La déclaration finale du sommet de Hangzhou en Chine affiche une unité de façade pour soutenir le commerce mondial, relancer la croissance et s'opposer au protectionnisme. Mais ces deux jours de discussions entre les dirigeants du G20 mettent surtout en exergue -une fois encore- les divergences d'intérêts et de points de vue. Revue de détail.
Lundi matin, la déclaration de François Hollande, à l'issue d'une conférence de presse, sonne comme un rappel à l'ordre, un brin exaspéré : "Jean-Claude Juncker peut poursuivre, mais la position de la France est claire", a fait savoir le chef de l'État français, opposé en l'état à la poursuite de ces négociations.
Protectionnisme : le double-jeu chinois
À l'issue de ces deux jours de rencontre à Hangzhou, le président chinois, Xi Jinping, a fait savoir que le club des puissances mondiales était parvenu à s'accorder sur la nécessité de "s'opposer au protectionnisme".
"Nous nous sommes accordés pour soutenir le système d'échanges commerciaux multilatéral et nous opposer au protectionnisme", a déclaré M. Xi, lors d'une conférence de presse concluant le sommet.
Dans leur communiqué final, les dirigeants des pays du G20 (qui représentent 84% de l'économie mondiale) mentionnent la nécessité de réduire les surcapacités industrielles mondiales et les subventions qui "perturbent" les marchés. Mais la Chine, hôte de ce G20 et principal pays concerné par de telles déclarations, n'est bien entendu pas citée nommément dans le communiqué final. Bref, dans ce type de sommet, il est d'usage de désigner les adversaires sans les nommer.
Pour rappel, la Chine est vivement fustigée par l'Union européenne et les États-Unis pour les colossales surcapacités de ses aciéristes. Pékin (qui produit pratiquement la moitié de l'acier mondial) est accusé d'inonder le marché avec de l'acier à bas prix, et de provoquer, de facto, un effondrement des cours.
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Enfin, dernier point d'accroche et non des moindres, la question du conflit en Syrie a largement occupé le temps de discussions à Hangzhou. Sans succès. À l'issue du sommet, Moscou et Washington, en désaccord total sur le sort du président syrien Bachar El Assad, ne sont pas parvenus à s'accorder sur un cessez-le-feu. Les États-Unis déplorent "une reculade" de Moscou.
L'autre protagoniste du dossier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a de son côté réclamé -une nouvelle fois- la mise en place d'une "zone sûre" de 40 km dans le nord de la Syrie pour permettre aux déplacés syriens de vivre à l'abri des combats, et d'interrompre l'afflux de réfugiés en Turquie.
Dimanche, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévenu que les capacités d'accueil des réfugiés en Europe étaient "proches de leurs limites", et appelé les dirigeants du G20 à prendre leurs responsabilités...