets, le royaume de Norvège cherche, comme en 2018, année d'investissements pétroliers, à créer une trajectoire stable.
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Mais dans un contexte de forte inflation, l'exécutif norvégien s'attend à ce la consommation ralentisse. Et donc, que le revenu du gouvernement provenant des impôts et d'autres sources en dehors de l'industrie pétrolière augmentent beaucoup moins. Dans le même temps, il s'attend à voir augmenter les coûts prévus pour l'accueil des réfugiés, les projets de constructions publiques, le financement de l'électricité pour les ménages - de quelques 100 milliards de couronnes (9,28 milliards d'euros) en 2023 -, comparé à 2022, créant un écart budgétaire, ajoute le ministère.
Le gouvernement norvégien dévoilera son plan pour réduire cet écart lors de la présentation du budget pour l'année 2023 le 6 octobre.
(Avec Reuters)
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