Pour faciliter l'exploitation du minerai de fer, Rio Tinto a dynamité en mai 2020 le site de Juukan Gorge (Australie occidentale), site qui témoigne de la vie des Aborigènes il y a plus de 46.000 ans. Le scandale avait suscité d'importantes...
Reuters
CHRONIQUE DU "CONTRARIAN" OPTIMISTE. Un rapport sur la culture interne au sein du géant minier Rio Tinto dresse un constat accablant sur le comportement des cadres et d'employés à l'égard des femmes et des minorités. La direction veut en tirer les conséquences. Une initiative nécessaire pour un secteur déjà critiqué pour l'impact environnemental de ses activités.
Malgré les initiatives pour améliorer l'image de son activité, le secteur minier est perçu comme ayant des conséquences néfastes non seulement sur l'environnement mais aussi sur son personnel. C'est le constat que dresse un rapport indépendant publié au début du mois. Il établit l'ampleur des mauvais comportements au sein du géant minier Rio Tinto, révélant que 48% des travailleurs ont été victimes d'intimidation et 28 % des femmes ont été harcelées sexuellement.
Harcèlement "systématique"
L'enquête menée auprès de 10.000 employés de l'entreprise par Elizabeth Broderick, ancienne commissaire à la discrimination sexuelle en Australie, fait état d'"agressions sexuelles", de "viols", de "racisme", révélant une culture du harcèlement "systémique", devenue monnaie courante "dans toute l'entreprise". Une majorité d'hommes blancs est pointée du doigt pour leurs remarques à caractère sexiste faites aux femmes, une attitude favorisée par le fait que nombre d'activités minières sont situées dans des zones isolées contraignant une large part de ses 45.000 employés à vivre entre-soi.
Circonstance aggravante, soulignée par le rapport, les témoignages de femmes interrogées indiquent qu'aucune suite n'était donnée quand elles signalaient ce harcèlement sexuel. Les victimes devaient "supporter la situation seules, sans aucun soutien de leurs supérieurs ou des ressources humaines". La plupart des employés témoins de ces comportements abusifs ont admis avoir eu peur de les signaler par crainte d'être ostracisés.
Le rapport cite des témoignages d'employés qui évoquent également le racisme généralisé au sein d'une entreprise "à orientation caucasienne", autrement dit synonyme de "race blanche" ou "européenne".
Ce rapport a été commandité par la direction de Rio Tinto à la suite de la multiplication de signalements dans le sillage du scandale qui a éclaboussé le groupe, celui du dynamitage en mai 2020 d'un site du patrimoine culturel aborigène en Australie occidentale pour accélérer et optimiser l'exploitation du minerai de fer. L'affaire avait fait grand bruit, et avait poussé à la démission une large partie de la direction dont son directeur général, le Français Jean-Sébastien Jacques.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.