Liban : la crise des ordures exacerbe l'instabilité politique

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Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis dimanche 23 août dans la capitale libanaise pour protester contre le gouvernement d'union nationale du Premier ministre libanais Tammam Salam qui a menacé de démissionner.
Les protestataires, rassemblés près du siège du gouvernement dans le centre de Beyrouth, réclament des mesures pour mettre fin à la crise du ramassage des ordures ménagères. Las, les habitants de la capitale libanaise ont lancé cet été une opération baptisée "You Stink" ("Tu pues") visant directement le gouvernement et son inaction à mettre un terme à cette situation. Depuis plusieurs semaines, les ordures envahissent les rues. Mais cette "crise des ordures" n'est que la partie visible des dysfonctionnements d'un État à bout de souffle.
"Les gens manifestent parce qu'il n'y a plus d'électricité. Il y a un million de problèmes et les ordures ménagères ne sont que la goutte d'eau qui fait déborder le vase", explique Samer Abdoullah, un manifestant de 39 ans."Ce que nous voulons est de récupérer nos droits - l'électricité, l'eau et les ordures que nous voulons voir ramassées dans les rues", ajoute de son côté Ahmed Koubaissi, un militant d'une vingtaine d'années. Au problème endémique des ordures s'ajoutent les coupures de courant de plus en plus nombreuses.
Dans ce conflit, Le Premier ministre Tammam Salam est placé en première ligne. Il a appelé dimanche au calme et tendu la main aux manifestants, au lendemain d'un rassemblement qui a dégénéré en heurts faisant au moins 16 blessés parmi les manifestants et les forces de sécurité, selon la Croix rouge libanaise.
Le chef du gouvernement a également mis en garde ses concitoyens contre le risque d'un effondrement politique.
"Je préviens que nous allons vers l'effondrement si cette affaire continue", a-t-il ajouté en précisant qu'il pourrait démissionner : "honnêtement, je ne ferai pas partie et je ne collaborerai pas à cet effondrement".
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Si un tel scénario se produit, un gouvernement de transition serait mis en place mais ce départ provoquerait une crise constitutionnelle. Suivant la constitution libanaise, c'est le chef de l'État qui désigne le chef du gouvernement... sauf que depuis mai 2014, la présidence est vacante. Une première depuis la fin de la guerre civile de 1975 à 1990.
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Le Premier ministre a rappelé que l'État, fortement endetté, pourrait ne plus être en mesure d'acquitter les salaires des fonctionnaires le mois prochain et le Liban pourrait se voir classer dans la catégorie des "États défaillants". La dette publique atteint 143% du PIB, a précisé une source gouvernementale.
(Avec Reuters et AFP)
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