Brexit : les motivations de ceux qui l'ont voté

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Près d'un votant du leave sur deux (47,8%) a choisi de quitter l'UE, car c'était la seule solution pour que [le Royaume-Uni] contrôle [ses] frontières et mette en place [sa] propre politique d'immigration.
Près d'un votant du "leave" sur deux (47,8%) a choisi de quitter l'UE, car c'était "la seule solution pour que [le Royaume-Uni] contrôle [ses] frontières et mette en place [sa] propre politique d'immigration". (Crédits : © Luke MacGregor / Reuters)
INFOGRAPHIES - Près de la moitié des votants du "leave" ont choisi le Brexit pour que le Royaume-Uni reprenne le contrôle de sa politique migratoire.

"Je préfère être plus pauvre avec moins de migrants", avait déclaré Nigel Farage, l'ex-leader de UKIP et symbole de la campagne pro-Brexit. Un avis visiblement partagé par ces Britanniques qui ont voté pour le "leave" lors du scrutin du 23 juin. Faisant fi des avertissements du FMI et de l'OCDE sur les conséquences économiques d'un tel vote, ils se sont exprimés dans les urnes en grande partie pour des raisons de politique migratoire.

L'impact des réglementations européennes sur la compétitivité des entreprises, l'exposition à la dette grecque et à celles des autres économies instables, tout ceci, les votants du "leave" n'en ont que faire. Ceux qui leur importe, c'est de regagner leur liberté législative, en particulier concernant l'immigration. En effet, près d'un sur deux (47,8%) a choisi de quitter l'UE, car c'était "la seule solution pour que [le Royaume-Uni] contrôle [ses] frontières et mette en place [sa] propre politique d'immigration", révèle un sondage de Survation pour ITN publié par indy100 (The Independent).

Theresa May privilégie aussi le contrôle des frontières

Ces opinions reflètent la stratégie prise par la nouvelle Première ministre Theresa May. Pourtant opposée au Brexit, cette dernière a fait comprendre à ses voisins européens qu'elle était prête à sacrifier le marché commun pour garder les mains libres sur la politique migratoire. Le Royaume-Uni est pourtant membre de l'union douanière depuis quarante-trois ans.

Au-delà des questions d'immigration, les Britanniques qui ont fait le choix du "leave" expriment surtout le souhait de reprendre le contrôle sur la totalité du processus législatif. Ils ne veulent plus se voir imposer des directives de la part d'une entité supranationale.

> LIRE AUSSI : "Brexit" : le culot de Theresa May

Ceux qui votent contre l'immigration ne sont pas ceux qui la vivent

Les conséquences de l'immigration sur le vote sont en revanche à manier avec précautions. Car les données géographiques du scrutin révèlent un paradoxe étonnant, soulevé par le Guardian selon lequel : "les plus grandes parts de votants pour le 'remain' sont dans des zones où le niveau d'immigration nette est le plus élevé". Une contradiction d'autant plus surprenante que "les zones avec les plus forts taux de vote en faveur du 'leave' sont celles qui comptaient le moins de nouveaux immigrés", poursuit le quotidien.

L'exemple le plus frappant demeure celui de la capitale. Londres a absorbé le tiers des 330.000 nouveaux arrivants en 2015 et a vu ses habitants voter massivement pour rester dans l'UE. La ville de Lambeth (Grand Londres) a accueilli 4.600 nouvelles arrivées en 2015 et les habitants ont voté à 78% pour le "remain". À l'inverse, Castle Point (Essex) n'a vu arriver que 81 immigrés la même année, mais ses habitants ont voté à 72% pour le "leave".

Que donnerait un nouveau référendum ?

Les résultats du scrutin du 23 juin ont surpris tout le monde. Certains ont proposé de refaire le vote, espérant que ceux ayant fait le choix du Brexit aurait pris conscience d'une erreur. D'autant que le camp du "leave" l'a emporté d'une courte majorité de 51,9%, contre 48,1% pour le "remain".

Survation a cherché à connaître l'avis des sondés sur la question, qu'ils aient voté pour ou contre le Brexit. Résultat, le "leave" garde une courte tête (44,3%). À l'image du scrutin de juin dernier, ce sont les indécis qui feraient la différence.

