Tensions autour de Taïwan : Pékin affirme avoir terminé ses exercices militaires
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Les garde-côtes chinois ont expliqué avoir engagé des « inspections du maintien de l'ordre dans les eaux entourant l'île de Taïwan ».
Reuters
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Les garde-côtes chinois ont expliqué avoir engagé des « inspections du maintien de l'ordre dans les eaux entourant l'île de Taïwan ».
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[Article publié le lundi 14 octobre à 7h14, mis à jour à 12h40] Une démonstration de force. Les îles taïwanaises en périphérie de l'île principale ont été placées en « état d'alerte renforcée » en raison de manœuvres militaires chinoises entamées ce lundi. L'armée chinoise a, en effet, déployé des avions de chasse, des bombardiers et des navires de guerre. Avant de déclarer, ce midi, qu'elle avait « terminé avec succès » ses exercices militaires autour de Taïwan. « Les troupes (...) restent en état d'alerte constant, continuent de renforcer leur préparation au combat grâce à un entraînement intensif et déjoueront fermement toutes les tentatives séparatistes d'aboutir à l'indépendance de Taïwan », a déclaré Li Xi, un porte-parole de l'armée chinoise.
Avec cette manœuvre militaire, Pékin en a profité pour menacer l'île. « L'indépendantisme taïwanais et la paix dans le détroit de Taïwan (qui sépare le territoire insulaire de la Chine continentale, ndlr) sont deux choses parfaitement incompatibles », a affirmé lors d'une conférence de presse régulière Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, toujours ce lundi.
Dimanche, l'armée taïwanaise avait déjà affirmé être « en état d'alerte » après avoir détecté le porte-avions chinois Liaoning au sud de l'île. « Plusieurs bateaux » ont traversé la ligne médiane du détroit de Taïwan - en référence à la ligne qui coupe en deux ce détroit de 180 kilomètres de large entre l'île et la Chine continentale - et sont restés « dans nos eaux du nord, du sud-ouest et de l'est sous la forme de convois », ont indiqué les garde-côtes taïwanais dans un communiqué. Une équipe de l'AFP près de la base aérienne de Hsinchu, dans le nord de Taïwan, a également vu quatre avions de chasse décoller lundi.
Une opération militaire en forme d'avertissement aux « séparatistes » qui inquiète Washington. Si les Etats-Unis reconnaissent Pékin au détriment de Taipei comme pouvoir légitime depuis 1979, ils restent l'allié le plus puissant de Taïwan et son principal fournisseur d'armes. Dès vendredi, la Maison Blanche avait ainsi mis en garde contre toute « provocation » de Pékin à l'égard de Taipei après des échanges acrimonieux entre les deux voisins. Washington dénonce aujourd'hui des opérations « injustifiées » qui représentent un « risque d'escalade ».
De son côté, une porte-parole, Nabila Massrali, a appelé ce lundi « toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action qui pourrait encore renforcer les tensions dans le détroit (entre Taïwan et la Chine continentale), qui doivent être résolues par le dialogue. »
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Les exercices, baptisés Joint Sword-2024B, ont lieu « dans des zones au nord, au sud et à l'est de l'île de Taïwan » a ajouté le militaire chinois. Ils « se concentrent sur des patrouilles de préparation au combat mer-air, le blocus de ports et zones clés » , « l'assaut de cibles maritimes et terrestres » ainsi que « l'acquisition conjointe d'une supériorité globale ».
La chaîne de télévision officielle chinoise CCTV a diffusé ce lundi une vidéo intitulée : « Plus la provocation est grande, plus les rênes seront serrées ». Dans une autre vidéo publiée par un média d'Etat, le lieutenant-colonel Fu Zhengnan, chercheur à l'Académie chinoise des sciences militaires, a affirmé que ces exercices pouvaient se « transformer en combat à tout moment ».
De son côté, le président taïwanais Lai Ching-te a convoqué une réunion de sécurité face à ces manœuvres qui entrent « en contradiction avec le droit » international, selon le chef de la sécurité Joseph Wu. Le ministère taïwanais de la Défense a condamné lundi un « comportement irrationnel et provocateur » de la Chine, assurant avoir « déployé les forces adéquates pour réagir de manière appropriée dans le but de protéger la liberté et la démocratie, ainsi que pour défendre la souveraineté » de Taïwan. Dans ce contexte tendu, les garde-côtes taïwanais ont annoncé ce lundi avoir procédé à l'arrestation d'un ressortissant chinois après une possible « intrusion » sur l'une des îles en périphérie de Taïwan.
La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire à réunifier un jour et n'a jamais renoncé à employer la force militaire pour en reprendre le contrôle. Les différends entre Pékin et Taipei remontent à la longue guerre civile qui a opposé les combattants communistes menés par Mao Tsé-toung aux forces nationalistes de Tchang Kaï-chek. Défaits par les communistes, qui ont fondé la République populaire de Chine le 1er octobre 1949, les nationalistes se sont réfugiés avec de nombreux civils à Taïwan, l'une des seules parties du territoire national alors non conquises par les forces de Mao Tsé-toung.
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Mais la Chine a accentué la pression ces dernières années en renforçant son activité militaire autour de l'île, maintenant une présence quasi-constante à l'aide d'avions militaires et de navires. Pékin a organisé trois séries de manœuvres de grande ampleur ces deux dernières années, faisant intervenir son aviation et sa marine pour encercler l'île. Les relations entre Pékin et Taipei sont exécrables depuis 2016 et l'arrivée à la présidence taïwanaise de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024. Investi en mai, le nouvel homme fort de Taïwan s'était engagé jeudi dernier à « résister à l'annexion » chinoise de l'île ou « à l'empiètement de (sa) souveraineté », lors de la fête nationale taïwanaise.
(Avec AFP)
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