Mozambique : arrestation du ministre responsable d'une des pires crises financières d'Afrique

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La chaîne de télévision en continu STV Notícias (du groupe privé Soico Televisão, qui possède aussi le journal La Nation, O País) a rapporté dimanche 30 décembre l'arrestation de Manuel Chang en Afrique du Sud (RAS pour República da África do Sul).
La chaîne de télévision en continu STV Notícias (du groupe privé Soico Televisão, qui possède aussi le journal La Nation, O País) a rapporté dimanche 30 décembre l'arrestation de Manuel Chang en Afrique du Sud ("RAS" pour República da África do Sul). (Crédits : STV (Soico Televisao) / Capture d'écran))
Manuel Chang, ministre des Finances du Mozambique entre 2005 et 2015, avait négocié et signé secrètement des prêts d'un montant de 2 milliards de dollars. A cause de ce mensonge, le FMI et la Banque mondiale ont gelé leurs prêts au pays désormais le plus endetté d'Afrique. Arrêté à Johannesbourg sur le chemin de Dubaï, les États-Unis réclament l'extradition du ministre accusé d'"escroquerie en ligne", "fraude aux assurances" et "blanchiment d'argent".

L'ancien ministre mozambicain des Finances Manuel Chang, qui avait approuvé des prêts secrets ayant plongé son pays dans une crise financière, a été arrêté en Afrique du Sud en vue de son extradition vers les États-Unis, a annoncé la police lundi.

M. Chang, 63 ans, "a été arrêté samedi  (...) pour être extradé vers États-Unis" et "comparaît aujourd'hui (lundi) devant le tribunal de Kempton Park", près de l'aéroport international Tambo de Johannesburg, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police nationale, Vishnu Naidoo.

Arrêté sur le chemin de Dubaï

La police n'a pas donné davantage de précisions mais selon les médias du Mozambique, M. Chang a été interpellé à l'aéroport alors qu'il était en transit pour Dubaï (Émirats arabes unis).

Selon un document daté du 27 décembre demandant à la police sud-africaine de l'arrêter en vue d'une éventuelle extradition vers les États-Unis, l'ancien ministre est recherché pour conspiration à des fins d'"escroquerie en ligne", "fraude aux assurances" et "blanchiment d'argent".

M. Chang était ministre des Finances entre 2005 et 2015, sous la présidence d'Armando Guebuza. C'est vers la fin de ce mandat que des prêts d'un montant de deux milliards de dollars (environ 1,75 milliard d'euros) avaient été secrètement négociés et signés.

Le FMI ne veut plus prêter au pays le plus endetté d'Afrique

Cette dette cachée avait précipité le Mozambique dans sa pire crise financière depuis son accession à l'indépendance en 1975.

Fin 2017, la dette avait atteint 112% du produit intérieur brut (PIB), contraignant le pays à suspendre ses remboursements et provoquant la méfiance des investisseurs.

Des donateurs, dont le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, ont suspendu leur aide au Mozambique après que le gouvernement eut reconnu avoir secrètement emprunté les 2 milliards de dollars pour financer un plan de sauvegarde du littoral.

Reprise de l'audience devant le tribunal le 8 janvier

Un porte-parole de l'ancien président Armando Guebuza, Armindo Chavana, a reproché au gouvernement d'avoir échoué à protéger M. Chang.

"Les autorités mozambicaines ont eu des informations concernant le mandat d'arrêt mais elles n'ont rien fait pour protéger l'ancien ministre", a-t-il déclaré à Maputo.

Une source diplomatique mozambicaine en Afrique du Sud a déclaré à l'AFP que M. Chang a brièvement comparu lundi devant le tribunal et que l'audience reprendrait le 8 janvier à Pretoria.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/01/2019 à 19:12 :
Il s'agit d'emprunts et non de prêts. Ce n'est pas du tout la même chose.
a écrit le 31/12/2018 à 18:23 :
cooked!

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