"The deal is done" : le Brexit devient réalité

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Ce n'est pas la fin mais le début d'une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l'Union européenne, a assuré le Premier ministre Boris Johnson, grand artisan de cette sortie, après avoir paraphé le document, levant les deux pouces en l'air devant les objectifs.
"Ce n'est pas la fin" mais "le début d'une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l'Union européenne", a assuré le Premier ministre Boris Johnson, grand artisan de cette sortie, après avoir paraphé le document, levant les deux pouces en l'air devant les objectifs. (Crédits : Reuters)
Après un demi-siècle d'intégration européenne et quatre ans et demi d'une saga du Brexit aux multiples rebondissements, le Royaume-Uni vit ce jeudi ses dernières heures au rythme des règles européennes et entame une nouvelle page de son histoire dans un contexte de crise profonde.

À 23H00 locales et GMT (minuit à Bruxelles), le Brexit est devenu réalité pour le Royaume-Uni, sorti officiellement de l'UE le 31 janvier dernier mais ayant bénéficié d'une période de transition pour amortir le choc.

Si un vaste accord de libre-échange évitera une rupture trop abrupte, la libre circulation permettant aux marchandises comme aux personnes de passer sans entrave la frontière prendra fin.

Lire aussi : Brexit : ce qui change pour les passagers et le trafic transmanche

Exportateurs et importateurs devront remplir des déclarations de douanes et risquent de voir leurs marchandises ralenties à la frontière par les contrôles. Les entreprises de la finance, secteur majeur à Londres, perdront leur droit automatique d'offrir leurs services dans l'UE et devront s'y établir pour continuer à exercer. Et les universités britanniques ne seront plus éligibles au programme d'échanges pour étudiants Erasmus.

"Ce n'est pas la fin" mais "le début d'une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l'Union européenne", a assuré le Premier ministre Boris Johnson, grand artisan de cette sortie, après avoir paraphé le document, levant les deux pouces en l'air devant les objectifs. "La destinée de ce grand pays réside à présent fermement entre nos mains", a-t-il ajouté plus tard dans la soirée.

Devant les députés quelques heures plus tôt, il avait vanté un "nouveau chapitre" pour le Royaume-Uni et émis l'espoir que ce cap permettrait de "passer à autre chose".

La tâche s'annonce délicate: les milieux économiques n'ont pas caché leurs craintes quant aux conséquences de ce bouleversement et les Britanniques sortent meurtris d'une période clivante.

Lire aussi : Ce que contient l'accord post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni

Quelques jours pour se préparer

Depuis le référendum du 23 juin 2016, remporté à 51,9% par le "leave", il aura fallu trois Premiers ministres, des heures de houleux débats parlementaires nocturnes à Westminster et trois reports avant que le Royaume-Uni ne largue les amarres pour de bon.

Lire aussi : Les principales étapes du Brexit depuis le référendum de 2016

À l'image de ce processus douloureux, ce n'est que la veille de Noël que les laborieuses négociations commerciales ont fini par aboutir à un accord de libre-échange, ne laissant que quelques jours pour mettre en œuvre ses 1.246 pages.

Le texte a été signé mercredi par les dirigeants de l'UE puis, après un trajet en avion de la Royal Air Force, par Boris Johnson. Les deux chambres du Parlement britannique l'ont adopté par un examen express le même jour mais les eurodéputés ne se prononceront qu'au premier trimestre 2021, nécessitant une application provisoire.

Au grand soulagement de pans entiers d'économies très connectées, l'UE offre au Royaume-Uni un accès sans droits de douane ni quotas à son marché de 450 millions de consommateurs. Mais il prévoit pour éviter toute concurrence déloyale des sanctions et des mesures compensatoires en cas de non respect de ses règles en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité.

Concernant la pêche, sujet difficile jusqu'aux dernières heures, l'accord prévoit une période de transition jusqu'en juin 2026, à l'issue de laquelle les pêcheurs européens auront progressivement renoncé à 25% de leurs prises. Un résultat qui a profondément déçu les pêcheurs britanniques, fers de lance du Brexit qui espéraient plus des promesses d'indépendance et de souveraineté retrouvée martelées par Boris Johnson.

Lire aussi : Accord post-Brexit: un horizon encore incertain pour les pêcheurs du Guilvinec

Défi de rassembler

Londres et Bruxelles évitent in extremis les conséquences potentiellement dévastatrices d'un "no deal": longues files de camions sur les routes menant vers les ports transmanches, coûts considérables pour les importateurs et eaux respectives interdites aux pêcheurs.

