PODCAST Inflation : Les assureurs vont-ils passer à la caisse ?

HISTOIRES ECONOMIQUES. Bruno Le Maire reçoit ce matin les assureurs à Bercy. Après les banques, à leur tour de faire des efforts sur leurs tarifs ? Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : DADO RUVIC)

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Le gouvernement avait appelé avant l'été les grandes entreprises à partager avec les Français « le fardeau de l'inflation ». Le deal est clair : pas de hausse des impôts, contre une grande sobriété dans la répercussion de la hausse des prix. Chaque secteur passe son examen à Bercy, avec plus ou moins de succès. Dans la grande distribution, c'est assez conflictuel car les prix ne sont pas transparents et il est difficile de retracer les marges. Mais dans la banque et l'assurance, qui sont des secteurs très réglementés, Bercy peut mettre plus facilement la pression.

Cela a plutôt bien marché avec les banques

Elles ont pris la semaine dernière l'engagement de ne pas augmenter leurs tarifs de plus de 2% en 2023 ; certaines - BNP, Banque Postale, LCL - ont même gelé purement et simplement leurs frais. Et un bouclier tarifaire a été proposé pour plafonner à 1 euro par mois l'accès des services bancaires aux publics les plus fragiles.

Bercy attend donc le même effort des compagnies d'assurance ?

La pression est forte mais c'est un peu différent. Les frais bancaires rémunèrent un service, alors que les primes d'assurance servent à indemniser des risques. Or, ceux-ci ont explosé avec plus de 5 milliards d'euros d'indemnisation pour 1,4 million de sinistres climatiques divers (grêle, inondations, incendies...) depuis janvier.
Et avec la hausse des prix des matières premières et de l'énergie, le coût des réparations flambe : + 30% pour les tuiles, +10 à 15% pour les charpentes ou la verrerie.

Donc il ne faut pas s'attendre à un gel des primes d'assurance. En juin dernier, l'indice des prix de l'assurance affichait déjà une hausse de 2,2%, pour une inflation à 5,8%. Vu l'explosion des risques climatiques, et de leur coût, on échappera pas à une hausse des primes d'assurance habitation.  
Le coût des mutuelles santé pourrait aussi subir le contre choc de la crise Covid, 2021 et 2022 étant été des années de rattrapage de dépenses de santé reportées en 2020. C'est notamment le cas dans les soins dentaires.

Dans l'assurance auto, il y a des marges de manœuvre, notamment pour les jeunes conducteurs, avec la proposition d'une ristourne de 100 euros pour les chômeurs de moins de 25 ans. Avec la hausse du prix des carburants, les gens font aussi moins de route qu'avant, ce qui réduit les risques d'accidents. Mais les réparations coûtent plus cher. Pour rendre du pouvoir d'achat, les assureurs voudraient encourager le réemploi de pièces détachées, qui sont jusqu'à 40% moins cher que les neuves. Ils demandent que la réglementation évolue en ce sens.

Enfin, contre une modération des primes, les assureurs espèrent la disparition de la fameuse carte verte papier qu'ils envoient chaque année, et qui serait digitalisée. Cette économie serait rendue aux clients en modérant la hausse des primes.

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Philippe Mabille

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