Brexit : derniers débats parlementaires avant le jour J

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Le Premier ministre Boris Johnson, dont le Parti conservateur a triomphé aux élections de décembre, dispose à présent d'une large majorité à la Chambre des Communes qui écarte le risque d'un nouveau report ou blocage du Brexit. (Photo d'illustration : le 20 novembre 2019, le Premier ministre s'adresse aux travailleurs lors d'une visite à Wilton Engineering Services, dans le cadre d'une étape de sa campagne électorale à Middlesbrough.)
Le Premier ministre Boris Johnson, dont le Parti conservateur a triomphé aux élections de décembre, dispose à présent d'une large majorité à la Chambre des Communes qui écarte le risque d'un nouveau report ou blocage du Brexit. (Photo d'illustration : le 20 novembre 2019, le Premier ministre s'adresse aux travailleurs lors d'une visite à Wilton Engineering Services, dans le cadre d'une étape de sa campagne électorale à Middlesbrough.) (Crédits : Reuters)
Ce mardi, le décompte final du Brexit a commencé, avec la reprise des débats au Parlement britannique sur la loi qui va entériner la sortie de l'Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans et demi de psychodrame. Boris Johnson prône plus que jamais un accord ""sans alignement avec les règles de l'UE", ce qui fait craindre aux Européens la création d'un concurrent à leur porte.

Le décompte final du Brexit a commencé mardi, avec la reprise des débats au Parlement britannique sur la loi qui va entériner la sortie de l'Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans et demi de psychodrame.

Le Premier ministre Boris Johnson, dont le Parti conservateur a triomphé aux élections de décembre, dispose à présent d'une large majorité à la Chambre des Communes qui écarte le risque d'un nouveau report ou blocage du Brexit.

Les députés ont entamé mardi après-midi dans une Chambre clairsemée trois jours de débat sur la loi d'application de l'accord de sortie de l'UE que le chef du gouvernement a négocié à Bruxelles.

Les communes approuvent l'accord de brexit en seconde lecture

En ouvrant les débats, le ministre du Brexit Steve Barclay a affirmé que le texte "répond à la volonté des Britanniques", qui ont voté à 52% pour quitter l'UE en juin 2016. Il a souligné qu'il "sécurisait les droits des citoyens de l'UE au Royaume-Uni ainsi que les droits des Britanniques dans l'Union européenne".

Le texte devrait poursuivre son parcours législatif sans encombres, les élections générales du 12 décembre ayant gratifié Boris Johnson de la plus forte majorité parlementaire pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher dans les années 1980.

L'opposition travailliste, en pleine auto-critique depuis sa défaite, se cherche quant à elle un nouveau chef. Le nom du successeur de Jeremy Corbyn, qui avait donné un coup de barre à gauche à son parti, sera connu le 4 avril.

Le texte organisant la sortie de l'UE a passé haut la main l'épreuve d'un premier vote le 20 décembre, avec 358 voix pour (234 contre). Les députés ont repris son examen au retour des vacances de Noël mardi avant un deuxième vote jeudi. Une fois le texte définitivement adopté, après son passage à la Chambre des Lords et l'assentiment de la reine Elizabeth II, reste au Parlement européen à le ratifier.

Le Royaume-Uni devrait alors quitter l'Union européenne le 31 janvier à 23h00 (locale et GMT), après 47 ans d'une vie commune mouvementée.

S'ouvrira alors une période de transition, jusqu'au 31 décembre 2020, censée permettre une séparation en douceur, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier - sans siéger dans les institutions européennes ni avoir leur mot à dire sur les décisions.

S'engageront surtout des discussions au pas de charge entre Londres et Bruxelles pour établir leur relation future et conclure un accord commercial.

"Immense défi"

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se rend mercredi à Londres avec le négociateur de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, pour s'entretenir avec Boris Johnson. Ce sera leur première rencontre depuis la prise de fonction de la dirigeante européenne début décembre.

Elle pourra exprimer de vive voix à Boris Johnson ses réserves sur son choix d'exclure d'emblée toute prolongation des discussions et tout report de la date butoir du 31 décembre 2020.

"Il me semble que, des deux côtés, nous devrions nous demander sérieusement si toutes ces négociations sont faisables en si peu de temps", a déclaré la cheffe de l'exécutif européen fin décembre dans une interview au quotidien économique français Les Echos.

Boris Johnson entend quant à lui réitérer sa ferme volonté de ne pas étendre la période de transition au delà du 31 décembre, selon une source gouvernementale.

Les Européens craignent la création d'un concurrent à leur porte

Le président français Emmanuel Macron a estimé mardi que le Royaume-Uni devra faire preuve de "flexibilité" dans la nouvelle phase de négociations avec l'Union européenne s'il veut respecter "le calendrier ambitieux" qu'il s'est fixé pour sortir de l'UE d'ici à fin 2020.