C'est donc une victoire pour Boris Johnson, triomphant dans les urnes sur la promesse de réaliser le Brexit mais depuis mis en difficulté par la pandémie de Covid-19. Il n'avait pas besoin d'une nouvelle crise: les hôpitaux britanniques se trouvent au bord de la rupture et les contaminations par le nouveau coronavirus continuent de s'envoler. Une grande partie de la population a été reconfinée, assombrissant encore les perspectives pour une économie frappée par sa pire crise en 300 ans.

Lire aussi : Nouveau variant du Covid : le Royaume-Uni de plus en plus isolé ?

Au delà de la pandémie, les défis sont considérables pour le gouvernement de Boris Johnson, qui a promis de donner au Royaume-Uni une nouvelle place dans le monde, résumée par le slogan "Global Britain".

Il s'apprête cependant à perdre un allié de poids avec le départ de Donald Trump, fervent partisan du Brexit remplacé à la Maison Blanche par le démocrate Joe Biden, plus europhile.

À l'intérieur, il doit rassembler des Britanniques qui se sont déchirés sur le Brexit, au point de voir l'unité du pays se fissurer, l'Irlande du Nord et l'Ecosse ayant voté en majorité contre la sortie de l'UE.

"Il y a maintenant un siège vide à la table de l'Europe. Il ne le restera pas longtemps", a clamé le député indépendantiste écossais Ian Blackford mercredi, dont le parti, le SNP, réclame un nouveau référendum d'autodétermination.

