Philippe Douste-Blazy : « L’économie sociale ne doit pas se transformer en Monopoly »
Laurence Bottero
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La Tribune - Vous évoquez dans votre dernier ouvrage, à plusieurs reprises, la nécessité d'une coopération internationale. C'est un sujet que l'on a souvent évoqué en termes de relocalisation industrielle. Vous insistez pour dire qu'il faut surtout un plan d'envergure européenne pour affronter des situations comme celles que nous vivons actuellement.
Philippe Douste-Blazy - Au niveau international, il n'existe aucun plan de lutte contre la pandémie. Le fait que la communauté internationale ne se soit pas dotée d'un plan, alors que l'on a inventé l'avion à réaction, paraît fou. Cela en dit long sur la réflexion politique de la santé. Il ne faut pas oublier que la santé est un bien public mondial comme l'eau ou l'éducation. Ce sont des biens mondiaux mais pas universels. Cette gouvernance mondiale qui finalement n'existe pas n'a pas compris que la santé doit être un bien public universel.
Vous estimez aussi que notre pays a besoin d'une refonte de grande envergure du système de santé.
Le système politique international a accepté que lorsqu'un médicament est découvert, il soit efficace mais cher, protégé par des brevets qui le rend accessible à seulement quelques millions de personnes. C'est choquant mais c'est nous qui acceptons de vivre comme cela. La santé doit-elle être considérée comme un bien capitalistique ? Comme une voiture ou un foulard de luxe ? C'est une extrême erreur que l'homme commet.
Votre ouvrage est préfacé par le professeur Didier Raoult. Comment expliquez-vous la cristallisation qui s'est faite autour de lui ?
Nicolas Sarkozy et Arnold Munnich (conseiller santé du président NDLR) ont créé quelque chose d'absolument nécessaire : les IHU. Six instituts hospitalo-universitaires ont vu le jour, au grand dam de l'Inserm qui y a vu une attaque personnelle. Cela a engendré des cicatrices extrêmement graves. Lors d'une épidémie, il est important de dépister massivement car en découvrant les cas précoces, on évite la contagion. Lorsque Didier Raoult a vu que cela ne se faisait pas, il a été catastrophé, en termes de santé publique. L'hydroxychloroquine et l'azythromycine fonctionnent s'ils sont pris au début de la maladie. Ce qui est dramatique, c'est pourquoi ne s'est-on pas donné les moyens d'une étude en double aveugle ? Pourquoi de fausses études ont été publiées dans deux revues reconnues ? La justice devra un jour s'intéresser à cela.
Laurence Bottero
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