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Commentaires
a écrit le 30/10/2016 à 20:19 :
Si la première motivation des brexiters est le contrôle des frontières et l'immigration, ils risquent d'être très vite déçus :
-d'abord parce que le Royaume-Uni, non membre de Schengen, n'a jamais perdu le contrôle de ses frontières, accessoirement facilité par la situation insulaire du pays, avec un nombre très limité de points de passages (les ports, les aéroports et le tunnel sous la Manche). Le Brexit ne change rien à cet égard.
-ensuite parce que l'attractivité pour les migrants du Royaume-Uni est due pour l'essentiel à des choix politiques britanniques et non à l'UE.
a écrit le 29/10/2016 à 20:11 :
Qu'est ce qu'il y a de si paradoxale dans le fait que ce sont les régions où il y a le plus de migrants qui ont voté pour le remain? 1) Fatalement, dans ces régions, 99,9999% des migrants qui avaient le droit de vote ont voté pour cette option, soit pour raisons strictement économiques, soit par crainte de voir les portes se fermer sur le reste de leurs familles encore aux pays d'origine. 2) On sait que les capitales européennes sont en générale bobo au max, avec des coeurs gros comme ça 3) Tout ce qui gravite dans la finance n'en a rien à cirer de tout ce qui relève des états d'âmes du peuple.
a écrit le 29/10/2016 à 8:25 :
C'est dangereux de faire un référendum de cette importance à un moment où plusieurs planètes sont rétrogrades et pendant l'année du singe de feu. Certes il existe un problème d'immigration mondial : aux Etats Unis, en Europe et même en Birmanie. Les Britanniques ne sont pas épargnés d'autant plus qu'ils ont eu un vaste empire colonial et qu'ils souffrent des agissements de passeurs sans scrupules.
Réponse de le 29/10/2016 à 17:39 :
les anglais ont raison : qu'ils ferment les écoutilles, qu'ils larguent les amarres, et que les alizés bienveillants les emmènent là où est désormais leur place. Au large New York et de Wall Street, comme 51eme état. Faudra juste penser à rallonger le Tunnel sous le Channel.
Réponse de le 30/10/2016 à 20:04 :
@continental: à part que Barack Obama a clairement dit pendant la campagne référendaire qu'un Royaume-Uni en dehors de l'UE n'intéressait pas les USA.
a écrit le 28/10/2016 à 20:17 :
quitter l'Europe, bon ou mauvais choix, je ne sais pas, on n'a pas forcément besoin des autres.
Mais quitter l'euro oui , puis dévaluer afin de relancer l'embauche, et réguler l'immigration et les importations, et booster le tourisme.
a écrit le 28/10/2016 à 12:41 :
On sait qui est le problème mais même en sortant de l'UE dans le cadre du commonwealth , ils ont aussi des accords avec les anciennes colonies pour les immigrations vers le UK.
Donc de toutes les façons , le leave ne résout pas le problème.
Surtout que TATA ne va pas bien et le UK peut dire adieu à son industrie automobile contrairement à la France .
Il faudra aussi que le UK sorte d'AIRBUS avec british aérospace, de ce côté là ils sont mieux dotés étant donné que BAE est un gros fournisseur de l'armée britannique
Pour la finance, je pense que la city est bien dotée avec le siège de toutes les assurances et les réassurances .
Ses sociétés qui ont plus de cash que les banques ne voudront pas forcément partir et en plus si May trouve un terrain d'entente avec XIPPING, pour les transactions en EURO YUAN et la fusion de la bourse de LONDRES avec Frankfort, la GB garde son cheval de trois et au moins 18 % de son PIB avec les services financiers et donc son passeport Européen en passant par les Banques Allemandes via des alliances ou des fusions lol
Les Français seront encore les dindons de la Farce.
a écrit le 28/10/2016 à 11:59 :
Le Brexit avec pour principale raison l'immigration ? Le beauf anglais n'est pas mieux loti en neurones que le français, l'allemand et autres étroits du cerveau.
Réponse de le 28/10/2016 à 17:58 :
Vous êtes un spécialiste du cerveau, vous.Vous trouvez les cerveaux de ceux qui ne pensent pas comme vous étroits; ça en dit long sur la taille du votre.Quant à vos neurones vous avez beau les agiter ils n'ont pas l'air vraiment efficaces à vous lire, en fait vous en manquez vous-même ne jalousez pas ceux des autres..
a écrit le 28/10/2016 à 9:16 :
je suis content de trouver un article qui donne enfin les vraies raisons du brexit.... c'est usant d'entendre des sous fifres au service de la prpagande expliquer a longueur d'article que le brexit c'est a cause de raisons economiques ou autres fadasseries
le plus triste, c'est que c'est les polonais qui degustent, alors que le pb des brits, c'est pas les polonais!!!!!!
mais bon, le temps que l'hygienisme bienpensant passe, et peut etre que la verite eclatera au grand jour...
Réponse de le 28/10/2016 à 11:19 :
"alors que le pb des brits, c'est pas les polonais!!!!!!"

Auriez vous le courage de dire quel est réellement le problème selon vous?
Réponse de le 30/10/2016 à 8:41 :
Je ne vois pas ce que l'hygiénisme vient faire dans le brexit? Eugénisme peut-être?

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