Boris Johnson promettant un accord commercial "ambitieux", "sans alignement avec les règles de l'UE", les Européens craignent la création d'un concurrent à leur porte qui profiterait de la dérégulation pour vendre des marchandises dans l'UE à un prix plus bas en abaissant le niveau des normes protégeant les travailleurs, les consommateurs et l'environnement.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2020 à 9:54 :
Cette Europe est un desastre sans harmonisation social et fiscal elle continuera a tirer vers le bas les citoyens et finir comme la Grece qui a multiplie sa dette par 4 mais nos menteur politique de UE nous disent que son economie va mieux ou l'espagne qui paye Bac +5 1000€ ,portugal avec des jobs a 700€ par mois , nos amis anglais ont bien compris comme tous les pays qui n"ont pas comme monnaie € dont les economies sont florissante sans UE avec ses regles de dumping, fabriquer a l"Est pour vendre a l'Ouest sans payes tva taxe et cotisation sociale qui deviennent des profits pour les opportuniste de la finance exemple style Dacia ou Logan 1200€ sortie de chaine de fabrication vendu en france plus ou moins 7000€ , belle marge meme frais annexe deduit
a écrit le 08/01/2020 à 11:45 :
Le modèle britannique est tout à fait transposable à la France., ça participe juste d'une prise de conscience. Macron devrait faire son coming out, lâcher le morceau pour pacifier le pays des GJ et des grèves, genre reconnaitre, oui Asselineau avait raison, je dois obéir aux ordres de Bruxelles qui alimente au quotidien la potion austère des GOPE austères.

A présent, contrairement à la séquence précédente, durant laquelle May avait subi la pression de Bruxelles, c’est désormais Johnson qui négocie en position de force car, pour éviter un Brexit « dur » qui les pénaliserait, les Européens vont devoir faire des concessions.
a écrit le 08/01/2020 à 10:29 :
"Emmanuel Macron a estimé mardi que le Royaume-Uni devra faire preuve de "flexibilité" s'il veut aller vite.
Il ferait bien d'appliquer cette recommendation à lui-même et à son gouvernement s'il veut aller vite dans la réforme.indispensable de l'administration de la France.
Il est certain que UK va lui donner une leçon pratique d'efficacité.
a écrit le 08/01/2020 à 8:53 :
"l me semble que, des deux côtés, nous devrions nous demander sérieusement si toutes ces négociations sont faisables en si peu de temps", a déclaré la cheffe de l'exécutif européen fin décembre"

IL y a deux ans Juncker pressait les anglais d'aller plus vite, maintenant l'allemande a la tête du parlement leur demande d'aller plus doucement pas facile à suivre la stratégie des banquiers quand même hein.

Vite un frexit.
a écrit le 08/01/2020 à 8:14 :
Un grand pays et un grand politique, résultat la Grande Bretagne recouvre sa pleine souveraineté, qu'il s'agisse de son budget, de sa politique monétaire, son indépendance militaire et commercialement. Bref une NATION !
Quand nos hommes politiques auront le courage et l'audace de comprendre que le XXI même siècle est celui du retour des nations souveraines ?
a écrit le 08/01/2020 à 7:36 :
malgres les mensonges mediatique de nos dirigeants europeen et les fakes new a repetition de nos journalistes pro UE sur la volonte d une majorite d anglais a ne pas quitter europe du dumping social et fiscal la volonte sera respecte , voila une vraie democratie loin du dictat de la LREM 18% du corp electoral avec ses 6 millions electeurs qui dirige la France sur 47millions de votants inscrit
Réponse de le 08/01/2020 à 13:03 :
Désolé mais les anglais sont champions dans le dumping social et fiscal.
Pour eux, Bruxelles ne pousse pas le concept assez loin.
a écrit le 07/01/2020 à 21:54 :
L'UE n'est pas en train de négocier avec la Chine ou avec les USA: ils négocient avec le Royaume-uni qui est une puissance de second rang (un cinquième du PIB de l'union pour donner le rapport de force). Avec un tel rapport de force, l'UE peut même se permettre de signer un accord et finalement de s'assoir dessus en disant qu'on a changé d'avis. Les USA ne se privent pas de faire ce genre de choses d'ailleurs.
Réponse de le 08/01/2020 à 11:31 :
Le grand démocrate que vous êtes se révèle -enfin- au grand jour qui n' aime décidément pas qu' un pays retrouve son indépendance et LA démocratie.

UPR, FREXIT, vite ..
a écrit le 07/01/2020 à 21:46 :
Horreur ! Les anglais risquent de "proposer des prix plus bas en abaissant les normes qui nous protègent"...
Et si on en avait marre du racket à la protection contre nous-mêmes ?
Réponse de le 08/01/2020 à 22:10 :
Normes qui résultent entre autres de l'application du principe de précaution applaudi de toutes part. Reste que si les biens et services britanniques ne respectent pas les normes européennes (alors que les produits chinois régulièrement importés les respectent, eux) ils n'ont pas à entrer en UE, même s'ils sont moins chers. C'est aussi simple que ça. S'il devait par exemple y avoir des normes différentes pour l'automobile, les constructeurs implantés au Royaume-Uni devraient faire homologuer leurs produits au RU et dans au moins un pays de l'UE... Il n'y a pas d'alternative au fait que le RU et l'UE reconnaissent mutuellement leurs normes et règlements. Et ceci n'est possible que si elles sont pratiquement identiques.
a écrit le 07/01/2020 à 19:53 :
BoJo ne veut pas d'alignement sur les règles de l'UE->le Royaume-Uni devient un état tiers au sens de l'OMC et il en assume les conséquences économiques. C'est aussi simple que ça
Réponse de le 08/01/2020 à 11:36 :
On revisite ensemble ce qu' on produit les ..règles de l' UE sur la France depuis 20 ans ..?
"Les illusions économiques de l'UE - conférence UPR de C-H. Gallois"

Une manière d' étayer et d' illustre par des chiffres et non plus d ' entretenir le déni du réel..

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