Espagne: les inondations pourraient coûter 0,2 point de croissance
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En plus d'un bilan humain très lourd - au moins 227 morts selon les derniers chiffres - les inondations du 29 octobre dernier en Espagne pourraient avoir un fort impact économique. Il a été estimé par la banque d'Espagne « proche de -0,2 point sur le taux de croissance trimestriel du quatrième trimestre » du produit intérieur brut (PIB) du pays, a indiqué le gouverneur de l'institution ce mercredi, lors d'une réunion avec des journalistes à Madrid. À cela pourrait s'ajouter un impact de « +0,15 point » sur l'inflation.
José Luis Escrivá a précisé que ces estimations ont été fondées sur ce qui s'était passé aux États-Unis lors du passage de l'ouragan Katrina en 2005. « Le profil » de la catastrophe espagnole est très similaire à celui du cyclone tropical qui avait dévasté l'État américain de la Nouvelle-Orléans, a-t-il expliqué. « À partir de là », l'institution a utilisé « des techniques économétriques » qui ont donné ces prévisions.
Le gouverneur a toutefois précisé que les inondations n'ont pas atteint les « niveaux » de l'ouragan. Ce dernier avait causé la mort de 1.800 personnes et s'affiche toujours aujourd'hui comme le plus grave jamais subi outre-Atlantique. Son coût s'était établi à 160 milliards de dollars (environ 151 milliards d'euros).
Celui des inondations espagnoles n'a pas encore été chiffré, en raison de l'ampleur des dégâts, mais il s'annonce astronomique, bien que forcément moindre comparé à Katrina. À titre de comparaison, le coût des inondations de juillet 2021 en Europe de l'ouest (Allemagne, Belgique, France, Autriche, Pays-Bas), qui avaient fait plus de 200 morts, avait atteint près de 43 milliards de dollars (40 milliards d'euros), selon le réassureur Swiss Re.
Pour rappel, les inondations en Espagne ont dévasté près de 80 municipalités près de Valence, située au centre de la côte Est du pays, au bord de la Méditerranée. Les villes touchées par les inondations représentent « environ 2% de l'économie » espagnole, a souligné José Luis Escrivá. Cette région du pays est dotée d'une importante activité industrielle. C'est d'ailleurs ce secteur qui a été le plus affecté par les inondations, selon le gouverneur.
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Dans la zone touchée se trouvent aussi de nombreuses « villes-dortoirs » où vivent près d'un million de personnes et où « 150.000 hypothèques effectives » ont été dénombrées, a-t-il encore précisé.
Si elles se confirmaient, ces prévisions freineraient en tout cas la bonne dynamique de l'économie espagnole. Son PIB a progressé de +0,8% au troisième trimestre et le gouvernement s'attendait jusque-là à une croissance annuelle de +2,7%, une prévision qui n'a pas encore été révisée. En 2023, l'Espagne avait affiché l'une des plus belles croissances de la zone euro, à +2,5%, soit un niveau cinq fois supérieur à la moyenne des pays partageant la monnaie unique.
Depuis les inondations, les autorités espagnoles sont sous le feu des critiques. Autant l'exécutif régional de Valence, dirigé par le Parti populaire classé à droite, que le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. En Espagne, pays très décentralisé, la gestion des catastrophes relève de la responsabilité des régions. Néanmoins, le gouvernement central, chargé d'émettre les alertes via l'Agence météorologique nationale (Aemet), peut fournir des ressources et prendre la main dans des cas extrêmes. Tous deux s'accusent en tout cas mutuellement d'avoir failli dans la gestion de l'alerte et des secours.
Carlos Mazón, le président de la région de Valence, a récemment reconnu des « erreurs » et présenté ses « excuses » aux habitants. Il a nommé mardi un général à la retraite pour diriger les opérations de reconstruction. De son côté, la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, a défendu ce mercredi l'action des services du gouvernement.
Le gouvernement espagnol a jusqu'à présent annoncé débloquer près de 15 milliards d'euros d'aide. Plus d'une centaine de mesures ont été adoptées parmi lesquelles un soutien aux petites et moyennes entreprises, aux travailleurs indépendants et aux ménages qui ont subi des décès, des incapacités et dont le domicile ou les biens ont été endommagés. Des allégements fiscaux, un report de trois mois du remboursement des hypothèques et des prêts et des dépenses du gouvernement central pour les immenses travaux de nettoyage auxquels sont confrontés les conseils locaux ont également été annoncés.
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Outre ces dispositifs économiques, Pedro Sánchez a assuré que le « débat politique » sur d'éventuelles responsabilités dans la mauvaise gestion de ces inondations aurait lieu après la reconstruction.
(Avec AFP)
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