La France demeure lanterne rouge de la productivité en Europe. Le sixième rapport du conseil national de la productivité révèle un rattrapage insuffisant et des freins structurels majeurs : vieillissement démographique, désindustrialisation et diffusion trop lente de l'IA. Des chantiers colossaux pour l'économie française.Les signaux d'alerte s'allument sur le front de la productivité. Alors que la croissance économique traverse une passe difficile, le Conseil national de la productivité (CNP) a livré un diagnostic inquiétant dans son sixième rapport dévoilé ce mercredi 1ᵉʳ juillet. Le tableau post-pandémie s'est révélé trop « pessimiste » mais les perspectives sont assombries par le vieillissement accéléré de la population active et la lente diffusion de l'innovation dans le tissu productif tricolore.
« Cela a été une bonne surprise pour nous. La France était à la traîne dans la zone euro en matière de productivité. Ce décrochage a été surévalué et il se résorbe. Cependant, la productivité croît trop faiblement », a déclaré Natacha Valla, présidente du Conseil national de la productivité, lors d'un point presse.
Et l'avertissement est d'autant plus alarmant que la situation ne risque pas de s'améliorer rapidement. La révision des comptes nationaux des années 2023 et 2024 a permis certes à la croissance économique de retrouver des couleurs. Mais les problèmes de fond demeurent cruciaux.
Productivité : la France toujours lanterne rouge de la zone euro, un rattrapage incomplet
Premier enseignement, la France est toujours en queue de peloton des principales puissances européennes. L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni dominent la bataille alors que l'écart était relativement faible avant la pandémie. « Cette réévaluation ne doit toutefois pas conduire à oublier les fragilités persistantes. D’une part, les gains observés restent modestes au regard des rythmes historiques de progression de la productivité, en particulier ceux qui prévalaient avant la crise financière de 2008 », soulignent les économistes.