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Commentaires
a écrit le 01/01/2021 à 10:46 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 01/01/2021 à 10:46 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:45 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:44 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:44 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:44 :
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a écrit le 01/01/2021 à 10:44 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 01/01/2021 à 10:44 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 01/01/2021 à 10:43 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 01/01/2021 à 10:43 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 01/01/2021 à 10:43 :
Et sinon à Moscou il fait pas trop froid? Le chauffage collectif marché bien?
a écrit le 31/12/2020 à 23:15 :
Les anglais ont la gueule de bois, ils sont seulement 17 % a penser que cet accord est bon pour leur pays.
La GB sans le passeport financier qui représente des dizaines de milliers d'emploi et est finalement la seule industrie exportatrice de ce pays. Boris Johnson a sacrifié la seule force de ce pays pour quelques poissons très symboliques.
Au niveau des biens, la GB devra respecter au poil près toutes les règles de l'UE pour accéder a notre marché.
Meme les tabloids anglais anti UE, qui ne font pas généralement dans la dentelle, admettent que cette solution est "la moins mauvaise" donc mauvaise mais moins qu'un "no deal".
Réponse de le 01/01/2021 à 2:02 :
Toujours pas remis, on voit bien qui a la gueule de bois, ça sera dur garçon! Bonne année quand même sûrement avec les rames!
a écrit le 31/12/2020 à 19:58 :
Très bon article de Guillaume Bigot sur Le Brexit, "il est la victoire de la démocratie sur les bureaucrates européens." Valeurs Actuelles
a écrit le 31/12/2020 à 19:33 :
Ils peuvent nous appeler comme ils veulent et faire des comparaisons historiques erronées jusqu’à s’étrangler de rage ; cela ne changera pas le fait que nous cherchions à être libres et qu’ils cherchaient à nous enlever cette liberté. Et nous l' avons emporté, c'est tout ce qui compte. Qui l' a dit, qui ...?
a écrit le 31/12/2020 à 19:02 :
Pensez ce que vous voulez de cette sortie de l'Angleterre de l' UE mais personnellement vu la "tronche " de ce populiste j'aurais d'énormes problèmes à lui faire confiance. D'ailleurs au USA en face de son sosie ils ont été plus prompts à réagir.
a écrit le 31/12/2020 à 17:42 :
Ils ont tout gagné et les européistes l' ont en travers, la GB retrouve la souveraineté et la démocratie et la France et les copains punis restent dans la prison des GOPE de l' UE. "Si les V1 et les V2 n'avaient pas soumis l'Angleterre, Michel Barnier n'allait pas le faire !" comme aime à le rappeler Pierre-Yves Rougeyron. Chapeau les brits..!
a écrit le 31/12/2020 à 16:34 :
Les promesses pour la pêche seront elles tenues,? Dubitatif
a écrit le 31/12/2020 à 15:45 :
Le plus dur reste à venir pour le Royaume-Uni, il faudra des années pour en mesurer toutes les conséquences. Et que dire lorsqu'on apprend que le père de Boris Johnson, qui se revendique européen, a demandé la nationalité française ! Quel pied de nez à son fils.
a écrit le 31/12/2020 à 15:21 :
C'est désespérant. Tout un chacun s'empresse de tirer des conclusions sur le brexit qui ne se concrétisera que ce soir à minuit. Attendons 5 bonnes années pour voir ce que la GB aura fait de mieux ou de moins bien que si elle était restée dans l'union. Pour ma part je reste persuadée que ensemble on va plus loin que tout seul. Et quant au frexit souhaité par certains ici, je pense qu'ils sont inconscients. Je ne vois pas la France avec une telle propension dépensière et déficitaire réussir avec sa propre monnaie qui se dévaluera à la vitesse grand V. L'Euro est notre parachute. C'est hélas en même temps notre dopage au déficit.
a écrit le 31/12/2020 à 14:37 :
Un no deal aurait sûrement été préférable. Une bonne crise vaut mieux qu'un accord qui perpétue la crise.
Réponse de le 01/01/2021 à 2:18 :
La confiance en l' UE est à son taux le plus bas à l' eurobaromètre, 30 % , c'est le taux le plus bas après l' Italie à 28%, qu' allez vous faire quand le Frexit sera acté ?
a écrit le 31/12/2020 à 14:03 :
Les commentaires de ce forum ne vont pas modifier les convictions pro ou anti Brexit des lecteurs ,Les faits sont plus importants que les opinions .Actuellement des milliers d'experts ,pas seulement britanniques ,étudient l'accord pour le contourner, réaliser de l'optimisation fiscale ,en tirer le meilleur partie .Un exemple ,digne d'un film comique,montre la perversité de l'application de règles d'origine . l'Algérie voulait se doter d'une industrie automobile .Elle a freiné l'importation de voitures et favorisé l'importation de pièces détachées . Un producteur mondial a choisi de démonter ses véhicules ,un peu ,et de les expédier en Algérie sous forme de "parties et pièces détachées ".Elles étaient ensuite remontées ,les roues gonflées ....
a écrit le 31/12/2020 à 13:15 :
Encore quelques heures et on sera débarrassé de ce boulet
Réponse de le 31/12/2020 à 17:58 :
De Constat?
a écrit le 31/12/2020 à 13:05 :
Il a fonctionné au bluff, il a eu sacrément chaud aux fondement.
a écrit le 31/12/2020 à 12:14 :
Enfin, nous allons pouvoir nous réfugier a Londres pour continuer le combat! La Résistance aura un allier et un appuie!
a écrit le 31/12/2020 à 11:26 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:26 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:25 :
Personne pour abattre "pensee libre " ?
"Signale" comme dirait le celebre oeil de Moscou.
a écrit le 31/12/2020 à 11:25 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:25 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:25 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:24 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 11:24 :
Bojo n'a rien "anticipé" du tout : il a joué à pile ou face et a choisi le Brexit par pur intérêt personnel. Dans 10 ans, une Angleterre à genoux, amputée de l’Écosse et de l'Eire, viendra supplier les dirigeants ("non élus" mais très puissants et reconnus) d'une Europe égale de la Chine, et des USA débarrassés du Donald.
a écrit le 31/12/2020 à 10:44 :
C'est donc "Amazing" pour faire du RU un: "RU first"..."Make RU great again". Peut-être, ou pas. Il me semble qu'on est plus fort à plusieurs, même s'il n'est pas toujours facile de se mettre d'accord. Face aux 3 grands blocs, l'Europe continentale n'a guère d'autres choix. Dans le Monde moderne, le fait d'être une île ne garantit plus grand chose, sauf un contrôle plus aisé des frontières, mais qui a un coût et isole. Le résultat du Brexit risque fort de voir l'Écosse et l'Irlande du Nord quitter le RU, pour peu que le Pays de Galles suive le mouvement , il ne resterait plus grand chose du "Kingdom of the Queen". Une peau de chagrin industrielle et des services financiers. Mais n'est ce pas au fond ce qu'ils rêvent d'être, une Suisse, un Monaco, un Luxembourg, bref un Paradis fiscal.
a écrit le 31/12/2020 à 9:41 :
Quand la tempête gronde, il vaut mieux récupérer la barre. Les anglais ont ils anticipé cetet crise chaotique en train de terminer de ridiculiser les dirigeants européens non élus et de ce fait non crédibles ? Ou bien leur désir de liberté était trop puissant à contenir ?

Vite un frexit, quitte à terminer pauvres autant redevenir libres.
Réponse de le 31/12/2020 à 13:19 :
Pas la peine de s'éreinter au Frexit, il n'y en aura jamais pour cause historique, la France sera la dernière à sortir de l’Europe uniquement lorsque tous les autres seront parti...vous pouvez attendre longtemps.
Réponse de le 31/12/2020 à 18:51 :
On ne sait jamais, l'espoir fait bien vivre non ? :-)

Ils ne sont pas paramétrés tous à être totalement idiots toute leur vie !

"la France sera la dernière à sortir de l’Europe"

Ben ça sera plus la peine hein ^^

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