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Relance chinoise : une nouvelle salve de mesures importantes attendue samedi

latribune.fr

Publié le 11 octobre 2024 à 12:42 - Mis à jour le 11 octobre 2024 à 12:44

Le géant asiatique s'est fixé comme objectif une croissance d'environ 5% cette année, un chiffre jugé optimiste par nombre d'analystes.

Le géant asiatique s'est fixé comme objectif une croissance d'environ 5% cette année, un chiffre jugé optimiste par nombre d'analystes.

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Plusieurs analystes s'attendent à ce que le ministre des Finances chinois annonce une série de mesures de relance, lors de sa conférence de presse ce samedi. Pékin semble, en effet, décidé à redynamiser son économie en crise afin d'atteindre son objectif de 5% de croissance à la fin de l'année.

Les investisseurs attendent beaucoup de la conférence de presse du ministre des Finances Lan Fo'an prévue ce samedi à 10h00 (04h00 à Paris). Pékin a seulement indiqué que le ministre présentera « un plan d'ajustement anticyclique de la politique budgétaire visant à promouvoir un développement économique de haute qualité ».

Mais nombre d'analystes sont déjà partis en conjectures. Le gouvernement chinois devrait annoncer ce weekend « 2.000 à 3.000 milliards de yuans d'émissions d'obligations d'Etat à très long terme », a avancé auprès de l'AFP, Gary Ng, économiste pour l'Asie-Pacifique chez Natixis, sous peine de décevoir à nouveau les marchés selon lui. Les mesures devraient concerner « l'immobilier, la consommation et les infrastructures », ajoute l'analyste.

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« Les autorités chinoises devraient envoyer un signal positif aux marchés, avec des mesures budgétaires radicales pour aider l'économie à se stabiliser », estime de son côté, Yue Su, analyste à l'Economist Intelligence Unit, qui attend jusqu'à 3.000 milliards de yuans (425 milliards de dollars, 390 milliards d'euros) d'aide.

Des doutes sur l'objectif de 5% de croissance

Si les observateurs ont les yeux rivés sur le ministre, c'est parce que le rôle du gouvernement chinois dans l'avenir de l'économie chinoise va être particulièrement décisif.

La deuxième économie mondiale tente depuis la levée en 2022 des restrictions liées à la pandémie de Covid-19 de relancer sa croissance et son activité. Mais elle est depuis restée confrontée à de multiples problèmes, notamment une crise prolongée de la dette dans le secteur immobilier, une consommation chroniquement faible, et un taux de chômage élevé chez les jeunes.

Pour autant, les autorités chinoises ont assuré mardi être « pleinement confiantes » dans le fait d'atteindre l'objectif de croissance du PIB en 2024. Le géant asiatique s'est fixé comme objectif une croissance d'environ 5% cette année, un chiffre jugé optimiste par nombre d'analystes.

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De premières mesures qui n'ont pas convaincu

« Les enjeux sont forts, la plupart des observateurs s'accordent sur le fait que les récentes annonces de relance n'apporteront pas grand-chose, sauf à être soutenues par des mesures budgétaires », estime dans une note Julian Evans-Pritchard de Capital Economics. « Trois facteurs seront essentiels pour déterminer l'impact des mesures de relance: leur ampleur, les secteurs qu'elles ciblent et leur rapidité », dit-il.

Fin septembre, les autorités chinoises ont déjà lancé une première salve de mesures, d'une ampleur sans précédent depuis des années, dont des réductions de taux et des prêts immobiliers plus accessibles. Les taux d'intérêts des prêts à un an accordés aux institutions financières ont été réduits, de même que le montant des liquidités que les prêteurs doivent conserver, et les autorités ont poussé à la baisse les taux des prêts hypothécaires existants. Ces mesures ont fait s'envoler de plus de 20% les bourses de Hong Kong et de Chine continentale, qui se sont pris à espérer que les autorités parviennent à maîtriser les problèmes.

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Mais les investisseurs attendent plus. Ils ont été extrêmement déçus mardi par une réunion de l'agence de planification du pays, où n'a été dévoilée aucune nouvelle mesure de relance. Du coup, les marchés chinois ont plongé mercredi (-6,62% à Shanghai et -8,65% à Shenzhen à la clôture).

Le lendemain, la banque centrale chinoise a annoncé l'ouverture d'une enveloppe de liquidités de 500 milliards de yuans (65 milliards d'euros), qui pourra être élargie, dans laquelle des entreprises cotées ou des compagnies d'assurances pourront puiser pour acheter des « actifs liquides de haute qualité » comme des bons du Trésor, ou des obligations à court terme de la banque centrale.

Changement de logiciel

Reste que l'incertitude demeure sur la reprise de l'économie chinoise. Pour les experts interrogés par La Tribune fin septembre, la croissance ne rebondira que lorsque la communication du gouvernement auprès des entreprises et des investisseurs privés changera.

« Il faut que Pékin redevienne "pro business" comme il y a 5 ou 6 ans, expliquait alors Bruno Vanier, gérant chez Gemway AM, qui regrette que l'Etat ait sanctionné les grosses entreprises technologiques du pays et effrayé tous les chefs d'entreprise. » Et d'ajouter: « Si le gouvernement permet à nouveau aux entreprises profitables de grossir et aux investisseurs d'avoir confiance en elles, cela va permettre de résorber le chômage, d'augmenter les salaires et donc de potentiellement relancer la consommation », ajoutait le gérant.

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Mais pour beaucoup, cette remise en cause de la domination de l'Etat sur les acteurs privés n'est pas pour demain. « Pékin considère que laisser les grandes entreprises se développer pourrait nuire à son autorité. La baisse de la croissance et la déflation sont donc un prix nécessaire à payer, selon le Parti communiste chinois, pour que le capital privé reste sous contrôle étatique », rappelait déjà en juillet à La Tribune, l'investisseur spécialiste de la Chine David Baverez.

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Donner plus de liberté aux épargnants chinois pourrait être une autre solution pour redynamiser la croissance du pays selon Sylvain Bersinger, économiste au cabinet de conseil Asterès. « Lever les contrôles de capitaux permettrait aux ménages d'investir dans d'autres pays où les placements sont plus rentables. Grâce à cela, ils s'enrichiraient et pourraient alors consommer à nouveau et relancer l'économie », détaillait l'économiste d'Asterès fin septembre. Mais là encore, « le gouvernement refuse car il veut garder le contrôle sur sa population », avait-il conclu avant de confier être « toujours pessimiste sur le futur de la Chine. »

(Avec AFP)

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