Le Politburo, à la tête de l’Etat chinois, a esquissé jeudi une série de mesures à venir, pour relancer la croissance et la consommation dans le pays. Une annonce, faite quelques jours après celle de la Banque centrale chinoise qui laisse néanmoins nombre d’observateurs sceptiques, tant les zones d’ombre et les défis sont nombreux.
Face au ralentissement économique, le gouvernement chinois va donner un coup d'accélérateur. C'est en tout cas le message qu'a fait passer le Politburo, ce jeudi, en affirmant vouloir déployer les « dépenses budgétaires nécessaires » pour atteindre l'objectif de croissance économique d'environ 5% cette année. Pékin projette notamment d'injecter jusqu'à 1.000 milliards de yuans (128 milliards d'euros) dans ses banques d'Etat pour accroître les liquidités dans son système financier, selon Bloomberg.
« S'il faut faire attention aux effets d'annonce, c'est indéniablement une bonne nouvelle » se réjouit auprès de La Tribune, Bruno Vanier, gérant chez le gestionnaire d'actifs spécialisé dans les pays émergents Gemway AM. « Cela va probablement donner un coup de pouce à l'économie chinoise », ajoute Sylvain Bersinger, économiste au cabinet de conseil Asterès.
Et pour cause, depuis la sortie de la crise du Covid-19, l'ex-empire du Milieu est à la peine. Le géant asiatique est en proie à une crise inédite de son vaste secteur immobilier, une confiance morose des ménages et des entreprises, ce qui pénalise la consommation, tandis que les tensions géopolitiques avec Washington et l'Union européenne menacent son commerce extérieur. D'ailleurs, les dirigeants chinois, au sommet desquels se tient le Président Xi Jinping, ont reconnu ce jeudi, de nouveaux « problèmes » pour leur économie selon un média d'Etat.
Pékin s'attaque enfin au problème de la consommation
En réponse à la crise, lundi dernier, la Banque centrale chinoise a annoncé réduire le taux de réserves obligatoires (RRR) des banques commerciales pour leur permettre de prêter davantage aux entreprises et ainsi soutenir l'économie réelle. Dans le même temps, elle a décidé d'abaisser « les taux d'intérêt des prêts hypothécaires existants » dans l'immobilier.
« Il s'agit d'une relance monétaire classique tournée vers les banques et l'immobilier, mais il manquait un volet budgétaire, c'est-à-dire des mesures de l'Etat pour soutenir les entreprises et les individus », note le gérant de Gemway AM. C'est chose (en partie) faite.
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