Le premier mandat de Roberta Metsola s'était pourtant mal engagé. Dès son élection le 18 janvier 2022 à la présidence du Parlement européen, la Maltaise issue des rangs conservateurs du Parti populaire européen (PPE) a dû justifier les positions anti-avortement qu'elle avait jusqu'alors défendues dans son pays. Devant les médias pressants qui assistaient à sa première conférence de presse à Strasbourg, l'entrée en matière fut rude. Mais la promesse énoncée ce jour-là a été tenue.
Cette passe d'armes du premier jour, confirmée depuis deux ans et demi par un habile sens du compromis, a donné le ton du premier mandat de Roberta Metsola. Ce style et cette méthode lui ont permis d'être réélue ce mardi, dès le premier tour, à la présidence du parlement européen à Strasbourg. Au-delà du PPE, principale force politique en présence (188 membres), la Maltaise a obtenu le soutien des socialistes et démocrates (136 membres), des libéraux de Renew (77 députés), des Verts et d'une partie de la droite radicale. Roberta Metsola l'a emporté par 562 voix sur 623 suffrages exprimés. Face à elle, la candidature de dernière minute de l'ancienne ministre espagnole Irene Montero, soutenue par la gauche radicale, n'a recueilli que 61 voix.
Mardi matin à Strasbourg, la séance inaugurale est apparue chaotique. Conformément aux règles de leur assemblée, dans le brouhaha de la rentrée des nouveaux élus, les 720 députés ont eu recours à des bulletins en papier et à des urnes de vote placées au fond de l'hémicycle. Décontractée, Roberta Metsola plaisantait avec ses collègues. Elle a réalisé quelques selfies, avant de retrouver en fin de matinée son fauteuil de présidente.