PODCAST Assurance-chômage : la course au plein emploi commence

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Reuters

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En l'absence de réforme, les 2,2 millions de demandeurs d'emplois cesseraient d'être indemnisés, car l'actuelle convention réformée en 2019 arrive à échéance le 31 octobre. Comme les partenaires sociaux ne sont pas en capacité de parvenir à un accord, c'est à l'Etat de prendre le relais. Selon le projet de texte qui a déjà fuité, l'Etat reprendra donc la gestion de l'Unedic jusque fin décembre 2023, et il laisse un an aux partenaires sociaux pour mener une concertation sur les règles d'indemnisation. En réalité, le président du Medef l'a redit hier, aucun compromis ne sera trouvé sur ce sujet explosif et il demande au gouvernement d'imposer une réforme. De facto, le patronat appelle à une « nationalisation » de l'indemnisation du chômage. C'est déjà le cas pour l'essentiel du financement, alors pourquoi pas pour les prestations...
Elisabeth Borne a fait plaisir au Medef hier en annonçant que les règles d'indemnisation seront à l'avenir « plus strictes quand la situation de l'emploi est favorable, plus protectrices quand le chômage est plus important ». Ce serait un changement majeur : il s'agit de moduler l'indemnisation du chômage en fonction de la conjoncture. L'objectif est clair : augmenter l'offre de travail pour répondre aux difficultés de recrutement que l'on constate actuellement dans toutes les entreprises.
C'est tout le paradoxe de la communication gouvernementale :
Les syndicats ne sont d'accord ni sur la méthode, ni sur le diagnostic et soutiennent qu'il y a bien d'autres causes au chômage. A commencer par le manque d'attractivité des métiers en tension, avec des salaires trop bas et des conditions de travail trop dures. Mais aussi les coûts de la mobilité, notamment les logements trop chers.
Une course pour combler une anomalie, parce qu'il n'y a pas de raison que la France ait éternellement 4 points de chômage de plus que l'Allemagne. Au plus bas depuis quinze ans, le taux de chômage reste bloqué autour de 7% de la population active.
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Et parce que l'emploi reste le moyen le plus vertueux de soutenir notre modèle social. Reste à en convaincre les Français et là ce sera une autre histoire qui promet un automne social aussi chaud que le fut la météo de l'été.
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