Taïwan: nouvelle aide américaine de plus d'un demi-milliard de dollars
latribune.fr
Au total, ce sont plusieurs milliards de dollars qui ont été alloués par les États-Unis en faveur de Taïwan, que la Chine considère comme l’une de ses provinces.
Reuters
Joe Biden a approuvé dimanche un paquet d'aide d'une valeur de 567 millions de dollars pour la défense taïwanaise, a indiqué la Maison Blanche. Une enveloppe débloquée quelques jours après des propos particulièrement offensifs tenus par le président américain contre la Chine, dénonçant son comportement « agressif » vis-à-vis de Taïwan notamment.
Nouveau (gros) soutien débloqué par les États-Unis en faveur de Taïwan. Le président américain Joe Biden a demandé à son secrétaire d'État Antony Blinken de permettre l'envoi « de jusqu'à 567 millions de dollars de matériel et services du ministère de la Défense, ainsi que de formations militaires, pour fournir une aide à Taïwan », selon un bref communiqué de la présidence américaine publié dimanche. Aucun autre détail n'a été rendu public au sujet de cette enveloppe.
Sa valeur se révèle en tout cas bien supérieure à celle approuvée en juillet 2023. Les États-Unis avaient alors acté une aide militaire de 345 millions de dollars, prélevés sur les stocks d'armement défensifs ou encore de « capacités anti-blindés et de défense anti-aérienne », à l'instar de ce qui se fait pour l'Ukraine depuis le début de la guerre. Et en avril dernier, dans le cadre d'un grand plan d'aide voté par le Congrès américain, plus de 8 milliards de dollars ont été mobilisés en direction de Taïwan pour permettre de tenir tête à la Chine sur le plan militaire en investissant dans les sous-marins, et sur le plan économique en concurrençant les gros projets chinois dans les pays en développement.
Au total, ce sont plusieurs milliards de dollars qui ont été alloués à l'archipel de 23 millions d'habitants que la Chine considère comme l'une de ses provinces. Pékin a intensifié la pression militaire et politique sur Taipei ces dernières années, en envoyant régulièrement des navires de guerre ou encore des avions de combat aux alentours de Taïwan. Si les États-Unis ne reconnaissent pas Taïwan comme un État et considèrent la République populaire de Chine comme son seul gouvernement légitime, ils apportent néanmoins à Taipei une aide militaire importante. Un soutien auquel Pékin s'oppose régulièrement, accusant Washington de se mêler de ses affaires.
Cette nouvelle enveloppe est par ailleurs annoncée dans un climat de tensions fortes entre les États-Unis et la Chine. Joe Biden a déclaré mi-septembre que la Chine mettait l'Asie et les États-Unis « à l'épreuve » en raison de son comportement de plus en plus « agressif », notamment en mer de Chine méridionale et vis-à-vis de Taïwan. Un total de 72 avions et huit navires de guerre chinois ont été détectés autour de Taïwan en une trentaine d'heures, a affirmé jeudi dernier le ministère de la Défense de l'île.
Pékin justifie ce déploiement par le fait que, la semaine dernière, plusieurs navires de guerre étrangers ont traversé le détroit de Taïwan. D'une part, deux navires militaires néo-zélandais et australien, une première en sept ans pour un bâtiment néo-zélandais, afin de faire valoir le « droit à la liberté de navigation », selon un porte-parole du ministère néo-zélandais de la Défense auprès de l'AFP. Et, d'autre part, et pour la première fois, un navire de guerre japonais.
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Cette traversée « s'inscrit dans un contexte plus large de présence navale accrue de la part des pays d'Asie et d'autres qui s'inquiètent des revendications maritimes de la Chine », a expliqué à l'AFP Bec Strating, professeure de relations internationales à l'université La Trobe en Australie. L'influence économique et militaire croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique et ses revendications inquiètent en effet les pays bordant ces eaux, dont les États-Unis sont aussi alliés.
Dans ce contexte, pour tenter de stabiliser ces relations tumultueuses, les rencontres de haut niveau se multiplient entre Chinois et Américains depuis l'an passé. Dernier exemple en date en fin de semaine dernière où, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, Antony Blinken a rencontré son homologue chinois, Wang Yi. Tous deux ont convenu, selon le secrétaire d'État américain, de l'« importance » qu'il y avait à ce que les dirigeants chinois Xi Jinping et américain Joe Biden puissent communiquer entre eux.
À ce sujet, Antony Blinken a dit s'attendre à ce que cela soit le cas dans les « semaines à venir », sans toutefois confirmer de date ou le format. La Maison Blanche avait précédemment indiqué début septembre que les deux pays avaient commencé à préparer un possible échange téléphonique dans les prochaines semaines entre les deux présidents. Leur dernier entretien remonte au mois d'avril. Ils pourraient néanmoins se rencontrer physiquement en marge de sommets au Brésil et au Pérou.