Le prélèvement à la source aggrave le déficit budgétaire de la France

Darmanin
Reuters
Le déficit du budget de l'Etat français s'est établi à 17,3 milliards d'euros à fin janvier, en hausse de 6,5 milliards par rapport à la même période il y a un an, selon les données publiées vendredi par le ministère de l'Action et des Comptes publics.
Au 31 janvier, les dépenses (budget général et prélèvements sur recettes) atteignent 31,6 milliards d'euros contre 33,6 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 5,9% à périmètre constant comme courant par rapport à la fin janvier 2018, en raison d'effets calendaires sur les dépenses du budget général.
A la même date, les recettes (nettes des remboursements et dégrèvements) s'élèvent à 19,3 milliards d'euros, contre 25,7 milliards à fin janvier 2018, soit une baisse de 24,6%, quel que soit le périmètre considéré.
Les seules recettes fiscales nettes s'inscrivent en baisse de 6,4 milliards, à 18,8 milliards, ce qui représente une chute de 25,2% à périmètre courant comme constant.
Cette baisse résulte de la mise en œuvre du prélèvement à la source qui modifie le rythme des décaissements et encaissements d'impôt sur le revenu en cours d'année, explique le ministère dans son communiqué.
Le solde des comptes spéciaux est déficitaire de 5,0 milliards d'euros à fin janvier contre un déficit de 2,8 milliards d'euros un an plus tôt.
En 2018, le déficit du budget de l'État français s'est établi à 76,1 milliards d'euros, se dégradant de 8,4 milliards par rapport à 2017 sous l'effet du coût des baisses de prélèvements obligatoires mises en œuvre l'an dernier, notamment la diminution de la taxe d'habitation et des cotisations salariales.
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Pour 2019, la loi de Finances anticipe une nouvelle hausse du déficit à 107,7 milliards d'euros, principalement sous l'effet du coût de la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges pérenne pour les entreprises et des mesures prises par le gouvernement en réponse au mouvement des "Gilets jaunes".