64 % des entreprises interrogées par le principal syndicat pharmaceutique anticipent un impact de la clause de la nation la plus favorisée imposée par Donald Trump.
YH/FW1/Tim Heritage/FW1/Tim Heri - REUTERS - Yves Herman
Les prix des médicaments en France enregistrent une forte hausse, tirée par les nouveaux traitements contre les cancers ou les maladies du système immunitaire. Les laboratoires estiment quant à eux que les prix restent malgré tout trop bas, menacés par la politique américaine. Ils pourraient, à terme, arrêter la commercialisation de certains traitements sur le territoire national.
Alors que le Premier ministre multiplie les réunions avec les représentants du milieu de la santé en vue de réaliser des économies pour le futur budget de la Sécurité sociale, la question du médicament revient sur la table. Dans une étude publiée ce mercredi matin par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) portant sur le coût réel des médicaments en France entre 2016 et 2024, il est indiqué que les dépenses de médicaments remboursables ont augmenté de 12,1 milliards d'euros sur cette période, pour atteindre 41,1 milliards d'euros.
L'administration pointe cependant un volume de remises – ce mécanisme qui consiste pour les laboratoires à reverser une partie du prix du médicament à l'Assurance maladie – en forte hausse, passant de 1,2 milliard à 9 milliards d'euros. Ainsi, la note de l'Assurance maladie est un peu moins salée mais porte tout de même la dépense liée aux médicaments à 32 milliards d'euros en 2024.
Dans le détail, ce sont les médicaments onéreux qui sont responsables de l'explosion des coûts, notamment ceux utilisés dans les traitements des cancers et des maladies du système immunitaire. Ils totalisent à eux seuls 30 % des dépenses de médicaments.
« De façon plus transversale, la « personnalisation » des traitements et les innovations thérapeutiques concernant les maladies rares (hémophilie, mucoviscidose) ont permis la croissance rapide des médicaments orphelins, destinés à traiter un petit nombre de patients, et qui présentent en conséquence les coûts de traitement par patient les plus élevés », relève la Drees.
L'Assurance maladie avait déjà alerté sur la situation dans son rapport « charges et produits » de 2025 sur la tarification excessive des médicaments, indiquant dans une proposition la nécessité « d'enrayer le phénomène de ''payer plus cher qu’avant des médicaments qui démontrent moins bien leur intérêt'' en oncologie ».
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